Le Blog de Nathy http://www.nathy.fr Blog de l'auteur et illustratrice Nathy Wed, 25 Sep 2019 09:26:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 112276487 Chapitre 10 http://www.nathy.fr/chapitre-10/ http://www.nathy.fr/chapitre-10/#comments Tue, 24 Sep 2019 06:00:40 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1390 Chapitre 9 Quand Justine retourna chez elle, la jeune femme n’était qu’une boule de haine et de rage. Ses parents n’entendirent que la porte d’entrée claquer puis celle de sa chambre. Les hurlements qui s’ensuivirent leur indiquèrent que quelque chose s’était passé... les cris hystériques de leur fille dérangèrent leur […]

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Quand Justine retourna chez elle, la jeune femme n’était qu’une boule de haine et de rage. Ses parents n’entendirent que la porte d’entrée claquer puis celle de sa chambre. Les hurlements qui s’ensuivirent leur indiquèrent que quelque chose s’était passé... les cris hystériques de leur fille dérangèrent leur voisin et peu de temps plus tard deux policiers se présentèrent à leur domicile. Entre temps, Justine avait fini par se calmer, du moins elle avait cessé de rugir.

Les deux agents voulurent voir leur fille, son père leur ouvrit la porte et ils découvrirent une pièce ravagée, Justine hirsute et en larmes. Quand le policier lui demanda si elle allait bien, elle lui adressa un sourire triste et prétendit que son fiancé venait de rompre, après qu’elle l’eut trouvé dans les bras d’une autre. Justine avait un petit côté manipulatrice, elle excellait dans l’art et la manière pour se faire passer pour une victime. Les deux agents repartirent en lui disant de faire moins de bruit et en lui souhaitant bon courage. 

Une fois que la porte fut refermée, elle attrapa le couteau qu’elle avait posé sur son bureau et lacéra la photo de Stan qu’elle avait sur le battant de son armoire. Presque tous les clichés avaient subi le même sort. Elle haïssait Sophie au point de souhaiter sa mort.

Comment cette fille avait-elle pu lui voler son amour, cette traînée?

Elle voulut envoyer un  message à Sophie sur Facebook, mais la plateforme avait bloqué son compte. De colère elle créa une nouvelle adresse mail puis un nouveau compte. Elle continua ainsi d’alimenter la haine qui se déversait sur l’adolescente et le supposé fiancé.

****

Lorsque Pauline vint chercher Sophie pour se rendre au lycée, elle resta bouche bée devant la « nouvelle » Sophie.

—  Ma chérie, ça te va trop bien, t’es superbe. Trop stylé, ton look ! Tu vas déchirer !

La jeune fille avait revêtu une paire de leggins avec des empiècements en faux cuir et lacés sur le côté, un petit cache-cœur noir et rouge aux manches ajourées et perchées sur des chaussures plateforme à bride.

— Merci ! On y va ? Ma mère déteste mes cheveux, elle en a fait une vraie affaire d’État ! Elle est sûre que mon père va m’obliger à enlever ces mèches… mon frangin et elle se sont disputés à cause de mes tifs… t’imagine ça ? Et je ne te parle pas de mes fringues.

— MDR… j’imagine oui, je crois que j’aurais bien ri. Personne ne va te reconnaître au bahut, ils ont l’habitude de la petite Sophie toute sage. T’en as encore beaucoup des fringues comme ça ?

— J’ai refait ma garde-robe…

— Oh ! Et c’est tout aussi si sexy ?

— Non, pouffa Sophie.

Lorsqu’elles montèrent dans le bus, de nombreux regards se retournèrent vers elles, des chuchotements fusèrent. Sophie était mal à l’aise face à l’attention qu’on lui portait, mais ce qu’elle craignait surtout  c’était de se retrouver au lycée après les divers posts de Justine sur les réseaux sociaux.  Elle ignorait tout des frasques des deux frères de la veille au soir.  Elle prit la main de son amie et lui avoua tout bas ce qu’elle redoutait.

— Je ne sais pas, je ne suis pas allée voir ce matin.

— Je n’ose même plus regarder ma page Facebook.

— Le temps que tout le monde fasse le rapport entre la petite Sophie qui a quitté le lycée vendredi soir et la nouvelle, tu auras un peu de répit. Je doute que beaucoup fassent le rapport entre ton nouveau look et la gamine un peu timide. 

— J’ai l’impression d’avoir Justine tout le temps derrière moi. 

— Tu ne vas pas tourner parano quand même. 

— Tu trouves que j’exagère ?

— Non, je n’ai pas dit ça. Je reconnais que Stan avait besoin d’une bonne leçon, mais là Justine va trop loin.  Je lui trouvais des excuses, mais je me rends compte que j’avais tort. 

Quand elles descendirent du bus elles ne virent pas les frères Jarosz devant les grilles, c’est soulagé de ne pas y trouver Stan que Sophie franchit l’entrée du George Sand. Les jeunes filles se dirigèrent vers leur salle de cours sans se retourner, sourdes au peu de remarques. Comme l’avait dit Pauline, les élèves ne faisaient pas la relation avec la Sophie qu’ils avaient déjà croisée, pourtant les avis fusaient sur les réseaux sociaux. Justine avait mis le paquet et s’érigeait en pauvre victime, Stan et Sophie passaient pour des monstres. Déjà la cible des partisans de la jeune femme, les vidéos du vendredi n’arrangeaient pas les choses. Stan et son frère faisaient de gros efforts pour faire la sourde oreille., d’autant plus que l’ex petite amie du cadet avait posté un selfie où l’on voyait les stigmates de son altercation avec le musicien. Cette photo mettait de l’huile sur le feu, de coureur de jupons, de bourreau des cœurs, il devenait celui à abattre pour les petites féministes de seize ans. Peu importait ce qui s’était réellement passé. Les propos à l’encontre de Stan devenaient de plus en plus violents. Il était la cible de la vindicte populaire, aveugle, sourde....

Stan se faisait insulter copieusement, de pervers et d’obsédé, de gros porc, de phallocrate et bien des choses encore moins gentilles, certaines allaient jusqu’à lui suggérer d’aller se pendre, qu’un mec comme lui ne devrait pas exister, qu’il méritait de mourir, de se faire castrer... mais ce qui toucha le plus Stan c’était qu’on s’en prenne au groupe et à leur musique, à ses talents de chanteur.

Que l’on remette en cause tout ce en quoi il croyait, se battait, se démenait c’était comme un coup de poing en pleine face, comme une fille qui lui arracherait le cœur. L’acharnement dont faisait preuve ces gens le blessait au plus profond de son âme, qu’on l’insulte il s’en fichait, mais que des individus mal intentionnés viennent jusque sur la chaîne YouTube du groupe pour l’étriller lui, certes, mais aussi pour descendre en flèche tous les membres de Children of Styx, ça le minait.

Les membres du groupe étaient soudés, mais le jeune chanteur finissait par se dire qu’ils ne méritaient pas ça, que tout était de sa faute. Tous ceux qu’il aimait se retrouvaient être la cible de tous ces « haters » : les autres musiciens, son frère, Sophie…

Quand les Children of Styx se retrouvèrent afin de répéter, Stan leur fit signe de tout arrêter, ce qu’il avait à leur dire lui pesait.

— Je suis désolé pour tout ce qui arrive, personne ne mérite ça et vous vous en prenez plein la gueule à cause de moi. Je crois que l’on va s’arrêter là. Anh Dũng est tout à fait capable de me remplacer, c’est un excellent compositeur et si Sophie acceptait de chanter avec lui vous pourriez aller loin. Moi, je vais me retirer de l’affaire !

Ces mots lui arrachaient la bouche, il refusait que le groupe paye les conséquences de ses actes. Ces mots le brisaient. La musique c’était toute sa vie… tout allait de travers juste à cause de cette folle, même la fille qu’il aimait le rejetait… Stan avait les idées noires, si noires qu’il songeait à tout abandonner même la vie.

Un NON général lui répondit.

— Non ! Il en est hors de question, je ne vais pas prendre ta place ! On se connaît peu, mais Children of Styx sans toi ce n’est plus Children of Styx.

— Tout à fait ! ajouta Amélie et on est tous d’accord, on est tous potes depuis des années et ce n’est pas cette chienne qui va changer quoi que ce soit et si tu t’en vas, tu peux compter sur moi pour te ramener en te bottant le cul à grand coup de Dr Martens !

— Merci !

Stan était au bord des larmes et pourtant il n’était pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Tous les musiciens lâchèrent leurs instruments et le prirent dans leurs bras en l’assurant de leur soutien.

****

Sophie décida de fermer son compte Facebook pour en ouvrir un autre avec son second prénom et l’abréviation de son patronyme, la photo de profil était un simple dessin, seuls ses amis proches furent invités ainsi que ces connaissances parisiennes et son frère bien sûr qui avaient fait de même. Ainsi les deux enfants Nguyễn Văn Lô s’étaient mis quelque peu à l’abri de la tourmente.  Mathias se montra clair avec Stan bien qu’il apprécia les Jarosz, il voulait épargner sa petite sœur et il exigea du jeune musicien qu’il laisse Sophie en dehors de tout cela. 

— Je ne te demande pas de ne plus l’approcher, je veux juste la protéger et lui éviter ce  qui t’arrive.  Au moins le temps que tout cela se calme, que cette folle de Justine cesse de s’en prendre à toi et à ma sœur. 

— Mes parents ont de nouveau porté plainte, mais ce qui s’est passé l’autre soir en boîte semble ne pas avoir convaincu les policiers...  elle n’a eu qu’un rappel à la loi, je suis dégoutté. De ce que j’en sais elle m’a fait prendre, en plus des médocs, de la MDMA achetée à un mec dans la rue. J’aurais pu y rester ! Elle fait de ma vie un enfer et au final c’est moi le fautif. Je ne lui avais jamais rien promis. J’ai tout fait pour que notre séparation se passe au mieux, mais elle n’a jamais voulu comprendre que pour moi c’était juste du sexe. Parfois, je me demande jusqu’où cela va aller. Cette fille est complètement déjantée, elle fait une fixette sur moi c’est dingue.

— Quand tu aimes quelqu’un, ce n’est pas facile d’accepter que l’autre n’ait pas les mêmes sentiments, je suis bien placé pour le savoir avec Kim.

— Tu es si amoureux que ça d’elle ?

— Oui, répondit Mathias dans un souffle, baissant la tête et le cœur meurtris.

— Tu serais prêt à quoi pour elle ?

— J’étais prêt à mourir si c’est ce que tu veux savoir, si je n’avais pas décroché le téléphone quand Sophie m’a appelé, aujourd’hui je ne serais plus de ce monde. J’ai fait beaucoup de choses pour Kim... j’ai été stupide, mais notre relation n’a rien avoir avec ce qu’il y avait entre Justine et toi. Je suis resté deux ans avec elle, je croyais vraiment à ses sentiments, j’ai fermé les yeux sur beaucoup de choses et le pire c’est que je me suis coupé des gens que j’aimais, j’ai sombré dans la drogue. Je ne me rendais pas compte à quel point j’étais descendu bien bas. Je n’avais pas conscience à quel point Kim est toxique.  Je n’ai pas encore dix-huit ans et je crois bien que tous les excès à faire je les ai faits... alcool, drogues, violences... sauf tuer.

— Tu le regrettes ?

— Oui et non ! On a passé de supers moments ensemble, mais plus le temps a passé et plus nos moments ensemble c’était que de la défonce.

Mathias sortit de son portefeuille une photo et la tendit à Stan. Il découvrit une jeune asiatique aux cheveux tricolores, noirs, bleus et blancs, les traits fins et d’une beauté à couper le souffle. Il comprenait très bien que son ami puisse avoir craqué pour cette fille.

— Ah ouais quand même... tu m’étonnes, quel mec ne baverait pas devant une telle fille. Elle est vraiment canon, mais dans le genre asiatique, je préfère ta sœur. Les filles hypersophistiquées, j’ai donné ma part.

— Et à quoi, elle ressemble cette Justine ? Je n’ai pas fait attention plus que ça l’autre jour.

— Je n’ai pas sa photo sur moi. Il y a longtemps que j’ai viré les selfies qu’on avait faits ensemble, mais il en reste peut-être de ceux qu’elle a faits l’autre soir... ou tu vas sur son mur, elle adore les photos.

Stan vérifia sur son smartphone, mais il avait viré toutes les photos que Justine avait prises. 

Il se rendit sur Facebook et ouvrit la page de Justine, il y avait une multitude de selfies dont certains pris en boîte dix jours plus tôt. Des clichés quand ils sortaient ensemble. On l’y voyait tantôt avec une crinière d’un blond cendré, tantôt flamboyante ou argentée comme sur les dernières prises quelques jours plus tôt avant son changement pour du noir.

— Elle est belle, mais elle me fait l’effet d’un vrai poison. Aussi égocentrée que Kim, on devrait les présenter.  C’était Kim et sa cour et de ce que j’en vois, ta Justine c’est pareil. Ça te dérange si je me sers de ton téléphone pour bloquer certaines photos, cette salope a encore mis des photos de ma sœur.  Elle vous suit sans cesse. C’est une vraie obsession.

— Bien-sûr ne te gènes pas !

— Pour en revenir à ma sœur, ce serait bien qu’elle reste en dehors de tout ça, du moins qu’on essaie de l’en protéger, c’est pourquoi je te demande de ne plus l’approcher du moins au lycée. C’est préférable pour elle, si tu l’aimes autant que tu le dis, fais-le pour elle. Oublie-la ! Quand tout ça sera fini, si tes sentiments sont toujours là peut-être que ce sera possible entre vous, mais pour le moment je ne pense pas que ce soit souhaitable. Sophie va s’en prendre plein la tête et je n’ai pas envie de voir ma sœur pleurer, je lui ai déjà assez fait de mal, ce n’est pas la peine qu’elle souffre une fois de plus !

— Tu sais ce que tu me demandes ? Si on t’avait dit de laisser Kim...

— Je sais, je t’aurais dit d’aller te faire foutre ! 

— Alors tu peux comprendre que je refuse de baisser les bras, j’aime ta sœur et ça, personne ne peut rien y faire !

— C’est elle qui te le demande, et tu le sais bien. Sophie est sensible et tu peux quand même comprendre que Justine lui fasse peur. Elle est aussi cinglée que Kim... et ma frangine a en a été le souffre-douleur, qu’est ce que tu crois ?  Oublie-la !

Stan soupira, personne ne semblait comprendre ce qu’il ressentait. En cet instant, le jeune homme se sentait isolé, désemparé, même Iwan paraissait ne rien comprendre. Il prit sur lui le plus qu’il pouvait et à chaque fois que son regard se posait sur celle qui faisait battre on cœur il avait l’impression qu’on lui arrachait celui-ci. 



De son côté Sophie faisait de son mieux pour ne pas penser au cadet des Jarosz, elle évitait du mieux qu’elle pouvait de se retrouver  dans les mêmes lieux, elle refusait d’aller au sas ou même à la cafétéria et bien sûr elle ne descendait pas à la grille lors de la pose.  Elle tentait de se faire la plus discrète possible, de se faire oublier, cela marchait plus ou moins bien.  Elle l’ignorait bien sûr, mais Stan et même Iwan, parfois Pauline, traquaient les messages de Justine où il était question de Sophie, à tel point que le compte de Justine ne tarda pas à être supprimé.  Ils firent de même sur tous les réseaux sociaux où elle sévissait si bien que ses actions se retournèrent contre elle.

La hargne qu’elle avait allumée contre Stan s’atténua faute de sources pour l’alimenter sur les réseaux sociaux. Mais elle revenait à la charge en créant sans cesse de nouveaux comptes, à chaque fois les membres du groupe bloquaient la moindre photo suspecte et mettait le nouveau profil en indésirable. Ils en vinrent même à bloquer toutes publications sur la page du groupe. Ils passaient tous un temps fou à traquer la moindre publication suspecte. Hélas, hors du NET, ou du moins publiquement, la vindicte continuait, alimentée par Justine et sa cousine et leur cour. Des messages privés arrivaient sans cesse sur le compte de Stan, ce n’était qu’insultes et même jusqu’à le pousser au suicide. Le jeune homme avait beau être solide tout cela finissait par l’affecter. On chuchotait dans les couloirs sur leur passage, des insultes fusaient. Les quelques fois où Stan ou son frère s’était agacé au point de coller l’individu contre le mur et de régler le problème par la violence avait dissuadé les moins vindicatifs. Bien sûr les deux frères eurent un rappel à la discipline et même quelques heures de colles et un avertissement, mais le message était passé... puis la carrure des deux frères fit le reste.

