Mes chers lecteurs de l’ombre,
Je vois que vos érudits humains s’agitent. Ils croient avoir fait une découverte “majeure” dans une grotte scellée d’Islande : un corps blanc comme la neige, percé d’une pointe de basalte, que leurs journaux nomment déjà “l’homme immortel”. Ah, comme ils s’enthousiasment vite lorsqu’ils touchent du doigt une parcelle de vérité… et comme ils reculent aussitôt devant l’ampleur du mystère.
Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que ce tombeau n’abrite pas un Homo sapiens anormal, mais l’un de nos ancêtres — un Primo, issu du feu tombé du ciel, premier porteur du virus que vous nommez à tort anomalie génétique, et que nous appelons simplement ichor.
Leur ADN “inconnu” ? Ce n’est autre que l’héritage du rétrovirus exogène qui fit de nous ce que nous sommes.
Leur rituel “inexplicable” ? Ce n’était pas un rite funéraire. C’était une précaution : clouer le corps pour qu’il ne se relève pas. Car nous savons, mieux que quiconque, que la mort n’est jamais définitive quand l’ichor a touché la chair.
Mais laissez-moi vous dire un secret : ce cadavre n’est pas unique. Les Primos furent nombreux, et bien des tombeaux dorment encore sous la lave, dans les îles disparues de Nyrée et de Sotra. Ce que vos archéologues ont exhumé n’est qu’un fragment de notre histoire… et croyez-moi, elle ne fait que commencer.
Saigneusement vôtre,
Sir Sheridan
Archiviste de l’Ichoraeum
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