Les auteurs en salon

Il est clair que certains vont se sentir visés, d’autres apprécieront peut-être pas… soit.

Les salons ça m’inspire… et les auteurs, les lecteurs aussi ou tout simplement le visiteur. Il y a l’auteur timide ou qui s’ennuie, qui se demande ce qu’il fiche là… et qui reste le nez planté dans son bouquin, sur son smartphone et qui jette à peine un œil au passant qui passe. À mon avis, celui-là il ferait mieux de rester chez lui, d’aller cueillir les champignons ou d’aller à la pèche.

Il y a l’auteur qui bougonne, râle sans cesse sur tout et rien, celui qui critique tout, rien ne lui va jamais, le public qui n’est pas là, il est peut être allé à la pèche lui… la place qui ne lui convient pas, la chaise qui lui fait mal au cul, que sais-je d’autre… et puis il y a l’auteur souriant.

Celui ou celle d’ailleurs qui a toujours un bonjour aimable, dont le sourire vous ensoleillerait la journée la plus grise. Il n’y a pas grand monde soit, mais ce n’est pas grave, on discute avec les autres auteurs, on va voir ce qu’ils écrivent parfois on lui achète même son livre parce que derrière tout auteur se cache un lecteur.

Il y a aussi l’auteur qui n’est jamais sur son stand, après qui il faut courir tout le temps. Un vrai courant d’air, ça, c’est un peu moi. J’ai un peu de mal à demeurer vissé sur ma chaise. Je peine à rester aimable face au visiteur qui tire la tronche, qui tourne la tête dès que vous lui dites bonjour comme si vous alliez le mordre. Quoique certains j’en ferais bien de la chair à pâté. Je n’ai encore agressé personne, mais ça va venir en salon, je le sens. Je pense qu’un jour au détour d’une allée, je vais me transformer en vampire, un peu comme ceux qui naissent sous ma plume. Et CRAC un coup de croc et pouf plus de visiteur mal embouché.

Pendant les salons, mon plus grand passe-temps c’est d’observer l’autre celui qui passe, l’auteur en face qui s’agite, parle avec les mains, la dame seule sur sa chaise qui s’endort, celui qui s’exprime haut et fort, la lectrice toute timide, non mes livres ne mordent pas.

Et puis à force d’observation, les auteurs et les salons me font penser à deux choses, les chats et la pèche (que je déteste soit dit en passant).

La pêche : on a le pécheur (l’auteur), les appâts (les stands et leurs livres) puis on a le poisson (le lecteur potentiel). Parfois le salon c’est comme la pèche, ça ne mord pas, il y a peu de poisson et le pauvre couillon reste sur sa chaise en disant qu’il a pourtant de belles amorces, mais le poisson se fait rare et fait la fine bouche. Le pécheur a beau agiter sa canne, le poisson ne mord pas, et le pécheur demeure là, patiemment à attendre… Il pourrait se dire que ça mordra ailleurs alors le week-end suivant, il refait une partie de pèche…. ou des mois plus tard. Il y en a qui aiment taquiner le goujon et d’autres qui préfèrent aller cueillir les champignons.

Et puis il y a…

Les chats, vous savez quand votre gentil minou vous regarde avec ces grands yeux, un petit miaulement rauque et semble vous dire « donne-moi à manger »…. l’auteur en salon me fait penser au chat qui regarde le lecteur tout gentiment et semble lui dire : « dis tu m’achètes mon livre, dis, s’il te plaît ». Vous savez ce matou avec ces grands yeux larmoyants qui vous ferait presque pitié.

Miaou, miaou….

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