Des inconnus insultaient Sophie,  des remarques franchement déplacées, des propositions plus ou moins salaces... mais elle avait tenu bon grâce à son frère et à ses amis.  Sur la page du groupe et d’un commun accord entre eux, ils avaient fait passer un communiqué expliquant la situation, parlé des plaintes déposées et idem sur la page de Stan.

Justine passa en conseil de discipline, au regard de ses antécédents, la direction lui signifia son renvoi définitif. Seule sa cousine demeura dans l’enceinte du lycée et continua d’entretenir le feu de la haine

****

Le jeune asiatique que Sophie avait à peine remarqué lors de son premier cours d’arts plastiques prit place à côté d’elle avant même que Pauline un peu en retard ne puisse s’asseoir près de son amie. Elle n’avait pas encore ouvert la bouche qu’il se présenta.

— Salut, moi c’est Chân Lý  et toi c’est Sophie c’est ça ?

— Euh... salut, oui c’est ça. 

L’adolescent entama la conversation et l’invita à aller boire un pot après les cours. Avec tous les derniers évènements depuis la rentrée scolaire deux semaines plus tôt, Sophie n’avait pas vraiment eu l’occasion de se faire des copains, aussi elle accepta avec plaisir. Pauline les laissa seuls après être restée un petit quart d’heure avec eux. Chân Lý se montra agréable, curieux. Comme elle il était né en France ainsi que ses parents, ses grands-parents étaient arrivés très jeunes tout comme les siens et ils ne tardèrent pas à se rendre compte qu’ils devaient se connaître comme pour elle, ses aïeux s’étaient installés dans ce petit village du Bourbonnais, d’ailleurs ses grands-parents et arrières grands-parents habitaient toujours Noyant.

— C’est dingue ça quand même que les petits enfants se retrouveraient au lycée ensemble alors que ma famille est partie assez rapidement sur Paris. 

— Ça te dirait d’aller au ciné demain ? 

— Pourquoi pas, mais je ne sais pas ce que Pauline a prévu.

— Pas de problème, des copains et copines seront là, si Pauline ne craint pas de se retrouver avec presque que des asiates...

— Il y en a beaucoup ici ? 

— Beaucoup non, mais je dirais qu’on est un certain nombre. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il est difficile de ne pas nous croiser quand on traîne dans Montlu

Le bip du smartphone de Sophie retentit lui annonçant que son frère lui envoyait un message.

« T’es ou ?

Au Majestic, je bois un pot avec un copain.

OK j’arrive »

— Je crois que tu vas rencontrer mon frère Mathias, mais je te préviens il préfère qu’on l’appelle Anh Dũng

— OK, il vient voir qui sa petite sœur fréquente ?

— C’est bien possible.



Cinq minutes plus tard, Mathias entrait dans le bar et se présentait à leur table. Comme à son habitude, le premier réflexe qu’il eut fut de s’adresser à sa sœur, mais également à l’adolescent qui l’accompagnait en vietnamien. 

— Désolé, mais je ne parle que français.

— Ah... 

— Ça pose un problème ?

— Non t’inquiète, c’est bien que ma sœur se fasse des copains, ici elle ne connaît personne à part Pauline et mes potes. 

— Tu joues avec les Jarosz, c’est ça

— C’est ça. 

— Bons musiciens... mais pour Sophie, il vaut mieux les éviter.

— C’est bien mon intention.

— On va rentrer, les parents m’ont demandé de venir te chercher... tu oublies qu’on a des invités ce soir. 

— Oh merde j’avais complètement oublié. 

— On se retrouve demain ? 

— Je viens te chercher si tu veux ? 15H ? On ira manger en ville avant d’aller au ciné, ça te va ? 

— Nickel !



Sophie avait complètement oublié que leur mère avait invité les Jarosz à dîner le soir même pour les remercier de leur gentillesse. C’est avec soulagement qu’elle apprit que seuls les parents et Alexy venaient. Stan avait décliné prétextant du travail et Iwan connaissant le point de vue de Sophie avait choisi de ne pas venir, quant à Éva, elle retrouvait la sœur aînée de Pauline avec laquelle elle avait eu une liaison par le passé. Le week-end passé à Clermont avait renoué les liens qui les unissaient aussi les deux jeunes femmes songeaient à vivre ensemble, mais auparavant elles préféraient voir où cette liaison les mènerait.



Paul était rentré du Japon le mercredi et ne restait que quelque temps, il devait repartir le 1er octobre, le lendemain de l’anniversaire de son fils. Il avait observé sa fille avec surprise face à la métamorphose de celle-ci et au grand dam de Lan Ahn, il avait aimé les mèches rouges de sa fille.

— Ça te va bien, j’ai pensé à toi quand j’étais à Tokyo et j’ai pris discrètement quelques photos. Il lui montra sur son smartphone quelques clichés d’adolescents japonais au look extravagant. Je trouvais que tu étais bien trop sage, est-ce qu’il y aurait un garçon là-dessous ?

Sophie devint écarlate en pensant à Stan et assura que non ce qui n’était pas tout à fait faux. C’était plus exactement son frère qui l’avait motivé à changer ainsi que Pauline dont elle enviait l’assurance. 

****

Anaïs, la cousine de Justine l’informa qu’elle n’avait pas vu Sophie un seul instant avec les Jarosz, pourtant dès qu’elle avait pu, elle avait suivi Stan comme la jeune femme le lui avait demandé. Satisfaite, Justine se dit que sa rivale semblait évincée. De toute façon, elle ne trouvait plus son compte sur les réseaux sociaux... 

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Du mépris des auteurs de SFFF http://www.nathy.fr/1385-2/ http://www.nathy.fr/1385-2/#respond Mon, 23 Sep 2019 10:28:13 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1385 C’est typiquement le genre de chose qui m’agace. Nous en discutions hier avec Marielle Ranzini lors du Salon du livre de Montluçon. Je parle de ce mépris à l’encontre de la littérature de l’imaginaire. Je le vois souvent dans le regard des visiteurs, mais aussi, et c’est encore plus grave […]

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C’est typiquement le genre de chose qui m’agace. Nous en discutions hier avec Marielle Ranzini lors du Salon du livre de Montluçon.

Je parle de ce mépris à l’encontre de la littérature de l’imaginaire. Je le vois souvent dans le regard des visiteurs, mais aussi, et c’est encore plus grave dans celui des libraires. Parce parlons en de libraires… j’ai travaillé dans ce milieu et je l’ai aussi entendu… de leur part, de la part des bibliothécaires aussi. Les auteurs de SFFF, mais aussi de romance, font l’objet du mépris tant de la part de certains lecteurs et des professionnels du livre. C’est navrant… Nous sommes les moutons noirs de la littérature et puis il y a un autre phénomène tout aussi navrant d’ailleurs de la part des lecteurs de la littérature dite de genre… la certitude du moins en France que les écrivains français et/ou francophones ne sont pas capables d’écrire de la fantasy, du fantastique ou encore de la SF. Il semblerait que seuls les auteurs anglo-saxons sachent créer des univers, des créatures… mais punaise ouvrez donc au moins quelques livres des romanciers et nouvellistes maniant notre belle langue… enfin c’est quand même incroyable d’être aussi méprisé par ses concitoyens.

Combien de fois j’ai lu et entendu : « Oh! C’est un auteur français ? Ah non! J’en veux pas, ils sont nuls » sans même avoir ouvert le livre. Quand je vois ça, j’ai juste envie de coller des baffes, coller des coups de pelles.

Pourquoi donc un auteur français serait-il forcément mauvais ? Pourquoi cet élitisme où seule la littérature blanche, à la rigueur le roman policier, trouverait-il grâce aux yeux des Français ? Qu’est-ce qui ferait que l’on ne soit pas capable d’écrire un roman fantastique par exemple. Je veux que l’on m’explique… tous nos détracteurs dites nous pourquoi notre nationalité ferait que l’on ne mérite pas votre attention ? Je veux de l’argument !

En plus j’ai la mauvaise idée d’écrire du fantastique et plus précisément des histoires de vampires. Alors là, c’est le comble, le pire que je puisse faire. Je crois que nous auteurs de romans/nouvelles vampiriques nous rencontrons le mépris et même le dégoût. Il faut voir la mine des gens lors des salons/dédicaces… Je ne compte plus les fois où vraiment j’ai eu envie de chopper certain par le col et leur dire ma façon de voir les choses, je doute qu’ils apprécient d’essuyer ma colère.

Donc maintenant j’attends, je veux des réponses, je les exige même dites nous à nous auteurs de SFFF le pourquoi des choses, de ce mépris et à nous auteurs de romans et nouvelles vampiriques pourquoi vous nous cracher presque à la figure. Mais qu’on se le dise j’aime ce que je fais, ce que j’écris et je ne compte pas cesser de mettre en place mes Ichoriens.

À bon entendeur je vous salue bien.

Saigneusement vôtre,

Nathy

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Le Prince des vampires http://www.nathy.fr/le-prince-des-vampires/ http://www.nathy.fr/le-prince-des-vampires/#respond Fri, 20 Sep 2019 06:00:14 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1370 Aujourd’hui, je vais vous parler du troisième personnage que j’ai créé… et non ce n’est pas Swann, mais Edern, son frère le prince des ichoriens. Edern n’a rien d’humain, ses origines ne sont pas humaines, c’est certes un humanoïde, mais ça s’arrête là. Il vient d’une civilisation très ancienne, mythique, […]

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Aujourd’hui, je vais vous parler du troisième personnage que j’ai créé… et non ce n’est pas Swann, mais Edern, son frère le prince des ichoriens.

Edern n’a rien d’humain, ses origines ne sont pas humaines, c’est certes un humanoïde, mais ça s’arrête là. Il vient d’une civilisation très ancienne, mythique, disparue depuis environ 10.000 ans. Je me sis basée un peu sur la légende des hyperboréens. Mais vraiment un peu.

Sauf que j’ai fait des êtres de cette civilisation non seulement des individus différents, mais en plus leur civilisation est le berceau des vampires. Edern est donc un des premiers immortels, né ainsi. Fils aîné du souverain de l’île septentrionale où il vivait, il en prend la direction à la mort de son père.

Lorsqu’un cataclysme détruit sa civilisation, il prend la tête des survivants, en grande majorité des buveurs de sang. Ils survivent comme ils le peuvent, se mêlent aux humains. Des royaumes vampiriques se créent, des clans… Edern demeure cependant le chef suprême. Les immortels l’ont choisi malgré la présence de son plus jeune frère (Swann) et son rival Rhyrgul, un autre vampire né venant d’une autre île.

Edern est le souverain par excellence, proche de par son aspect de certains personnages de manga ou de jeux vidéo. J’avoue que j’avais une certaine « tendresse » pour Sephyroth de Final Fantasy… on comprend ainsi mieux l’aspect androgyne, les cheveux argentés…
Edern est « politicien », manipulateur, séducteur, même si on le voit peu une épée à la main c’est l’un des plus redoutables immortels. Pour lui la fin justifie les moyens.

On le voit de par sa situation dans tous les romans. Mais celui où il est le plus, puisqu’il en est un des personnages principaux, c’est Sombre Rêve que je suis en train de retravailler. C’est aussi un ami de Cathal qui lui voue une fidélité indéfectible.

Il ne faut ni se fier à sa beauté ni à son élégance pleine de charme. Si Edern a l’occasion de vous retourner la cervelle, il n’hésitera jamais.

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Dante http://www.nathy.fr/dante/ http://www.nathy.fr/dante/#respond Sat, 14 Sep 2019 06:00:59 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1367 Voici donc un autre personnage : Dante Dante est le second héros vampirique que j’ai créé juste à partis d’une idée vague d’une femme se réveillant chez un vampire sans savoir où elle se trouvait après avoir été agressée. À partir de là, j’ai écrit Anamorphose en récit choral. Comme […]

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Voici donc un autre personnage : Dante

Dante est le second héros vampirique que j’ai créé juste à partis d’une idée vague d’une femme se réveillant chez un vampire sans savoir où elle se trouvait après avoir été agressée. À partir de là, j’ai écrit Anamorphose en récit choral.

Comme j’aime bien l’histoire, je suis partie sur la période vénitienne du XVe. Je suis restée dans le même univers, ces vampires finalement si humain et si monstrueux. J’aime bien leur construire un passé et ne pas seulement l’évoquer en quelques lignes. À l’inverse de Cathal qui est d’origine barbare, un guerrier… j’ai voulu faire un être dont les origines étaient raffinées même si celui-ci était un véritable gougeât.

Sa transformation est en réalité une punition et quelle punition. Tout va y passer : tortures, humiliations… Anamorphose est une romance paranormale, mais je n’ai jamais voulu faire de mon personnage, un être mou et fleur bleue, tout gentil tout mignon.

Certes, ce n’est pas un guerrier comme Cathal, mais il n’est pas fainéant une épée à la main et quand il faut tuer ça ne lui pose aucun problème que ce soit un humain ou un autre immortel. Mais Dante est un être abîmé par la vie, qui a vécu des périodes très sombres faites de violence. Il déteste ce qu’il est.

Si je devais le rapprocher d’un vampire célèbre, je dirais que c’est un Louis ( voir les écrits de Anne Rice) mais sans le côté romantique.

Après, je ne me prends pas pour Anne Rice, je n’en ai pas la prétention.

Je voulais que ce soit un vampire solitaire qui vit un peu dans sa tour d’ivoire loin des siens et le plus loin possible des humains. En réalité, il n’aime ni les uns ni les autres.

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Chapitre 9 http://www.nathy.fr/chapitre-9/ http://www.nathy.fr/chapitre-9/#comments Thu, 12 Sep 2019 06:00:45 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1377 Chapitre 8 Chapitre 10 Sophie était à peine couchée après avoir rangé ses affaires qu’elle entendit gratter à sa porte. — Tu dors ? — Non, entre. Sophie chercha l’interrupteur à tâtons et alluma. Mathias en t-shirt et caleçon s’avança puis s’assit près d’elle. — Je te dérange ? Je peux ? — Bien sûr que non. Sophie […]

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Sophie était à peine couchée après avoir rangé ses affaires qu’elle entendit gratter à sa porte.

— Tu dors ?

— Non, entre. Sophie chercha l’interrupteur à tâtons et alluma.

Mathias en t-shirt et caleçon s’avança puis s’assit près d’elle.

— Je te dérange ? Je peux ?

— Bien sûr que non.

Sophie se poussa et tapota le matelas pour inviter son frère à ses côtés. Le jeune homme s’installa près de sa sœur comme il le faisait des années plus tôt, quand ils passaient des heures à parler jusqu’à ce qu’ils s’endorment.

— Il y avait longtemps, je suis désolé.

— C’est vrai que ça fait un bail que l’on n’avait pas discuté comme ça.

— Quelques années…

— Ouais, je suis un con… j’ai besoin de discuter… lui dit-il en saisissant sa main.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

Sophie baissa les yeux et vit les marques sur ses bras, des ecchymoses bleu-jaunâtre, les restes des injections, des griffures, des entailles. Son cœur se serra en voyant ces vestiges.

Mathias avala sa salive, il avait besoin de se libérer, il n’avait pour ainsi dire rien dit à sa mère que ce qu’elle avait envie d’entendre. Sophie, il savait qu’elle écouterait patiemment.

— Kim… elle m’a quitté. Je l’aime tant… Le mercredi soir, elle m’avait laissé un message pendant que je passais l’audition des frères Jarosz. Elle m’a arraché le cœur. Un mot lapidaire comme quoi c’était fini. Je l’ai appelé et on a discuté, on s’est disputé et je lui ai promis de venir dès le week-end suivant… et j’ai senti qu’elle n’attendrait pas. Le lendemain en cours, je ne pensais qu’à elle, je suis repassé à la maison, je l’ai appelé et sa façon d’être m’a rendu dingue, je suis partie sur un coup de tête. À Paris, j’ai retrouvé Fabien… je n’ai pas tardé à découvrir que lui et Kim s’envoyaient en l’air derrière mon dos et partageaient leur came depuis déjà longtemps. J’étais désespéré, j’ai voulu mourir, je croyais que plus personne ne m’aimait, que personne ne se soucierait de moi et puis un jour tu as appelé, je venais de… me piquer. Tu m’as sauvé petite sœur.

À ces mots, il la prit dans ses bras en pleurant et répéta : « tu m’as sauvé ! » Sophie le sentait désemparé et laissa son frère pleurer sur son épaule, il était si malheureux. Mathias au cours de ces derniers jours avait enfin ouvert les yeux à propos de Kim. Découvrir et admettre ce qu’elle était lui était difficile et le faisait souffrir ; car malgré tout, il l’aimait toujours. Il vida son sac pendant des heures. Il se sentait soulagé même s’il peinait à encaisser.

— J’ai besoin d’aide…

— Je serais toujours là, tu le sais bien.

—… Pas comme moi. Je suis désolé, je t’ai tellement laissé tomber. J’ai été un piètre grand-frère. Mais dis-moi qu’est-ce qu’il y a avec Stan ?

— Rien…

— Rien ? T’es sûre ? Il t’a dévoré du regard pendant toute la soirée.

— C’est compliqué…

— Comment ça compliqué ? Dis-moi, j’ai besoin d’aide, mais je voudrais redevenir le grand-frère que j’ai été. S’il y a un souci, dis-le-moi… Qu’est-ce qui se passe ?

Sophie poussa un long soupir et se mit en devoir de raconter tout ce qui s’était produit depuis le jour où ils avaient découvert sa fugue jusqu’à ce jour où Mathias et sa mère étaient rentrés de Paris.

— Mmm et toi qu’est-ce que tu éprouves pour lui ?

— Franchement, j’en sais plus rien…

— Et cette Justine ?

— Elle me terrifie, elle est complètement cinglée… en plus, maintenant, elle m’a prise pour cible.

Sophie attrapa le portable posé sur sa table de nuit et montra les photos sur Facebook… du moins ce qu’elle retrouva, car les parents de Stan avaient déjà fait le nécessaire.

— Cette fille est complètement malade, je te jure. Elle espionne Stan, elle nous a filmés et après elle m’a appelé et m’a traité de tous les noms, elle m’a menacé et ensuite elle a tout mis sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour une victime en prétendant que je lui avais piqué son mec.

— C’est peut-être le cas, après tout tu connais les Jarosz depuis peu.

— Ce n’est pas faux, mais d’après ma pote et la famille de Stan, ça fait longtemps qu’ils ne sont plus ensemble. Il lui manque une case, elle me fait froid dans le dos. Si tu la voyais, elle est super canon, mais tu t’aperçois vite fait qu’il n’y a pas l’éclairage à tous les étages. Elle a drogué Stan et elle l’a violé sur les bords du Cher… si Iwan n’était pas arrivé, vu ce qu’elle lui a fait avaler, pas sur qu’il soit encore en vie. Les pompiers ont dû le ranimer.

— Ah ouais quand même. Je comprends que tu n’aies pas trop envie de sortir avec lui si c’est pour avoir cette cinglée sur le dos. Je suis certain que tu trouveras un bel asiate.

— Possible… là, tu vois, j’ai pas trop envie de sortir avec qui que ce soit et j’ai pas trop envie d’aller en cours tout à l’heure avec ce que l’autre dingue a posté. Je vais m’en prendre plein la tête. J’ai supprimé tout où elle m’avait taguée, je me suis fait insulter par des gens que je ne connais même pas.

— Le premier qui te fait des misères, je lui défonce le crâne !

— J’espère bien que non !

Ils continuèrent de discuter pendant des heures et finirent par tomber de sommeil peu de temps avant que le réveil ne sonne. Sophie l’éteignit d’une main hésitante et retourna entre les bras de Morphée aussitôt. Sa mère ne la voyant pas descendre vint la chercher et trouva ses enfants paisiblement endormis. Lan Anh s’imagina sans peine qu’ils avaient passé une nuit blanche. Elle se rendait compte que Mathias avait besoin d’aide et s’il la trouvait chez Sophie, elle n’avait pas le droit de lui en vouloir. Elle referma la porte doucement et descendit au rez-de-chaussée. Dès que le lycée fut ouvert, elle appela la vie scolaire et informa les surveillants de l’absence de ses enfants. Elle leur assura que Sophie serait de retour à compter du lendemain et que Mathias devait tout d’abord rencontrer un médecin avant de pouvoir revenir en cours.

Pour la première fois depuis des jours, Mathias dormit profondément. Les deux adolescents se réveillèrent vers midi et pendant que Sophie était sous la douche, son frère envoya un SMS à Stan lui demandant de venir après les cours. Il profita de l’absence de sa sœur pour intervertir les cartes SIM de leurs portables et il appela Justine. Lorsque la jeune fille répondit à son appel, il reçut un flot d’insultes adressées à Sophie. Quand il put en placer une, le jeune homme était passablement agacé.

— Ça y est, c’est fini ?

— Mais t’es qui toi ?

— Le frère de Sophie, je vais te donner un petit conseil, fiche la paix à ma sœur avant que je ne m’occupe de ton cas. Si j’apprends encore une fois que tu t’en prends à elle, tu vas le regretter.

— Ta pétasse de sœur m’a piqué mon mec.

— Pas que je sache… alors tu l’oublies, pas d’appel, pas de SMS, pas de photos ni de video, pigé ?!

— J’en ai rien à foutre de ta gueule ! Et elle raccrocha.

Mathias remit les cartes à leur place d’origine et garda en mémoire le numéro de Justine sur son propre smartphone. Il retourna dans sa chambre et alla prendre une douche à son tour. Il retrouva sa sœur à la cuisine attablée avec sa mère devant un bol de soupe pho.

— Votre père rentre demain, j’aimerais bien qu’il ne soit pas obligé de se faire encore du souci pour ses enfants alors qu’il est à des milliers de kilomètres pour son travail. Et puis ces cheveux, tu vas aller chez le coiffeur et me faire enlever ça !

— Maman ! Non !

— Quand je te dis quelque chose, tu obéis !

— Laisse-là, ce ne sont que des cheveux ! Et Sophie est superbe comme ça, arrête de vouloir la couver tout le temps, tu l’étouffes !

— Mathias !

— Quoi Mathias ? Tu veux faire comme avec moi ? Papa et toi vous ne m’avez pas assez étouffé, il faut que vous fassiez les mêmes erreurs avec elle ? s’emporta Mathias. Oh vous nous avez toujours donné tout ce dont on avait besoin, mais il ne fallait surtout pas avoir la moindre initiative. À chaque fois, il a fallu que je vous mette devant le fait accompli. Il n’y a que la musique et encore, si papa n’avait pas insisté nous n’en aurions jamais fait. À croire que tu avais peur de je ne sais quoi ou peut-être que c’est Pascal qui te dérangeait. Il aurait fallu que je joue du classique. Tu ne voulais pas que je joue dans un groupe, vous ne vouliez pas que je fasse ceci ou cela et c’est pareil avec elle. Tu vas faire quoi, lui choisir aussi avec qui elle devra se marier ?

— Bien sûr que non, tu exagères, nous voulons que le meilleur pour nos enfants !

— Hé bien il est temps de nous faire un peu confiance !

— Oh oui je vois ça. Tu fugues, tu te drogues…

— C’est sûr qu’en jugeant sans cesse je vais te faire confiance, te dire ce que je pense. Peut-être que si vous aviez été un peu plus à l’écoute, je n’en serais pas arrivé là.

— Bientôt, tu vas nous accuser de maltraitance pendant que tu y es.

— J’ai jamais dit ça, mais il faudrait qu’on soit les petits enfants parfaits qui font exactement tout ce que vous voudriez, mais ça marche pas comme ça. Sophie n’a rien fait de mal. Tu veux quoi ? Qu’elle recommence elle aussi, elle a voulu mourir une fois, ça ne t’a pas suffit ?

— Parce que vous croyez que votre père va laisser passer ça ?

— On verra bien ! Mais en attendant que papa rentre, lâche-la un peu.

Pendant l’altercation entre sa mère et son frère, Sophie mangeait en silence. Ces dernières années, il n’y avait qu’elle qui ait pris la défense de son frère, lui la plupart du temps se montrait soit indifférent soit odieux. Il y avait tellement longtemps qu’il n’y avait plus eu cette complicité entre eux.

Lan Anh grommela et changea de sujet.

— Demain tu retournes en cours, dit-elle en se retournant vers sa fille, hors de question de manquer un jour de plus.

— Je n’en avais pas l’intention… et Mathias il revient quand ?

— Ton frère doit voir le médecin et le psy d’abord.

— Et j’ai rendez-vous quand ? J’ai le bac à passer je te rappelle ! Je voudrais y retourner dès mercredi.

— Je dois trouver un médecin, la plupart ne prennent plus de nouveaux patients.

— Je m’en fiche, je ne veux plus prendre leurs cochonneries…

— Anh Dũng… dit Sophie sur un ton de reproche en posant sa main sur le bras de son frère.

— Ouais, ouais je sais, ça va être dur… Ne t’en fais pas pour moi frangine !

— Le docteur a dit…

— Je m’en fous de ce qu’il a dit… mercredi je reprends les cours et les répétitions avec Iwan et Stan.

— Mais…

— Tu crois que c’est en restant cloîtré à la maison avec toi que ça va aller mieux ? J’étouffe ici !

Sophie prit la main de son frère et la serra doucement.

— Tu sais maman, il a raison.

Lan Anh repoussa son assiette et soupira, elle se leva et commença à débarrasser. Ses enfants l’aidèrent et au moment de remonter, Mathias l’informa de la venue de Stan.

— OK, je lui dirai de te rejoindre. Au fait, ça serait gentil de tous les inviter le week-end prochain pour leur aide.

— Oui ça serait pas mal, ses parents ont l’air cool.

— J’ai du travail, je monte bosser, tu pourrais demander à Iwan de te filer le boulot que tu as en retard.

— Ouais bonne idée.

Sophie profita de ces quelques heures pour s’avancer. Surtout, elle espérait éviter de voir les frères Jarosz, surtout le cadet. Vers dix-sept heures, sa mère frappa à la porte et lui proposa de venir la rejoindre sur les bords de la piscine. Comme elle avait terminé son travail, elle accepta, Sophie passa un maillot une pièce noir, ainsi qu’un paréo multicolore. Elles furent bientôt rejointes par Mathias.

— Tes copains ne viennent pas ?

— Si, mais Stan finit à 18 H. Iwan m’a dit qu’il faisait un crochet chez lui pour récupérer le travail de mes jours d’absence après il ira chercher son frère et ils viendront directement ici.

— Vous ne pouvez pas tout informatiser ? demanda Sophie.

— Il l’a fait en grande partie, mais il m’a dit qu’il avait un truc à voir.

— S’ils veulent bien rester dîner avec nous, je vais faire des pattes sautées proposa leur mère.

— Ils ont sans doute du travail maman… ils n’auront peut-être pas le temps, tu sais.

— On verra.

Les Nguyễn Văn Lô gouttèrent encore un peu à cette fin d’après midi au bord de la piscine jusqu’à ce que la sonnette retentisse.

— Bougez pas, j’y vais ! annonça Mathias. Il attrapa au passage la première serviette venue et l’enroula autour de ses reins avant d’aller ouvrir la porte à ses copains. Sur le perron se trouvaient les deux frères Jarosz.

— Salut mec ! Hé bien il y en a qui ne s’emmerdent pas pendant que les autres sont en cours.

— Comme tu vois !

— Tiens voici les cours que tu m’as demandés.

— Tu voulais me voir ? demanda Stan.

— Ouais, j’ai quelques petites choses à voir avec toi. Ça ne te dérange pas Iwan si on discute en privé quelques minutes ?

— Pas de problèmes, on va peut-être aller dire bonjour à ta mère…

— Elles sont sur le bord de la piscine… au fait, ma mère voulait vous inviter à manger ce soir…

— OK, mais on ne voudrait pas rentrer trop tard, on a cours demain.

Les jeunes gens s’approchèrent de la piscine où ils trouvèrent les deux femmes drapées dans des paréos colorés confortablement installées sur les transats. La mère de Mathias les accueillit et réitéra son invitation, pendant que Sophie demeurait silencieuse, retranchée derrière ses lunettes de soleil. Les garçons la saluèrent et elle répondit d’un geste de la main. La manière dont Stan la dévorait du regard n’échappa pas à son frère.

— Tu viens ?

Stan et Mathias se rendirent dans la chambre de ce dernier, pendant que Lan Anh appelait Rosa pour lui dire que ses fils restaient manger. Elle promit qu’ils ne rentreraient pas trop tard. Iwan demeura auprès de Sophie, mais celle-ci ne décrocha pas un mot.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Stan, t’es un mec sympa, mais fiche la paix à ma sœur. Ne l’approche plus !

— Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

— Sophie m’a tout raconté, elle m’a parlé de Justine.

— Ah… Justine… mon ex…

— Ouais… je l’ai appelé, elle est complètement dingue. Je te jure que si elle approche Sophie et lui fait le moindre mal, elle le regrettera.

— Parce que tu crois que je vais la laisser faire ?

— Sinon, c’est chouette ce que vous avez fait pour elle, si mes parents savaient, surtout ma mère, elle en ferait toute une histoire et Sophie ne pourrait même plus bouger une oreille. Tes parents sont bien.

— On fait tout ce que l’on peut pour qu’elle puisse avoir la paix.

— Ma sœur n’avait pas besoin de ça… je suppose qu’elle t’a parlé de Kim…

— Oui, je sais. Écoute, je n’ai jamais voulu tout ça. Cette fille est instable, ça fait plus d’un an que l’on a dû en faire appel à la justice, elle me harcèle depuis que l’on a rompu.

Stan montra à son ami les nombreux SMS dont elle l’inondait, les MMS pleins de photos érotiques, de vidéos… qu’il supprimait sans les regarder. 

— Mais elle est vraiment malade, c’est quoi ce look ? Elle veut ressembler à ma sœur ?

Mathias rendit son téléphone au chanteur en lui désignant le nouveau MMS qui venait d’arriver où on voyait Justine, les cheveux noir et munie de lentilles modifiant la couleur de ses iris.

— Putain c’est pas vrai ! Je ne sais plus quoi faire avec c’te folle.

— Sophie m’a expliqué, c’est vraiment pas cool ce qu’elle t’a fait, mais vu ce que mon ex a fait subir à ma sœur, je ne veux pas que ça recommence. J’ai été assez con pour laisser-faire, je le serais encore plus si je laissais cette folle faire parce que vous êtes ensemble. Alors, s’il te plaît laisse tomber et oublie un peu Sophie.

— Tu étais prêt à tout pour Kim, non ?

— Ouais !

— Je suis prêt à tout pour ta sœur, je suis amoureux, je ne veux pas d’une autre fille. Désolé, mais je ne peux pas laisser tomber sauf si j’étais certain qu’elle ne veuille vraiment pas de moi, mais ce n’est pas le cas.

— Ah ouais, qu’est-ce que tu ne comprends pas quand on te dit non ?

Mathias plaqua Stan au même instant contre le mur, ses doigts refermés sur sa gorge. Le cadet des Jarosz ne sourcilla pas pour autant.

— Si Justine n’avait pas foutu la merde, on n’aurait pas cette discussion. Je ne vais pas rentrer dans les détails, j’ai tenu ta sœur dans mes bras, je sais de quoi je parle. Sophie et moi ce n’est pas une passade ! Tu permets ?

Mathias relâcha l’autre adolescent et Stan sortit son smartphone de sa poche, ouvrit le dossier des photos et sélectionna un des nombreux clichés de Sophie et lui, beaucoup d’entre eux venaient des envoies de Justine, mais, lui et Sophie avait fait un selfie alors qu’ils étaient dans la voiture d’Iwan. Il tendit le téléphone à Mathias. Tiens ! Les autres sont bien trop personnelles pour te les montrer !

Mathias découvrit la photo où sa sœur, la tête contre Stan semblait très heureuse.

— Tu peux en regarder certaines si tu veux, ce n’est pas moi qui les ai prises… la plupart viennent de Justine… mais je ne suis pas certain que ta sœur apprécie…

— OK ça va j’ai compris. Mais je te préviens, si tu fais la moindre crasse à ma frangine, je te refais le portrait. Si Justine s’en prend à elle, elle aura affaire à moi et toi aussi.

— Tu n’as rien à craindre de ma part, je n’ai jamais forcé qui que ce soit et si je dois attendre, j’attendrais.

— T’as intérêt Sophie n’a que seize ans.

— Elle aura dix-sept ans le mois prochain et je n’ai pas vingt ans de plus qu’elle…

— T’as quel âge au juste ?

— Dix-sept, j’aurais dix-huit ans en mars.

— Je te croyais plus vieux.

— Le vieux c’est Iwan, il a 20 ans.

— Ah quand même, mais qu’est ce qu’il a foutu pour avoir vingt ans en term ?

— Changement d’orientation, il a passé un bac pro de BTP puis il a voulu reprendre un cycle général. Il n’y a que moi qui ai redoublé ma seconde, mais c’était un choix personnel avant je n’avais pas pris musique et j’ai préféré demander à redoubler ma seconde pour avoir toutes les bases des cours.

— Ah ok. Marrant ça j’ai fait la même chose sauf que j’ai aussi loupé mon bac… j’étais en cure de désintox pendant les exams… j’étais pas en état de le passer.

— On a pas vraiment eu l’occase de faire vraiment connaissance… ce que l’on sait de toi, c’est par ta sœur. Tu verras, on n’est pas des méchants, même si au lycée en ce moment c’est pas ma fête. Je me fous de ce que les gens disent, mais je te préviens, toujours grâce à Justine je m’en prends plein la gueule.

— Sophie m’a dit.

— C’était pour ça que tu voulais me voir ?

— Ouais… au fait pour rejoindre le groupe ça marche toujours ?

— Bien sûr ! Je n’ai qu’une parole, je t’ai dit : c’est OK. Au fait ta guitare, tu veux qu’on essaie de la réparer ?

— Non, si tu la veux, prends-la, je ne veux plus la voir. … Cette fille, Kim, elle m’a foutu en l’air, maintenant je ne sais plus si je l’aime ou si je la hais.

— Si elle était devant toi qu’est ce que tu ferais ?

— J’en sais rien, je l’ai dans la peau et je me déteste pour ça. Et toi Justine ?

— Je lui foutrais mon poing dans la gueule, je n’ai jamais aimé Justine, c’était juste une belle fille à baiser. Je me suis très vite rendu compte de ce qu’elle est… Même à mon pire ennemi, je ne lui souhaite pas de sortir avec elle.

— Tant que ça ?

— Ouais tant que ça… on n’était pas du tout dans le même délire elle et moi, même au lit. C’est une tordue !

— OK, bon on va rejoindre Iwan et ma sœur ?

— Yep !

— Mais souviens-toi, on ne fait pas de mal à ma petite sœur, je n’ai plus rien à perdre… et crois-moi il vaut mieux m’avoir comme pote !

— Ça va ! J’ai compris ! Et moi je ne laisserais personne lui faire du mal, j’ai ta sœur dans la peau comme toi pour Kim.

Quand ils redescendirent au jardin, ils trouvèrent Iwan en grande conversation avec Lan Anh, quant à Sophie elle était remontée dans sa chambre.

— Je vous laisse les jeunes, au fait vous mangez à la maison, j’ai appelé Rosa.

— Merci m’man !

Il n’y avait que quelques minutes que madame Nguyễn Văn Lô était dans la maison quand les trois garçons virent débouler Sophie au bord des larmes, le smartphone à la main.

— J’en ai marre ! Fais quelque chose ! ordonna-t-elle à Stan tandis qu’elle mettait le haut-parleur et lui tendait l’appareil.

La voix de Justine retentit menaçante, injurieuse. Il prit le Xiaomi rose et s’adressa à son ex petite amie.

— Tu vas lui foutre la paix ? Arrête ça tout de suite Justine. Tu approches de Sophie, tu l’appelles encore une fois ou quoique ce soit d’autres, je vais me déplacer et te passer l’envie de continuer ton harcèlement !

— On va se déplacer… renchérit Mathias.

Justine raccrocha non sans hurler un « salaud ».

Sophie était au bord de la crise d’hystérie, Mathias voulut prendre sa sœur dans ses bras, mais Stan l’avait devancé. Les regards des deux jeunes hommes se croisèrent, se jaugèrent un instant. Le cadet des Jarosz avait bien en mémoire la menace à peine voilée du frère de la jeune fille. Il la serra contre lui et les deux autres s’éloignèrent les laissant en tête à tête. Stan caressait doucement le dos et la tête de l’adolescente maintenue contre son torse où elle pleurait. Il posa son menton sur le dessus de son crâne et ils restèrent enlacés quelques minutes jusqu’à ce qu’un peu calmée, elle le repousse.

— Non Stan, on ne peut pas être ensemble, elle sera toujours là à tout pourrir. Je crois que je vais demander à mes parents de changer de lycée.

— Non !

Il prit le visage de Sophie entre ses mains et plongea son regard dans celui de la jeune fille. Comme à chaque fois, il peinait à maîtriser ses désirs face à elle.

— Dis-moi que tu ne veux pas de moi, que tu ne ressens rien ?

— Je… ce n’est pas ça, elle…

Lorsque Stan se pencha vers elle et effleura ses lèvres, Sophie ferma les yeux, elle aimait ses baisers, ses caresses et comme elle avait dit à son frère tout était confus pour elle. La bouche de Stan glissa vers son oreille et lui murmura qu’il l’aimait, qu’il était fou d’elle. Quand il revint à ses lèvres, ils échangèrent un baiser plein de passion, torride.

— Laisse-moi du temps Stan, règle tes problèmes avec Justine… tant qu’elle sera là, elle nous pourrira l’existence.

À cet instant, le jeune homme prit sa décision. Il allait régler le cas de son ex. Quand ils revinrent vers Iwan et Mathias, ce dernier adressa un regard à Stan, un regard qui lui promettait de s’occuper de son cas si Sophie devait pâtir encore de son histoire avec cette jeune femme déséquilibrée. L’adolescente était perdue, tiraillée entre ses sentiments pour le cadet des Jarosz, ses craintes face à ses émotions, la terreur que lui inspirait Justine. Et Stan qui paraissait faire semblant de ne pas comprendre. Elle avait peur aussi du jeune homme, de sa réputation auprès des filles. Sophie craignait de se retrouver le cœur en miettes.

Quand sa mère les appela pour passer à table, ce fut un soulagement et plus encore lorsqu’une fois le repas fini, les deux frères prirent congé.

Dès que la Clio d’Iwan démarra, Stan se retourna vers son frère.

— Attends, je voudrais régler le problème de Justine, ça te dérange si on ne rentre pas tout de suite ?

— Qu’est ce que tu veux faire ?

— Avoir une discussion face à face.

— OK, pourquoi pas.

Stan envoya aussitôt un SMS à Justine lui demandant de le retrouver près du stade Pierre Dupont, sur l’un des bancs de l’ancien terrain de pétanque. Justine habitait le quartier et y serait avant eux. Il reçut la réponse sans tarder.

« Qu’est ce que tu veux ?

Je voudrais qu’on discute ! Mais pas au téléphone.

OK, je t’attends sur le banc près du premier pont, on sera tranquille.

OK je serais là d’ici 10 min un quart d’heure tout au plus. »

— Elle a accepté ?

— Oui on la retrouve au parc près du stade Pierre Dupont.

— OK, ça marche ! Préviens les parents qu’on rentre pas tout de suite à cause de Justine.

Stan s’exécuta.

— Ne rentrez pas trop tard.

— On ne sera pas bien loin, on va au stade Pierre Dupont.

En effet, le Stade Pierre Dupont et le petit espace boisé le long du ruisseau permettait de se promener et d’avoir un endroit tranquille. Justine habitait de l’autre côté de la voie rapide, dans l’un des pavillons derrière la cité de Bien-Assis. Un ensemble d’immeubles et de tours battis à la fin des années 60. Quant aux Jarosz, ils vivaient pas bien loin non plus dans la zone pavillonnaire à un bon kilomètre de la cité.

Iwan se gara quelques minutes plus tard sur le parking près du stade. Les deux jeunes hommes descendirent du véhicule et s’avancèrent vers l’espace boisé. Ils ne tardèrent pas à distinguer la silhouette de Justine assise sur le banc qu’elle avait indiquée.

— Je te laisse, je vais m’asseoir un peu plus loin, je ne fais pas confiance à cette fille.

— De quoi tu as peur ?

— J’en sais rien, à mon avis elle est capable de te tirer dessus ou d’avoir un couteau… Méfie-toi.

Stan mit une tape affectueuse sur l’épaule de son frère et s’avança vers Justine qui se leva à son arrivée. Comme toujours, elle était impeccable jusqu’au bout des ongles, pas une mèche de ses cheveux noirs ne dépassait, elle avait même revêtu une jolie robe un peu sexy qui dévoilait ses jambes longues et fines et mettait en valeur sa poitrine ronde. Justine était une belle femme parfaitement consciente de son effet sur la gent masculine, sauf qu’elle n’avait plus aucun attrait pour Stan et tous ses efforts pour lui ne servaient à rien. Il la trouvait jolie, mais froide et ne ressentait aucun désir pour cette jeune femme. Quand il la voyait même, il se demandait ce qui avait pu l’attirer à part sa plastique.

Elle s’approcha de lui, charmeuse, prête à passer ses bras autour de son cou, mais il la repoussa encore une fois.

— Mon nouveau look ne te plaît pas ?

— T’es complètement malade ! Tu crois que c’est en tentant de ressembler à Sophie que je vais m’intéresser à toi ? Viens, marchons !

Le couple se dirigea vers le petit pont enjambant le ruisseau et emprunta le sentier arboré, les rendant invisibles depuis la route ou le stade à cette heure tardive. La nuit leur permettait de se faire discrets. Iwan ronchonna et décida de quitter son banc pour suivre les deux jeunes gens. Il distinguait à peine leur silhouette, mais pensait pouvoir intervenir rapidement en cas de problèmes.

Justine voulut prendre la main de Stan, mais celui-ci se dégagea et la saisit par le bras de manière brusque.

— Que veux-tu Stan ? demanda la jeune fille se rendant compte qu’il n’était pas là pour ses beaux yeux et qu’elle ne gagnerait rien à vouloir le charmer.

— Laisse Sophie tranquille !

— Tu étais encore avec cette traînée, je vais tuer cette pute! hurla-t-elle.

— Ça suffit Justine ! Arrête ça ! Il n’y a rien avec Sophie, mais toi et moi c’est fini ! Tu m’entends ? FINI !

Justine se retourna, des larmes de rage inondaient ses joues fardées, elle frappa Stan sur le torse en hurlant des menaces, hystérique, elle se déchaînait sur lui, refusant la vérité. Excédés Stan lui asséna une paire de gifles. Justine chancela et se rua telle une furie sur son ancien amant. Le jeune homme tenta d’éviter les coups. Malgré la différence de taille, Justine n’y allait pas de main morte, elle voulut se saisir de ses cheveux et Stan pour se défendre lui envoya un direct en pleine face. La jeune femme partit en arrière et tomba sur le sol terreux jonché des premières feuilles de l’automne. Devinant la scène, Iwan accourut. Il trouva la jeune femme étendue sur le sentier, inconsciente.

— Stan ! Qu’est-ce que tu as fait ? Mais tu es fou !

Il se pencha sur le corps inerte, prit le pouls et rassuré de le sentir, il s’apprêtait à appeler les secours quand il vit son frère s’en aller.

— Stan ! Stan !

Il courut derrière son cadet et le saisit par le biceps.

— Où tu vas ?

— Je rentre !

— Mais Justine…

— Quoi Justine ? Elle n’est pas morte ?

— Non…

— Dommage, elle me foutrait la paix ! Je te jure, un jour je vais la butter !

— Mais enfin, elle a peut-être une commotion, elle va peut-être ne jamais se réveiller, tu as perdu la tête ?

— Non ma tête va très bien, je me fous de Justine. Tu crois qu’elle s’est posé la moindre question quand elle m’a drogué et violé ? Si vous n’étiez pas arrivé c’est autour de mon cercueil que tu viendrais pleurer pas sur cette pétasse ! Qu’est-ce qu’il te faut ? Te rappeler ce qui s’est passé ? J’étais en détresse respiratoire sans vous je serais mort aujourd’hui ! MORT ! Tu entends ? MORT Alors, elle peut crever, j’en ai rien à foutre. Comme ça elle me foutra peut-être la paix !

— Ça pourrait nous coûter cher !

— Mais t’inquiète pas ! Tu fais ce que tu veux, mais moi je rentre.

Iwan soupira, mais suivit son frère jusqu’à la voiture, ils rentrèrent tout de suite. Cinq minutes plus tard, la Clio franchissait le portail des Jarosz. Iwan avait lourdement insisté pour que Stan explique à ses parents ce qui s’était passé. Quand ils entendirent son récit, la réaction ne se fit pas attendre.

— Mais tu es tombé sur la tête et toi ça ne vaut pas mieux ! Comment as-tu pu laisser ton frère faire pareille bêtise ?

Iwan baissa la tête et resta silencieux.

— J’en ai marre, combien de temps elle va me pourrir encore la vie, menacer, insulter Sophie ? C’est devenu sa tête de Turque. Justine l’appelle n’importe quand pour l’insulter, elle la harcèle et vous voudriez que je reste sans rien faire ? Après ce qu’elle m’a fait ? Maintenant, elle essaie de ressembler à Sophie, la prochaine fois ce sera quoi ? Cette fille est malsaine. Putain pourquoi j’ai été la baiser !

— On a jamais dit ça, mais il faudrait réfléchir avant de faire n’importe quoi ! Qu’est ce que vous aviez en tête tous les deux ? Justine aurait pu se tuer en tombant. Tu veux foutre ta vie en l’air ? Et si tu pensais avec ta cervelle au lieu de te servir de ce que tu as entre les jambes, nous n’aurions pas cette discussion, on va aller voir où se trouve cette jeune fille et nous en rediscutions à notre retour, les invectiva leur père.

— Je me suis défendu !

— Qu’est-ce que vous aviez besoin d’aller là-bas ?

Leurs parents s’en allèrent et Iwan demeuré jusque là silencieux attendit que la voiture démarre et se tourna vers Stan :

— On va prendre cher à cause de tes conneries ! Tu peux être sûr qu’ils ne vont pas nous louper !

— Que voulais-tu que je fasse ? Que je la laisse me taper dessus ? Toi aussi tu vas t’y mettre ?

— Tu les cherches !

— Quoi je les cherche ?

— Le paternel n’a pas tout à fait tort… tu réfléchis avec ta queue et pour le reste tu t’en fiches… Je t’avais dit de ne pas sortir avec cette fille, mais non il a fallu que tu la sautes ! C’est pareil pour Sophie, je t’avais prévenu… ne me dis pas que Mathias t’a fait des civilités, je n’ai pas eu l’impression qu’il était super ravi quand il t’a demandé à te parler. Et le groupe, il va devenir quoi ? Tu comptes t’envoyer toutes les groupies ?

— Non, mais ça va pas ? Voilà que maintenant j’ai petit père la vertu… je te rappelle que tu n’es pas le dernier à changer de fille tous les quatre matins !

— Certes, mais je ne m’envoie pas tous les culs qui passent. Si tu continues comme ça, tu vas devoir choisir… Le groupe ou tes parties de jambes en l’air ! On a trouvé un super guitariste, tu ne vas pas tout gâcher !

— Voilà autre chose maintenant !

De rogne Stan monta dans sa chambre et s’y enferma malgré les vindictes de son frère.

— Stan !

Monsieur Jarosz gara sa voiture à son tour près du parc, prit une torche et se rendit avec sa femme à l’endroit où Stan avait prétendu s’être disputé avec Justine, la jeune fille n’y était plus, par acquit de conscience ils fouillèrent les bords du ruisseau, ne trouvant rien ils continuèrent la promenade. Distinguant à peine une silhouette sur un des bancs à l’ombre de grands chênes, ils s’avancèrent et trouvèrent Justine assise seule sur le siège de bois. Lorsqu’il éclaira son visage, les larmes ruisselaient sur ses joues, ses cheveux en bataille étaient parsemés de feuilles mortes.

— Justine ?

— Monsieur Jarosz ?

Rosa serrait les poings, l’envie de gifler la jeune femme à son tour était forte après tout ce qu’elle avait fait.

— Bon tu sembles aller bien, lui répondit Bohdan. J’aimerais que tu cesses d’importuner mon fils et ses amis. Si tu cesses tes manigances, ton espionnite et tes accès de parano, on retirera nos plaintes pour harcèlement ; quant au… viol de Stan on ne peut pas passer outre. Il ne tient qu’à toi de mettre fin à tout cela.

— J’aime Stan… et…

— Tu es jeune et Stan n’est qu’un gamin, tu pourras trouver un jeune homme ailleurs, change de ville et si tu as besoin d’aide, je peux t’aider, mais oublie notre famille.

Justine se leva comme mue par un ressort et se mit à hurler comme elle l’avait fait peu de temps avant contre Stan.

— Faut vous calmer jeune fille ! s’agaça Rosa.

— Oh toi la vielle pute, ferme ta gueule !

Le sang de Rosa ne fit qu’un tour et c’est son mari qui intercepta le coup que sa femme s’apprêtait à donner à la jeune fille.

— Oh oh, on se calme ! Monsieur Jarosz ceintura la folle furieuse et l’obligea à se rasseoir. Tu devrais te faire soigner !

Elle hurla de plus belle, hystérique.

— Rentrons Bohdan, il n’y a rien à en tirer ! Il faut l’enfermer ! Cette fille est complètement folle. Demain, j’appelle ses parents !

Les Jarosz abandonnèrent Justine sur le banc et s’en allèrent, se disant qu’ils avaient fait leur devoir.

— Cette fille a des soucis psychologiques, il faut qu’elle se fasse soigner, ce n’est pas normal de se comporter ainsi. Punaise, ça m’a démangé de lui en coller une.

— Ne m’en parle pas. Bon il faut qu’on se décide pour nos deux lascars…

— Je me rangerais à ton avis, affirma Rosa en posant sa main sur celle posée sur le levier de vitesse.

Quelques instants plus tard, monsieur Jarosz se gara dans l’allée de la villa. Une fois entrée dans la maison il appela ses fils et tous quatre se rendirent dans le bureau. Bohdan appuyé contre le secrétaire Rosa dans le fauteuil derrière celui-ci.

— Asseyez-vous, leur ordonna-t-il en désignant deux sièges.

Les deux frères prirent place en attendant le verdict parental.

— Votre mère et moi avons pris notre décision. Ce que vous avez fait est grave, même si Justine est comment dire, pénible, et que ce qu’elle a fait aurait dû l’envoyer en prison, la laisser sur un sentier en pleine nuit alors qu’elle aurait pu avoir des complications, ce n’était vraiment pas malin. Moi aussi j’ai eu envie de lui tordre le cou, mais on ne peut pas faire n’importe quoi.

— Papa…

— Il n’y a pas à discuter, vous vous êtes comporté comme les derniers des andouilles ! Je comprends, ne vous dites pas le contraire, mais il y a une plainte contre elle et ça pourrait se retourner contre toi. Imagine qu’elle porte plainte pour coups et blessures. Disons que tu as des circonstances atténuantes… le week-end prochain, vous serez privés de sortie et vous allez venir bosser avec moi samedi, il y a des travaux à faire dans la maison de campagne.

Ladite maison de campagne était celle des grands-parents de Bohdan, il en avait fait une belle maison de campagne de cette ancienne ferme en pierres. De temps en temps, la famille y passait le week-end et quand les enfants désiraient recevoir des amis, elle servait de gîte pour ces jeunes fêtards. La demeure isolée permettait de ne pas déranger de potentiels voisins.

— Mais la répétition…

— N’insiste pas parce que vous pourriez vous retrouver punis pour plusieurs week-ends.

— OK… on viendra samedi… et mercredi on pourra aller répéter ?

— Non! Votre père vous trouvera bien de l’occupation !

— Oui maman !

— Allez foutez le camp, allez dans vos chambres et toute la semaine interdiction de sortir ou d’aller voir qui que ce soit !

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Un de mes personnages ? Cathal http://www.nathy.fr/un-de-mes-personnages-cathal/ http://www.nathy.fr/un-de-mes-personnages-cathal/#respond Mon, 09 Sep 2019 18:50:28 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1364 J’ai envie de vous parler un peu de mes personnages, ces « vampires » que vous rencontrez au fil de vos lectures de mes romans… Le premier sera Cathal. Pourquoi ? Parce que c’est le premier que j’ai créé. Le contexte ? J’avais comme projet d’écrire une longue histoire à propos d’un […]

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J’ai envie de vous parler un peu de mes personnages, ces « vampires » que vous rencontrez au fil de vos lectures de mes romans…

Le premier sera Cathal.

Pourquoi ? Parce que c’est le premier que j’ai créé.

Le contexte ?

J’avais comme projet d’écrire une longue histoire à propos d’un vampire au cours de l’Histoire… ça faisait déjà pas mal d’années que je faisais des recherches sur le sujet, mais pas que… je suis aussi allée sur certains forums et communautés américaines un peu particulières… mais chuuuut !!!

Bref on est en 2009, on est en pleine folie twilightesque, la première saison de Trueblood… de mon côté, je suis surchargé de boulot en 3D, je bosse 15H/jour et je suis au bord de m’écrouler j’ai besoin de souffler. J’atterris par hasard sur un forum : The Dark Moon du nom d’un roman éponyme.
J’y ai rencontré de supers copains et copines avec qui je suis devenue amie pour certains membres du dit forum. On y parle que de vampires littéraires et cinématographiques. Certaines écrivent et c’est là que je rejoins le petit cercle des auteurs de TDM.

Sauf que moi les gentils vampires à la Édouard Cullen ça me gonfle. Le côté gentil vampire tout mignon, propre sur lui, puceau à plus de 100 ans…. bref vous m’avez compris.

Du coup je prends la plume virtuelle et je couche les premières lignes de Dark-Side et donc Cathal voit le jour.

Je ne voulais pas d’un gentil vampire sorti à peine de l’adolescence. Je voulais un homme adulte, Cathal a entre 35 et 40 ans quand il est vampirisé. C’est un guerrier depuis son plus jeune âge et ce n’est pas un tendre.
Alors ça peut choquer certaines personnes, en amuser d’autres… mais Cathal c’est tout l’inverse du héros. Il a un fichu caractère, il n’a pas d’état d’âme, tuer c’est son boulot. Quand il veut quelque chose ou quelqu’un, il fait ce qu’il faut pour l’obtenir quitte à harceler et à dépasser les limites.

La violence, la torture, le meurtre font partie de sa vie. C’est un personnage extrême, mais il n’a pas que de mauvais coté c’est aussi un mec droit dans ses chaussettes par certains côtés : fidèle en amitié, en amour aussi. Le mec qui ne vous fera pas de coups tordus dans le dos et intransigeant… Ce qu’il exige de lui même il l’exige des autres…

Pour moi les vampires sont tous des survivants, qui ont passé des décennies parfois des siècles, voire des millénaires à se battre pour survivre. Ça ne peut pas être des enfants de chœur.

À la base donc Dark-Side a été conçu comme une romance entre un vampire guerrier : Cathal et une humaine de notre époque avec la confrontation de deux mondes, deux manières d’appréhender les choses. Une suite de batailles entre les deux. Chacun prend des coups, chacun gagne et perd des batailles. Il y a donc des blessures au corps et à l’âme.

Voilà Cathal c’était donc un personnage aux antipodes du valeureux chevalier sans peur et sans reproches, parfait… Je l’ai voulu brutal, opiniâtre, un peu tordu, colérique, mais aussi un être plein de contradictions, passionné. Je voulais susciter des réactions…

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Chapitre 8 http://www.nathy.fr/chapitre-8/ http://www.nathy.fr/chapitre-8/#comments Mon, 09 Sep 2019 06:00:50 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1361 Chapitre 7 Chapitre 9 Sophie se sentait brisée, elle avait vu les larmes poindre dans les yeux de Stan, quant à elle, elle avait fait son possible pour lui cacher les siennes. L’adolescente mourrait d’envie de se pelotonner dans ses bras, de se laisser aller contre lui et de répondre […]

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Sophie se sentait brisée, elle avait vu les larmes poindre dans les yeux de Stan, quant à elle, elle avait fait son possible pour lui cacher les siennes. L’adolescente mourrait d’envie de se pelotonner dans ses bras, de se laisser aller contre lui et de répondre à ses baisers, à ses caresses, mais il y avait Justine encore et encore Justine. En cet instant, elle ressentait le besoin de se laisser aller, elle avait eu tant envie de faire demi-tour, retrouver le jeune homme et lui dire tout ce qu’elle éprouvait, mais elle n’en fit rien, elle monta dans sa chambre et se laissa aller. Elle étouffa ses sanglots contre l’oreiller qu’elle sera fort comme elle rêvait de faire pour le jeune homme qu’elle entendit chanter dans la chambre voisine. Elle dormit peu, lui aussi. Elle se fit même violence pour ne pas aller frapper à sa porte, le rejoindre aurait été tellement plus simple.

****

Justine entra dans une rage folle quand elle se rendit compte que son compte Facebook était bloqué, que ses photos et vidéos avaient été supprimées suite à des « abuses« . Quand elle se rendit sur YouTube et les autres réseaux sociaux, il en était de même. Les parents de Stan ou lui-même n’avaient pas traîné pour tout faire supprimer. Les parents de la jeune femme l’entendirent hurler dans sa chambre, jeter des choses contre le mur. Sa mère alla frapper à la porte de sa chambre et comme sa fille ne répondait pas, elle entrouvrit la porte, la chambre était dans un état pitoyable, les photos avaient été arrachées, il manquait du papier peint par endroit, des débris jonchaient le sol et Justine au milieu de tout cela semblait être devenu folle. Sa fille se précipita vers elle et lui hurla de dégager. Sa mère referma la porte précipitamment apeurée face à Justine.

— Mon Dieu, elle est devenue cinglée.

****

Le matin quand elle descendit déjeuner, un bol de céréales, du jus d’orange, du thé l’attendaient avec un joli set de table et un soliflore. Stan s’installa face à elle et lui sourit avant de lui souhaiter un bon appétit. L’adolescente feignit de ne rien voir et garda le nez baissé vers son bol.

Les autres membres de la famille arrivèrent les uns après les autres, ils prirent leur petit déjeuner, certains avec du café, d’autres avec du chocolat au lait. Iwan arriva au moment où Sophie quittait la table.

— Stan va t’emmener, je commence à 9 heures.

— Je peux prendre le bus.

— Si tu veux attraper le bus, il aurait fallu te lever plus tôt… tu l’as dans cinq minutes…

— Euh…

— Il va falloir t’habituer, ici ce n’est pas Paris, soit tu marches, soit tu prends le bus ou bien tu pars avec mon frère.

— Ne t’inquiète pas, je ne suis pas un fou, je vais prendre soin de ma passagère. À quelle heure finis-tu les cours ?

— Merci c’est gentil, mais

— Tu veux peut-être y aller à pied ? Tu connais le chemin ? Tu en as au moins pour trois quarts d’heure, voir une petite heure… sans traîner et je crois que tu seras en retard. Alors tu y vas avec Stan ?

— OK je vais me préparer et je finis à 18 heures.

— OK alors c’est moi qui vais te ramener ce soir affirma Iwan.

Vingt minutes plus tard, Sophie monta à l’arrière de la moto de Stan et s’agrippa aux poignées de chaque côté de la selle. Après un peu plus de vingt minutes de trajet au travers de la circulation dense du matin, le cadet des Jarosz arrêta sa machine sur le parking dédié du lycée. Elle lui tendit le casque qu’elle avait emprunté à Éva et s’apprêtait à se diriger vers les bâtiments quand il l’attrapa par le poignet.

— Attends, tu es toute décoiffée.

Stan lui remit quelques mèches en place et la laissa partir. Le regard de Justine suivit le moindre geste des deux adolescents et quand elle s’éloigna, tous les élèves étaient déjà entrés en cours. À peine entrée en cours, un pion vint la prévenir qu’elle était convoquée dans le bureau du CPE. Monsieur Antonionni lui signifia qu’elle risquait de passer en conseil de discipline si elle ne cessait pas ses agissements. Les Jarosz l’avaient prévenu  des problèmes que rencontraient leurs fils dans l’enceinte même du lycée à cause des photos qui s’échangeaient entre les élèves. 

Sur le passage de Stan ce n’était que chuchotements, insultes à peine dissimulées et parfois criées sans qu’il puisse savoir qui les avait dites. Les regards pleins de mépris d’une bonne partie des lycéens, mais le pire ne se passait pas encore au sein de l’établissement. L’ambiance en cours était à peine plus agréable, les autres élèves l’observaient à la dérobée, les petits sourires moqueurs. Personne ne s’en prenait physiquement à Stan d’une part il en imposait suffisamment pour que les autres élèves ne tentent pas de s’en prendre à lui directement et puis Iwan était craint, le cyberharcèlement , lui par contre, ne faisait que commencer.

Une fille de la classe de Sophie vint la voir, une petite rousse du nom de Chloé, une fille du genre fashion victime avec les dernières fringues à la mode tout comme la coiffure et le maquillage.

— Tu sais tu devrais éviter de traîner avec les Jarosz, surtout avec Stan. Il y a du monde qui t’a vu arriver avec lui. Tu as l’air sympa et lui c’est un gros connard. Avec ce qui se passe ce serait dommage pour toi de t’en prendre plein la figure.

— Merci de me prévenir, mais je n’ai guère le choix, pendant l’absence de mes parents je reste dormir chez ses parents. Stan n’est pas un de mes potes !

Même si elle avait remercié Chloé, Sophie n’appréciait pas ce qui se passait, même si elle repoussait Stan, elle le trouvait sympa et il lui plaisait tant… mais il était évident que sa décision de refuser de sortir avec lui avait été une bonne résolution. Quelques personnes se retournaient sur elle, mais elle était bien décidée à ne pas leur donner la moindre occasion de s’en prendre à elle.

Le soir lorsque Stan voulut reprendre sa moto, les pneus comme la selle étaient lacérés, et le réservoir tagué d’insultes. Le jeune homme serra les poings et appela son père afin de le prévenir de ce qui s’était passé. Monsieur Jarosz quitta son bureau et vint le chercher sans oublier de faire constater les dégâts à l’administration du lycée ainsi qu’aux forces de l’ordre.

— Cette histoire devient impossible, ce sera quoi la prochaine fois ?! Ta mère a déposé une nouvelle plaine contre Justine à propos de ce qu’elle a posté sur les réseaux sociaux, hélas ce qui est enlevé d’un côté réapparaît de l’autre. S’il faut, on te changera de lycée.

— Papa ! Pas question comment veux-tu que je puisse répéter et je ne veux pas baisser les bras à cause de cette folle !

— Ah oui et quand tu te feras démonter le portrait tu lui diras merci aussi ?

— Je ne pense pas qu’on s’en prendra à moi… et puis personne n’a envie de mettre Iwan en rogne.

— Ton frère ne sera pas toujours pour te sauver les fesses.

— De toute façon, je ne changerai pas de lycée !

— Stan !

— Non ! Il en est hors de question…

— Je ne suis pas le seul à le penser, ta mère, tes frère et sœurs ainsi que le CPE.

— Non ! Non !

— On en rediscutera plus tard ! Il ne manquerait plus qu’ils s’en prennent à la voiture de ton frère. Pendant quelque temps il vaudrait mieux que vous preniez le bus ou que l’un d’entre nous vous emmène et vienne vous rechercher.

— C’est bon on n’est plus à la maternelle !

— Stan ! le rabroua son père.

Comme le lui avait dit Iwan, Sophie rentra avec celui-ci. Les gens se retournaient sur eux, mais personne ne fit la moindre remarque même si les regards étaient plus appuyés. Une fois installés dans la Clio Iwan tenta de lui parler de Stan.

— Laisse tomber, je n’ai pas envie d’avoir des emmerdes. Ce que j’ai dit à propos des potes de mon frère est encore plus vrai. Une fois revenue chez moi, je suppose que vous allez reprendre les répétitions et ça serait bien que vous m’oubliez tous les deux. Mathias et moi on a chacun nos amis et c’est très bien ainsi. Il a toujours le chic pour trouver les emmerdes et visiblement Stan et lui ont les mêmes penchants.

Il voulut insister, mais Sophie lui coupa aussitôt la parole.

— Tes parents et tes sœurs sont adorables, mais je vais rentrer chez moi c’est préférable. Je peux bien rester deux ou trois jours seule.

— Alors j’en doute, va dire ça à ma mère, pas à moi. Pas de soucis je peux te laisser chez toi, mais elle viendra te rechercher.

— Ah oui ? Ta mère ne va pas m’emmener contre mon gré.

— Ça se voit que tu ne la connais pas encore !

Dès son arrivée chez les Jarosz, elle se rua vers la chambre qu’elle occupait et s’y enferma afin de travailler et d’éviter Stan. Peu avant de passer à table, sa mère l’appela et l’informa qu’elle rentrait le dimanche soir avec Mathias, elle viendrait la récupérer elle-même chez les Jarosz. Son père quant à lui ne rentrerait que le mercredi suivant. Elle n’avait pas eu son mot à dire, elle devait s’y résoudre, Sophie allait donc passer le week-end dans cette demeure. Lan Anh venait de raccrocher lorsqu’Alexy vint la prévenir qu’ils passaient à table.

Rosa lui apprit que madame Nguyễn Văn Lô l’avait informée de son retour pour le dimanche soir.

— Si tu as besoin d’aller quelque part, de voir des amies.

— Je vais à Clermont samedi, si ça te dit je peux t’embarquer lui proposa Éva. On se fera une sortie entre filles ajouta-t-elle en lui adressant un clin d’œil complice.

— Merci c’est gentil.

— On rentrera un peu tard, je retrouve des copines et on va à un concert à la Coop de Mai, je crois que tu connais la sœur de Manon, Pauline ?

— Ah oui? Vous allez voir quoi? demanda Stan.

— On va au Show Case Club, il y aura divers artistes.

— Je peux venir ?

— Non désolée pas de mecs avec nous… c’est une sortie entre filles, qu’est-ce que tu n’as pas compris ?

— De toute façon on doit préparer le concert pour le mois prochain renchérit Iwan, donc répétition samedi après-midi !

— C’est bon, j’ai compris on ne veut pas de moi ! maugréa Stan en quittant la table de fort mauvaise humeur.

Après qu’il eut quitté la pièce, leur mère fit remarquer qu’il passait une mauvaise période et que ce serait sympa d’être un peu plus gentil avec lui.

— La sortie était prévue ainsi depuis des semaines.

— Le problème n’est pas , fit remarquer Iwan. Cette histoire avec Justine est vraiment pourrie, mais il y a un autre souci, mais ce n’est pas à moi à en parler.

Son regard croisa celui de Sophie à cet instant, elle saisit le message et apprécia qu’Iwan ne parle pas de ce fait devant elle, lui évitant ainsi de se retrouver fort mal à l’aise.

— Demain, je vous emmène tous au lycée pour huit heures prévint Rosa.

— Maman… ! protesta Iwan.

— Pas de discussion, on en a décidé ainsi votre père et moi, pendant quelque temps on vous emmènera et on viendra vous chercher. Tant que la situation ne s’améliorera pas et au besoin on vous changera de lycée.

— C’est quoi cette histoire ? J’ai le bac à la fin de l’année, Stan est en première, on ne va pas changer maintenant à cause de cette dingue.

— On en a discuté avec votre CPE.

— Demain, on va aller le voir ! Depuis quand un Jarosz se laisse marcher sur les pieds ?

— Ce n’est pas ça, je ne voudrais pas que vos études en pâtissent.

— Vos parents on peut-être raison, ce serait peut-être préférable fit remarquer Sophie. On a bien quitté Paris...

— Non ! Je ne changerai pas… et personne ne pourra m’y obliger.

Les deux frères n’avaient aucune envie d’être amenés au lycée par leurs parents, aussi le trajet jusqu’au George Sand se fit en silence, Sophie, assise à l’arrière aux côtés de Stan, regardait les rues défiler le nez contre la vitre sans lui porter la moindre attention, quant à lui, taciturne, le jeune homme ressassait les évènements depuis ce fatidique samedi. Peu à peu, il prenait la pleine mesure de sa situation. L’une des raisons pour laquelle Sophie le repoussait. Après tout Justine l’avait menacée et Sophie n’était qu’une gamine de seize ans qu’il connaissait à peine. Stan pendant ce trajet faisait le point, il finit par conclure qu’il avait un peu cherché la situation en passant d’une fille à l’autre sans se préoccuper de leurs sentiments.

Il reconnaissait enfin qu’il s’était souvent comporté comme le dernier des cons, entre autres avec Justine et aujourd’hui, il en payait le prix… sil le reconnut en son for intérieur il n’était pas près de l’admettre devant qui que ce soit… plus tard, peut-être.

****

Justine s’observa dans le miroir de la salle de bain, elle aimait le reflet qu’il lui renvoyait, elle avait fait couper ses cheveux afin qu’ils lui arrivent  au niveau de la poitrine, elle les avait teints en noir et les avait lissé après avoir réalisé un maquillage léger comme le faisait Sophie d’après ce qu’elle avait jugé sur les photos faites par sa cousine. Mais il était évident qu’elle n’avait rien d’une Asiatique avec ses yeux bleus. Elle chercha sur le net et acheta plusieurs paires de lentilles colorées. Elle écuma les sites de maquillage coréens et acheta tout un assortiment ainsi que des patchs collants dans l’espoir de modifier les traits de son visage.

****

Dès qu’ils arrivèrent au lycée, les jeunes gens se séparèrent et chacun partit vaquer à ses occupations. Les cours s’enchaînèrent les uns à la suite des autres et la semaine fut enfin terminée. À dix-sept heures, la voiture d’Éva se gara sur le parking visiteur, la jeune femme récupéra ses deux frères et Sophie, arrivés devant la villa, Stan et la jeune fille descendirent.

— Iwan et moi nous avons une course à faire et Alexy à aller chercher, on sera tous de retour vers vingt heures, on vous laisse la maison. Profitez donc de la piscine !

Sophie monta jusqu’à sa chambre, jeta son sac de cours sur le lit. Cette journée de septembre avait été particulièrement étouffante, une douche plus tard, elle enfila le maillot deux pièces, noua un paréo autour de ses reins, prit un drap de bain et descendit au jardin afin de faire quelques longueurs de piscine. Cette belle journée serait sans doute une des dernières à la douceur estivale, aussi Sophie était décidée à en profiter bien qu’elle ne soit pas chez elle. Il lui tardait de rentrer, de retrouver sa chambre et de revoir son frère. Un petit pincement au cœur à l’évocation de Mathias l’étreignit. Il lui tardait cet instant et elle le redoutait à la fois.

L’adolescente posa sa serviette et son téléphone sur l’un des transats de toile écrue et elle plongea dans l’onde tiède.

De sa chambre Stan la suivit du regard, il observa chacun de ces gestes, glissa sur ses courbes fines. Le souvenir de leur brève étreinte devant la boîte de nuit le week-end précédent lui revint en mémoire. Il devait saisir sa chance, il était hors de question que Justine se mette entre eux. Décidé, il prit une douche expéditive et enfila son maillot de bain avant de descendre piquer une tête dans la piscine. Sophie ne découvrit sa présence que lorsqu’il surgit de l’eau près d’elle, le corps ruisselant, sa peau dorée scintillant au soleil. Elle remarqua alors le tatouage tribal sur son épaule, Stan secoua sa longue chevelure de jais et son regard se posa sur elle, troublant. La jeune fille était à le regarder sans bouger, découvrant les lignes de son corps finement musclé. L’envie de poser ses mains sur lui, de découvrir la chaleur de sa peau humide. Aussi quand il s’approcha d’elle et qu’elle se retrouva entre Stan et la paroi de la piscine, Sophie ne bougea pas. Le contact de son corps contre le sien la troublait, aussi quand il l’enlaça et l’embrassa, elle le laissa faire. Les deux jeunes gens échangèrent un lent baiser. Une volée de papillons s’agitait dans le bas ventre de la jeune fille. Il lui arracha un long gémissement avant de la prendre dans ses bras et de la sortir de l’onde pour l’allonger sur la pelouse drue. Le jeune homme s’étendit contre elle, explora ses courbes pendant que Sophie lui rendait ses caresses, ses baisers. Et quand il vint sur elle, Sophie répondit à ses légers mouvements de bassin. Le désir enflait entre eux au point qu’elle lui avoua avoir envie tout autant que lui de faire l’amour. En cet instant, elle mourait d’envie de s’abandonner dans ses bras. Stan s’apprêtait à se relever pour l’emporter jusqu’à sa chambre quand le téléphone de Sophie bipa en rafale, annonçant l’arrivée de plusieurs MMS. L’adolescent grogna de frustration devant l’insistance de cet interlocuteur qui non content d’envoyer de nombreux messages appelait avec insistance. Il n’avait qu’une envie attraper le portable et le jeter dans la piscine.

À bout de souffle face aux baisers brûlants de Stan, Sophie le repoussa doucement.

— Attend je vais répondre.

— Dépêche-toi !

Il se leva et vint derrière elle, déposant ses lèvres dans son cou, Sophie frissonna et gloussa de désir pendant qu’elle faisait glisser son pouce sur l’écran tactile. Stan lui murmura qu’il l’aimait, il s’apprêtait à la retourner quand elle se crispa, Stan releva le visage enfouit dans la chevelure de la jeune fille et regarda à son tour l’écran. Il devint livide devant la vidéo prise d’un drone. On y voyait un couple tendrement enlacé, les gestes peu équivoques ne laissaient rien à l’imagination. Le couple c’était eux que l’on avait espionnés, filmé. Trop occupé à s’étreindre, le jeune couple n’avait pas pris attention au petit engin. La voix de Justine retentit :

« Espèce de salope, je t’avais prévenu, laisse-le tranquille ! Stan est à moi. Tu vas le payer cher... »

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Et cela continuait. La voix de la jeune femme n’était que rage, haine. Elle distilla la peur chez Sophie que tout cela venait de refroidir brutalement. Elle ravala ses larmes et se dégagea de l’étreinte du jeune homme. Elle n’avait même pas prêté attention aux changements de look opérés chez l’ex petite amie.

— Laisse-moi !

Stan l’empêcha de partir en la retenant par le bras.

— Assis-toi !

Il l’invita à prendre place sur le transat et s’accroupit face à elle. Il peinait à garder son calme, ivre de colère, il n’avait qu’une envie : tordre le cou de Justine.

— Je t’aime, ne la laisse pas nous séparer, c’est ce qu’elle veut. S’il te plaît, la supplia-t-il en tenant ses mains.

— Non, laisse-moi, j’ai peur Stan, elle est folle. Elle tenta de se dégager, mais en vain.

— Je ne la laisserais jamais te faire le moindre mal. Tu fais exactement ce qu’elle souhaite, Justine te manipule…

Un nouveau SMS de Pauline, cette fois, arriva l’enjoignant à aller voir sa page Facebook. D’un geste tremblant Sophie ouvrit l’application et c’est atterré qu’elle découvrît l’ampleur de la méchanceté de Justine. 

Justine avait posté de nombreux clichés et la petite vidéo les montrant tous deux avec maints commentaires. Comme elle avait notifié le nom de Sophie, les médias apparaissaient aussi sur sa page suivis d’une flopée d’insultes. La jeune-femme la présentait comme la dernière des garces, prétendant que la jeune fille lui avait volé son petit ami. Elle se présentait comme une victime… et bien sûr il y avait une kyrielle de gens ne la connaissant ni d’Ève ni d’Adam qui prenaient parti, s’en prenaient à Sophie de manières ignobles, c’était un véritable lynchage. Cette fois, elle laissa les larmes couler. Elle voulut supprimer le contenu, mais Stan l’en empêcha.

— Non, nous sommes tous deux mineurs, nos parents vont gérer ça.

— Non, non, je ne veux pas que mes parents l’apprennent.

— Soit, alors laisse mes parents faire, tu veux bien. Il lui releva le menton et plongea son regard dans celui de l’adolescente, sèche ces larmes, elle n’en vaut pas la peine.

— Tu ne comprends pas… hoqueta Sophie, ça recommence, j’ai déjà vécu ça.

Stan fronça les sourcils.

— Dis-moi tout, je veux tout savoir de toi

Sophie était en train de lui raconter tout ce qui s’était passé avec Kim : la violence, le harcèlement, la décente aux enfers, partagée entre son frère et sa haine de la petite amie de Mathias, taniss que Stan tenait ses mains entre les siennes et les embrassait; quand Iwan fut de retour avec Éva et leur petite sœur plus tôt que prévu, cette dernière étant malade. Observant le couple depuis la baie vitrée du salon, il devina tout de suite que quelque chose s’était produit à leur attitude.

— Éva, je crois qu’il y a un blême.

Quand il s’approcha, les yeux rougis de Sophie confirmèrent son impression.

— Qu’est-ce que tu lui as fait ?

— Moi ? Rien c’est Justine.

— Encore elle ! intervint Éva venue les rejoindre.

Stan tendit le téléphone aux deux jeunes gens. Sophie honteuse se leva et s’enfuit précipitamment. Ils virent tous deux le contenu de la vidéo, les photos, Facebook.

— Cette fille est folle. Elle ne te foutra jamais la paix. Je vais voir Sophie, Iwan occupe-toi de Stan !

Éva s’en alla et rejoignit Sophie dans sa chambre, quand elle entra elle sortait de la douche. Lorsque leurs regards se croisèrent, les joues de l’adolescente s’empourprèrent.

— Tu n’as pas à avoir honte, personne n’aurait dû vous voir et encore moins vous filmer… d’autant plus que vous êtes tous deux mineurs. D’un autre côté … vous auriez dû aller à l’intérieur même si les haies sont hautes. Je suppose que tu n’as pas envie que ta famille voie ça ?

Sophie secoua la tête pour toute réponse.

— Allez viens la.

Éva la prit dans ses bras et la consola comme elle avait fait si souvent en qualité de grande sœur.

— Notre virée demain te fera le plus grand bien… loin de cette folle et de mon frère. Au fait, je n’ai pas demandé, mais tu étais consentante au moins ?

L’adolescente lui répondit d’un oui timide.

— Entre Stan et toi ? C’est quoi au juste ?

— Euh…

— Tu es amoureuse de lui ou c’est juste un plan ?

— Ce n’est pas un plan, je

— Il te fait craquer, n’est-ce pas.

Sophie rougit à nouveau.

— Justine…

— Laisse Justine, ne t’en occupe pas.

— Ce n’est pas ça… Je ne peux pas… je ne veux pas revivre ça… mon frère avait une petite amie à Paris : Kim… j’ai été son souffre-douleur, elle me battait, elle me harcelait, ça a été un enfer, je n’ai rien dit à mes parents… je ne veux plus vivre ça… je ne peux pas être avec ton frère… jece n’est pas possible.

— Je crois que je comprends… mais pas lui, tu dois le lui dire. Tu sais, il est très amoureux de toi et crois-moi nous avons tous été surpris.

— Je l’ai déjà fait, mais il ne veut pas comprendre.

— Laisse-lui un peu de temps.

— Du temps ?

— Lui aussi il passe une mauvaise période, il lui faudra du temps pour faire une croix sur toisur tout ce qui s’est passé à moins que tu ne changes d’avis. Tu sais Stan n’est pas ce qu’il laisse paraître. C’est un jeune homme plein de délicatesse, bien plus sensible qu’il ne le laisse croire. Je sais très bien qu’il a été un véritable bourreau des cœurs, souvent un peu trop léger, mais il a tellement peur de s’attacher, avec toi il est tellement différent. Je crois sincèrement qu’il est prêt à s’ouvrir. Peu importe ce que l’on pourra te dire, écoute ton cœur. Il y a quelques années mes parents ont failli divorcer ça allait vraiment mal entre eux... et Stan a été celui qui l’a le plus mal vécu.

— Je ne vais jamais oser retourner au lycée lundi.

— Pourquoi donc ? Vous n’avez rien fait et quand bien même cela ne regarde que vous. Si tu as besoin n’hésite pas à venir me voir, j’ai l’impression que ta mère et toi ce n’est pas terrible et parfois quelqu’un en dehors de la famille avec qui discuter c’est bien.

Quand Sophie redescendit, les Jarosz étaient tous au salon, en train de discuter de ce qui s’était passé. À son arrivée Stan se leva et vint vers elle. Il la prit par la main et l’entraîna vers le jardin. Le jeune homme lui tendit son téléphone.

— J’ai tout effacé après les avoir transférés sur mon téléphone, mes parents ont prévenu le commissariat et aussi les parents de Justine. Mon père a laissé un message à son avocat. Ils prennent tout en main, l’hébergeur des vidéos a été prévenu que nous étions mineurs et qu’une plainte serait déposée demain à la première heure. Ils vont faire de leur mieux pour te protéger. Viens-.

Il prit Sophie contre lui comme l’aurait fait un ami ou son frère. Puis il ajouta.

— Ne crains rien, personne ici ne te fera la moindre réflexion.

Quand il voulut l’embrasser, elle le repoussa de nouveau.

— Non Stan c’est une mauvaise idée.

— Sophie… tu ne nous laisses aucune chance… toi et moi c’est tellement différent. Au premier regard tu as fait battre mon cœur… aucune fille ne m’a jamais fait ça. Tu sais ce qu’est un coup de foudre ?

— Bien sûr…

— Toi et moi c’est cela, je n’ai fait que penser à toi dès que ton regard a croisé le mien, tu m’obsèdes Sophie. Laisse-nous une chance.

Elle posa sa main à plat sur son torse et le poussa encore une fois et fit un « non » doux, mais ferme. Le regard qu’ils échangèrent en disait long, il la laissa repartir le cœur serré, conscient que tout était fini. Stan la suivit des yeux, les poings serrés, se jurant que Justine allait le payer cher et qu’il ferait tout pour gagner la confiance de la jeune fille.

Les deux filles partirent au petit matin tandis que les garçons dormaient encore. Elles passèrent prendre Pauline et rejoignirent d’autres amies d’Éva avant de partir pour ClermontFerrand.

— Tu verras c’est une ville très sympa, on va pouvoir te faire visiter la vieille ville, faire du shopping et Manon à un appart sympa en plein centre dans le Carré Jaude. On va dormir -bas et revenir sur Montlu en début daprèm, ça va te changer les idées.

Pauline entraîna Sophie dans les rues de la capitale auvergnate, le centre Jaude, la vieille ville et ses rues escarpées aux constructions de pierre volcanique. Elles en profitèrent pour faire du shopping et Sophie dénicha dans une petite boutique une veste trois quart bien cintrée à la double rangée de boutons dorés d’inspiration militaire.

— Tu vas être classe avec ça. Un beau jean slim noir ou un leggins en simili sur des plateformes un peu sexy et tu vas déchirer.

— Il y a un bon coiffeur ici ?

— Ouais, je t’emmène.

Sophie en sortit avec un carré long plongeant méché d’un rouge sombre agrémenté d’un maquillage mettant en valeur ses grands yeux noirs.

— Ouah… personne ne va te reconnaître !

— C’est un peu l’idée. J’en ai marre de la petite fille sage. Je ne vais pas tarder à recevoir les fringues que j’ai commandées sur le net. J’ai envie de m’acheter une petite robe.

Après plusieurs magasins, elle finit par trouver son bonheur. Une petite robe fleurie toute simple à bretelle qui lui arrivait un peu au-dessus du genou. Elle mettait en valeur ses jambes et sa taille fine. Leurs emplettes terminées, les deux adolescentes rejoignirent Éva et la sœur de Pauline à son appartement. Les deux jeunes femmes restèrent muettes face à la transformation de Sophie.

— Oh, ça te va bien. Tu es superbe, ça te change, tu ne fais plus petite fille. Quand Éva et la jeune fille furent seules quelques instants, elle lui chuchota.

— Stan va adorer…

— C’est pas l’idée.

— Hé pas la peine de mordre, je te le dis c’est tout et tu peux être certaine qu’il ne sera pas le seul.

Après une journée à courir, un dîner vite expédié, les filles et leurs copines partirent au concert… et c’était épuisées qu’elles rentrèrent au milieu de la nuit après avoir dansé et chanté à tue-tête. À leur retour en début d’après-midi, Sophie fatiguée dormit pendant tout le trajet et ne se réveilla que devant la villa des Jarosz. Les frères étaient dans la chambre de Stan en train de jouer un des derniers morceaux que le cadet avait composé ces derniers jours.

Sophie monta dans la chambre qu’elle occupait et déposa ses achats avant d’allumer son ordinateur portable. Elle n’avait pas eu l’occasion de discuter avec sa meilleure amie depuis le départ de sa mère. Elles avaient échangé quelques SMS, mais c’était tout et Élodie lui manquait.

Elle alluma Skype, impatiente de retrouver son amie, la fenêtre de la caméra s’ouvrit et le visage d’Élodie apparut.

— Hello ma chérie, mais qu’est-ce que tu as fait à tes cheveux ?

— Un coup de folie, j’ai voulu changer de tête, j’en avais assez de la petite fille bien sage.

— Ça te va trop bien ! Tu déchires sa race ! Fais voir! Tourne-toi que je te vois mieux ?

Sophie se leva et pivota sur elle-même. Élodie émit un sifflet d’admiration.

— Comment t’es trop belle ! Maintenant il te faut le style avec. Jolie ta petite robe d’ailleurs, tu fais moins gamine. Tu vas faire des ravages. Punaise j’hallucine ! Fais-moi voir ce que tu as acheté !

— Demain si tu veux, j’ai fait ma valise, je rentre chez moi ce soir, ma mère et Mathias rentrent, j’espère qu’ils ne vont pas tarder, les Jarosz sont super gentils, mais j’ai envie d’être chez moi. Je te raconterai tout.

— OK ça marche ! Alors le beau et ténébreux Anh Dũng rentre au bercail ? Comment va-t-il ?

— J’en sais trop rien, je ne l’ai pas eu et ma mère ne m’a rien dit ! Ça craint c’est comme si je n’existais pas.

— Mais non ne dis pas ça, ton frère t’adore et tes parents aussi.

— Mouais et toi qu’est-ce que tu me racontes de beau ?

— Le prof d’anglais est trop craquant, quand il parle en français il a un petit accent british trop beau… il a 24 ans et des yeux verts tu verrais ça… toutes les filles vont en tomber amoureuses. Et tu sais pas la dernière, on l’a vu en boîte hier soir.

Elles continuèrent de discuter une bonne heure de leur soirée respective, des envies et désirs de chacune.

— Mon père va m’inscrire aux cours de conduite ! C’est super ça me tarde, et toi ?

— J’en sais rien on n’en a pas parlé… avec ce qui s’est passé on n’en a pas eu le temps.

— Alors tu rentres chez toi ce soir ?

— Oui, ça me tarde, je dois te laisser, j’ai pas mal de travail pour le début de la semaine. On s’appelle demain soir après les cours ?

— Je ne peux pas j’ai un cours de fitness, après 20H ça te dit ?

— Ça marche ! Demain 20H. Bisou ma belle.

— Bisou !

17H20

Sophie faisait ses devoirs quand le Juke de Lan Anh se gara devant la villa des Jarosz. Rosa les accueillit et les invita à entrer.

— Vous restez dîner avec nous, après votre voyage et tous ces évènements, une soirée avec des amis vous fera du bien.

— C’est gentil Rosa, mais

— Pas la peine de discuter c’est déjà tout prévu. Je suis enchantée de te rencontrer Anh Dũng, mes fils m’ont beaucoup parlé de toi et de tes talents. Je crois qu’il y en a une qui est impatiente de te voir.

Mathias esquissa un léger sourire. Il n’avait qu’une envie être chez lui, seul. Ils s’installèrent tous au salon et Rosa servit une collation, un café crème et des biscuits à la cannelle. Assis dans un fauteuil de cuir grenat, il ne répondait que par monosyllabes aux questions qu’on lui posait. Le jeune homme semblait fatigué, il avait les traits tirés et en quelques jours d’absence, il avait perdu du poids.

— Alexy si tu allais chercher Sophie, je crois qu’elle est dans sa chambre.

— OK !

Quelques secondes plus tard, le temps de monter l’escalier quatre à quatre et l’adolescente frappa à la porte de la chambre, elle rentra sans attendre qu’on l’y invite.

— T’as mère et ton frère sont  ! Voyant que Sophie ne réagissait pas, elle s’approcha et frappa doucement le casque que cette dernière avait sur les oreilles et répéta sa phrase.

Sophie se leva comme mue par un ressort et courut jusqu’aux escaliers, descendit les marches à toute vitesse malgré ses chaussures à talons, manquant se casser la figure. Quand Mathias tourna la tête et la vit, il se leva et sa sœur se jeta dans ses bras tant elle était heureuse de revoir son frère. Il la serra fort contre lui et lui dit en vietnamien qu’il était heureux de la voir et qu’il la remerciait. Ils étaient heureux de se revoir et en oubliaient ceux qui étaient autour d’eux et ne comprenaient pas un traître mot de leur échange. Un toussotement de madame Nguyễn Văn Lô les rappela à l’ordre.

— Mais qu’est ce que tu as fait à tes cheveux ?! Sophie !

— Maman, laisse-la, c’est joli et ça lui va bien.

— Mais, ma petite fille…

— Je ne suis plus un bébé, tu ne vas pas en faire une maladie, ce sont juste des cheveux…

— Bin moi j’adore, enfin ma petite sœur ne ressemble plus à une petite fille. T’es juste canon. Ta petite fille a grandi…

Stan observait la scène depuis la mezzanine, Alexy l’avait prévenu aussitôt Sophie descendue, son regard s’était vrillé sur la jeune fille, son cœur s’était emballé après l’instant de surprise et quand il l’avait vu se précipiter dans les bras de Mathias il en avait ressenti une pointe de jalousie. Il ne perdait rien des formes mises en valeur par cette petite robe rouge, les mèches carmin parmi ses cheveux coupés. Quand elle se retourna un instant et que leurs regards se croisèrent, la jeune fille qui lui faisait face lui plaisait que davantage, l’adolescente avait capturé son coeur et la jeune fille le maintenait dans ses filés. Leur trop brève étreinte lui était encore en mémoire, il lui semblait avoir encore la douceur de sa peau sous ses doigts, la chaleur de ses lèvres sur les siennes. Puis elle se détourna sans l’ombre d’un sourire pour répondre à son frère. Il le savait d’ici quelques minutes, peut-être quelques heures, elle franchirait la porte et ne reviendrait sans doute pas.

Toute la soirée, le frère et la sœur restèrent cote à côté, Mathias appréciait de retrouver cette complicité qu’ils avaient perdue. Il se sentait perdu au milieu de cette famille et il poussa un discret soupir de soulagement quand Stan et Iwan lui proposèrent de venir discuter musique.

— Tu viens ? lui proposa le jeune homme.

— Non, je dois préparer mes affaires et faire un peu de rangement dans la chambre, je n’en ai pas eu le temps.

Stan poussa un OK déçu et grimpa à la suite de l’adolescente dont il suivait la démarche pendant qu’elle montait les escaliers.

— Rejoins-nous quand tu auras fini.

Sophie prit son temps pour terminer sa valise, ranger ses achats dans un seul sac et rendre la chambre telle qu’elle l’avait trouvé. Elle referma son ordinateur qu’elle avait laissé ouvert lors du retour de sa mère et de son frère. Elle traîna jusqu’à ce que sa mère vienne lui dire qu’il était temps de rentrer. Mathias attrapa sa valise tandis qu’elle prenait son portable et le sac de ses achats du week-end.

— Attends, je vais t’aider, se proposa Stan.

— Non, c’est bon.

— Comme tu voudras.

Une fois les affaires dans le coffre, la famille Nguyễn Văn Lô prit congé. Depuis son retour Stan n’avait pas eu l’occasion un seul instant d’être seul avec Sophie aussi il la regarda s’en aller peinant à masquer sa tristesse. La jeune fille ravie de rentrer chez elle ne pensait déjà plus à ce qui s’était passé entre eux. Une fois la porte de leur villa franchie, Lan Anh se laissa tomber dans un des fauteuils du salon.

— Je suis crevée ! Les enfants on discutera demain, je suis désolée, mais j’ai besoin de dormir.

En effet, elle avait passé ses nuits à veiller sur son fils, elle avait peu dormi et même la nuit du samedi au dimanche s’était révélée pénible. Son fils avait lui aussi passé une nuit difficile, pendant ces quelques jours à Paris, il avait replongé dans ses pires travers et le comportement de Kim n’avait pas arrangé les choses. Le jeune homme avait voulu mourir et il en avait fallu d’un cheveu pour qu’il parvienne à ses fins. Sans l’appel de Sophie, en cet instant les deux femmes veilleraient sur sa dépouille.

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Les couvertures du Livre 1 de Dark-Side http://www.nathy.fr/1344-2/ http://www.nathy.fr/1344-2/#respond Fri, 06 Sep 2019 08:01:39 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1344 Le premier tome de Dark-Side a vu bien des couvertures… certaines ont été publiées d’autres ne sont restées qu’à l ’état de projet. La première fut celle créée pour les éditions Rebelle où devait sortir la saga et qui sera reprise par la suite. Mais ce premier tome sortit finalement […]

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Le premier tome de Dark-Side a vu bien des couvertures… certaines ont été publiées d’autres ne sont restées qu’à l ’état de projet.

La première fut celle créée pour les éditions Rebelle où devait sortir la saga et qui sera reprise par la suite. Mais ce premier tome sortit finalement aux éditions Lune Écarlate avec une autre couverture.

Celle-ci fut rapidement remplacée. Le lectorat la jugeait sans doute trop sanglant.
La couverture du Chevalier-Vampire fut donc remplacée par l’illustration qui devait sortir initialement chez Rebelle. Beaucoup de ceux qui ont lu ce premier tome la connaisse.
Quand le tome trois sortit les tomes précédent subirent une nouvelle correction dans l’idée d’harmoniser les trois tomes.
J’eus alors l’envie de proposer de nouvelles couvertures pour les deux précédents. Il y eu bien des essais dont voici les illustrations.


Voici celle qui fut retenue pour cette version revue et corrigée du tome 1 de Dark-Side. Mais auparavant il y eu plusieurs essais.



Comme je n’étais pas vraiment satisfaite, et par manque de temps, je me suis rabattue sur une photo et aujourd’hui la couverture de ce premier tome est celle-ci plus proche de mon idée de départ.


Mais avant toutes ces couvertures restées plus ou moins longtemps, il y a eu plusieurs essais que je vous livre ici.


Et vous, laquelle préférez-vous ?

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Chapitre 7 http://www.nathy.fr/chapitre-7/ http://www.nathy.fr/chapitre-7/#comments Wed, 04 Sep 2019 23:09:20 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1328 Chapitre 6 Chapitre 8 Le lundi matin, Sophie fut convoquée, à peine arrivée, une fois de plus dans le bureau du CPE, Monsieur Antonionni, suite à la visite de policiers à propos de la fugue de son frère. Elle y trouva ce monsieur ainsi que la sous-directrice, madame Lefebvre, une grande […]

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Le lundi matin, Sophie fut convoquée, à peine arrivée, une fois de plus dans le bureau du CPE, Monsieur Antonionni, suite à la visite de policiers à propos de la fugue de son frère. Elle y trouva ce monsieur ainsi que la sous-directrice, madame Lefebvre, une grande femme un peu sèche.

— Mademoiselle Nguyễn Văn Lô, vous revoici donc dans mon bureau, ça commence à devenir une habitude… en à peine une semaine de cours. La police nous a averti de la disparition de votre frère, pourquoi n’avons nous pas été informés dès vendredi ? Celui-ci étant encore mineure, plus ses antécédents, le souci de violence de la semaine dernière nous allons faire un rapport aux services sociaux. On peut dire que vous commencez bien votre année et votre arrivée dans cette ville.

— Je ne suis pas responsable de Mathias, se défendit Sophie.

— Vous non en effet, mais vos parents oui. Vous étiez seule à votre domicile ?

— Non ma mère était là, il n’y a que mon père qui soit en déplacement professionnel.

— Votre mère ne devrait plus tarder et en effet à peine quelques minutes plus tard madame Nguyễn Văn Lô passait la porte.

Sophie écoutait en silence, les questions nombreuses posées à sa mère et pour finir le CPE s’agaça, il reprochait à sa mère son manque de sérieux, son inconséquence de ne pas avoir averti les autorités dès le jeudi soir quand elle s’était rendu compte que son fils ne rentrait pas.

— Vous avez mis votre fils en danger. Je suis désolé pour vos enfants, mais nous allons devoir faire un rapport aux services sociaux.

— Mais enfin, Mathias sera majeur dans à peine quelques semaines, vous savez bien comment sont les adolescents de son âge !

— Justement ! Mais vous oubliez que votre fille n’a que seize ans…

— Sophie ? Mais Sophie ne ferait rien de semblable, c’est une jeune fille sérieuse, bonne élève, sans histoires.

— C’est pour son bien, nous allons faire notre travail, madame Nguyễn.

— Mais enfin c’est sous votre responsabilité qu’il a disparu, il a quitté le lycée et n’est pas rentré, personne ne m’a appelé et vous me rendez responsable de sa disparition, vous avez un sacré culot. Mes enfants ne sont pas mal traités, ils ont tout ce dont ils ont besoin, ce dont ils ont envie, nous avons toujours fait notre maximum pour qu’ils soient heureux et vous venez m’accuser d’être une mauvaise mère ? De mettre mes enfants en danger. Oui mon fils a eu des soucis de toxicomanie, et fait d’autres bêtises, il n’a jamais mis sa sœur en danger, il n’y a jamais eu de problèmes entre eux. Vous faites une montagne d’une seule et unique altercation entre eux ! Mais voyez-vous j’essaie de lui faire confiance, je sais qu’il ne va pas bien et croyez-vous que c’est en étant sans cesse sur son dos que les choses s’amélioreront ?

— Un peu plus d’autorité ne lui ferait peut-être pas de mal !

— Ce n’est pas ce que le psy nous a conseillé et je ne pense pas que vous allez apprendre son métier à ce médecin !

Lan Anh était furieuse. Un coup frappé à la porte coupa court à la discussion quelque peu houleuse. La tête de la psy du lycée s’encadra dans l’embrasure. Une jeune femme de la trentaine bien sonnée invita Sophie à la suivre. Ravie de pouvoir quitter le bureau où l’ambiance était pensante, l’adolescente ne demanda pas son reste. Elle se retrouva donc une nouvelle fois dans un bureau.

Madame Gauvin, une Réunionnaise, tenta de la mettre à son aise. Plutôt que d’entrer dans le vif du sujet, elle lui posa des questions sur elle-même. Ce qu’elle aimait, où était-elle allée en vacances cet été, ses ami(e)s, ce qu’elle avait envie de faire, pour en venir doucement à son frère. Sophie lui apprit que Mathias était un excellent musicien qui rêvait de devenir professionnel, de rejoindre un groupe aux mêmes aspirations… elle lui parla de Kim aussi.

— Un chagrin d’amour ? Tu penses qu’il est parti pour elle ?

— J’en suis même certaine. Élodie ma meilleure amie les a vus ce week-end en revenant d’un mariage.

— Tu l’as dit à ta mère ?

— Bien sûr, mon amie avait même fait une photo qu’elle m’a envoyée, et ma mère l’a donné à la police.

— C’est bien ça et tu en penses quoi toi de la petite amie de ton frère ?

— Elle va le rendre malheureux… je suis sûre que c’est pour ça qu’il est parti, je suis presque certaine que c’était avec elle que mercredi soir il discutait au téléphone.

Après un long entretien avec la jeune fille, madame Gauvin en conclut que Mathias avait fugué dans l’idée de retrouver la jeune fille dont il était très amoureux. Certes un acte inconsidéré, mais qui ne mettait pas en cause sa famille.

Lorsque Sophie sortit enfin du bureau de madame Gauvin, elle avait manqué une demi-matinée de cours, la sonnerie signifiant l’interclasse venait de retentir. Elle descendit dans la cour. Elle avait besoin d’air. L’adolescente serait bien rentrée chez elle, mais ce n’était guère le moment et surtout une mauvaise idée. Elle vit de loin la tignasse fuchsia de Pauline qu’elle rejoignit d’un pas pressé.

— Hé ! Ça ne va pas ?

— Non…

— Aller, viens !.

Pauline l’emmena à l’écart, sur les pelouses. Sophie s’effondra après la tension des derniers, jours, l’épreuve dans le bureau du CPE, la discussion avec la psy, après les évènements du week-end c’était la goutte qui débordait. L’adolescente aux cheveux roses prit son amie dans ses bras et tenta de la calmer. Elle la laissa vider son sac, heureusement elles avaient une heure de libre chaque lundi de 10 à 11 heures ce qui laissait du temps à Sophie pour se reprendre. Iwan les aperçut de loin, mais lorsqu’il s’approcha un mouvement de la tête de Pauline lui fit comprendre de partir. Stan devait sortir de l’hôpital dans la journée et c’était mieux ainsi. Au moins, il ne viendrait pas leur casser les pieds songea Pauline. Lorsqu’elles retournèrent en classe, Sophie s’était calmée.

Lors des deux dernières heures, elles firent connaissance du prof d’arts plastiques, un homme de la petite quarantaine, au look rock avec ses piercings et un tatouage entraperçu lorsqu’il se penchait, une fine barbe, avait tout de l’artiste dynamique, un brin marginal. Le programme de l’année qu’il désirait leur faire découvrir lui plaisait. Une initiation à l’art contemporain au travers de quelques expositions, divers médiums comme la photo, le dessin, les collages… sans oublier le « Street art ». Les regards en coin d’un élève, visiblement aux origines asiatiques, n’avaient pas échappé à Pauline.

Lorsqu’elle repartit chez elle, l’épisode de la matinée était presque oublié. Son premier cours d’art plastique avait achevé de lui changer les idées.

Quand elle ouvrit la porte de la maison, la voix de madame Jarosz lui parvint aux oreilles. Sophie avait peu envie de voir la mère des deux frères qu’elle tenait à éviter. Les deux femmes, assises dans le jardin près de la piscine, buvaient un thé glacé et papotaient à propos de choses diverses. À l’instant où elles virent la jeune fille, Rosa Jarosz lui adressa un sourire chaleureux.

— Oh !

— Nous t’attendions, je vais m’absenter une ou deux heures, Rosa m’a invité chez elle pour ce soir, ça te dérange pas j’espère de dîner seule ? Il y a tout ce qu’il faut au réfrigérateur, je t’ai préparé des boulettes de poulet épicées avec un peu de riz, tu as de quoi te faire une salade et il y a de la glace à la framboise au congélateur.

— Ne t’inquiète pas maman, je suis capable de me débrouiller toute seule. En plus j’ai plein de travail.

Au contraire même, Sophie était ravie de dîner seule. Après s’être excusée, elle monta dans sa chambre afin d’enfiler un maillot de bain pour profiter encore un peu de la piscine. Quand elle redescendit, les deux femmes étaient parties. Après quelques brasses et une petite demi-heure à se prélasser sur un transat, l’adolescente retourna dans sa chambre pour se doucher, endossa un kimono de soie bleu pastel que son père avait ramené d’un de ses voyages professionnels au japon au printemps précédent. Après un repas vite expédié, elle se plongea dans ses devoirs, sa mère la trouva encore attablée devant son bureau en plein travail lorsqu’elle rentra de chez les Jarosz. Lan Anh embrassa sa fille et alla se coucher fatiguée de sa journée. À cran depuis plusieurs jours, elle tombait de fatigue.

Malgré la fugue de son frère, la vie continuait pour Sophie avec son quotidien semblable au précédent.

****

De retour chez elle, Justine s’installa à son bureau face à son ordinateur portable, elle relia son smartphone àcelui-ci et récupéra les photos, les courtes vidéos et se mit au travail. Les clichés s’affichèrent dans son explorateur : des selfies pris avec Stan lors de la soirée du samedi, des prises du jeune homme seul, quelques vidéos courtes où on le voyait triste puis peu à peu plus détendu au fur et à mesure que les verres descendaient. Elle sélectionna celles qui lui plaisaient le plus et les retravailla dans Photoshop pour en améliorer la colorimétrie, redresser un peu le cadrage… La jeune femme était très douée. De légères retouches que seul un œil expert pouvait découvrir. Elle retoucha aussi les vidéos, coupa où cela était nécessaire, fit des montages, cala la musique. Elle avait fait un excellent travail. Quand tout cela fut prêt après des heures passées sur l’ordinateur, elle ouvrit sa page Facebook, puis choisit deux des photos les plus avantageuses et les publia sur la page des Children of Styx, l’une représentait Stan seul, puis la seconde avec Justine qu’elle l’avait intitulée «Stan et sa fiancée » puis l’avait fait suivre de quelques lignes. Elle posta les autres sur sa propre page et sur son profil, donnant moult détails de leur soirée. La petite vidéo brillamment retouchée trônait en tête de page et ne tarda pas à devenir virale. 
Justine savait très bien tirer à son avantage ces clichés et vidéos détournés. Elle y déclarait sa flamme, ses désirs. Elle attendit quelques heures puis elle se plaignit que son fiancé regardait ailleurs malgré les photos peu équivoques où on la voyait en la compagnie du chanteur.

« Je suis tellement déçue, mon fiancé m’est infidèle, il ne cesse de regarder ailleurs surtout cette fille qui n’arrête pas de lui tourner autour bien qu’il ne soit pas célibataire »

Les réactions des facebookiens ne tardèrent pas. Chacun y allait de son avis, la plupart ne connaissant pas ou peu Stan et Justine.

« Oh ma pauvre, pourtant tu es très jolie, quel salaud, et cette fille, ce serait moi je lui passerais l’envie de tourner autour de mon mec »

« Les mecs sont tous les mêmes, casse lui la figure à cette pétasse ! »

Forcément, le chanteur était un enfoiré et elle la pauvre victime de cette « enflure » quant à celles qui répondraient à ses avances, elles seraient les pires des salopes bien évidemment… et Justine toujours celle que l’on plaignait.

****

Le mercredi lorsque Sophie arriva en bas du lycée George Sand, les frères Jarosz étaient devant le portail en train de discuter de choses et d’autres avec leurs copains.

— Merde !

— Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda Pauline.

— Regarde qui est là !

— Stan et Iwan ? Il va falloir t’y faire, c’est une habitude. Tous les fumeurs et leurs potes sen grillent une dernière avant d’entrer, Thomas est là et Jordan aussi, donc ça n’a rien de surprenant. Ils attendent Amélie.

— Je ne veux pas le voir.

— Attends ! Je passe en premier, ils ne pourront pas me louper avec mes cheveux fuchsia et toi tu passes là derrière, il pensera que tu es avec moi et en ne te voyant pas il croira que tu n’es pas là.

— Bonne idée.

Sophie laissa Pauline la distancer pendant qu’elle faisait le tour par l’allée que les voitures empruntaient, profitant qu’un groupe s’engouffre par les grilles. Stan chercha Sophie du regard lorsqu’il aperçut Pauline, mais un juron de Thomas lui fit tourner la tête.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Regarde ton Facebook ! Tu comprendras. Lorsque Stan prit son smartphone et se connecta sur le réseau social, il devint livide. Justine avait posté de nombreuses photos de la soirée, des clichés de tous les deux où on pouvait croire qu’ils s’embrassaient, se caressaient, et quelques-uns de lui à demi nu sur l’herbe rase des bords du Cher.

— La salope !

Stan furieux envoya un SMS à sa mère, elle n’était certes pas avocate, mais en raison de son travail de consultante, elle était souvent en contact avec ceux-ci. Amélie regarda par-dessus l’épaule de son ami et vit les photos.

— Reconnaît qu’elle a un talent certain pour la photo, t’es franchement canon sur celles-ci.

— Elle a un sacré culot ! Elle te drogue, te viole et elle a en plus l’audace de te pourrir la vie… il y a fort à parier que ça fait le tour du net… entre Twitter, Spnapchat, YouTube et je ne sais quoi d’autre, fit remarquer Iwan. Je te jure que celle-là si je la trouve je vais lui passer l’envie de te faire encore du mal.

— Et merde ! J’espère que Sophie ne les a pas vus… 

Les commentaires allaient bon train à la suite des clichés postés, expliquant pourquoi elle avait pris ces photos. Certes Stan n’avait pas été très sympa avec elle en rompant après avoir obtenu ce qu’il désirait, mais il n’avait jamais fait la moindre remarque à son propos. Il ne lui avait jamais rien promis non plus. Pour lui il s’était toujours agi de sexe entre personnes consentantes et il n’avait pas compris l’acharnement dont elle faisait preuve suite à leur rupture alors qu’il était en seconde. Il avait alors seize ans et elle dix huit. Stan avait amèrement regretté d’être sorti avec cette fille. Lui, faisait plus vieux que son âge, plus mature aussi, elle le genre de fille, belle, sûre d’elle, après qui une volée de mouches tournait. Le jeune garçon s’était senti valorisé qu’une telle fille, en terminale de surcroît, s’intéresse à lui. Ils étaient restés quelques semaines ensemble et il avait eu envie de passer à autre chose. Il n’éprouvait pas de réels sentiments pour Justine avec qui au final, il s’ennuyait et que certains aspects de sa personnalité dérangeaient. Sa possessivité, la tentative d’organiser sa vie avec pour point central elle-même or Stan n’était amoureux que d’une chose la musique et elle seule. Les filles… c’était autre chose, l’adolescent adorait le sexe et ne sen cachait pas. À seize ans, il était évident qu’il n’avait aucune envie de s’attacher à qui que ce soit. Justine l’avait très mal pris. Le chantage affectif, les pleurs l’avaient retenu quelque temps puis il avait rompu définitivement. À la suite de ça, elle fit de sa vie un enfer… elle le suivit, menaça ses copines, appela chez lui à toute heure. Au point que ses parents prirent les choses en main. Monsieur Jarosz se rendit au domicile des parents de Justine et se montra ferme, si elle ne cessait pas, il porterait plainte et cest ce qui finit par se produire. Plus d’un an plus tard Stan avait fini par imaginer que tout cela était derrière luimais il était évident que Justine, elle n’était pas passée à autre chose.

Le jeune homme se rappelait peu de choses de la soirée à partir du moment où ni Sophie ni son frère n’avaient répondu à ses SMS. Il savait comment cela s’était terminé, et le concevoir le rendait fou. Le seul sentiment dont il se sentait capable c’était la haine et la colère.

Stan n’avait donc pas remarqué le passage de Sophie qui ignorait tout de ce qui se produisait. Elle n’avait pas été sur Facebook depuis le dimanche soir, trop occupé par son travail scolaire et ses propres soucis. Elle avait espéré que Mathias serait de retour rapidement après les informations données par Élodie. Une fois encore, elle avait tenté de le joindre sur son portable. L’adolescente peinait à cacher sa tristesse. Il ne se passait pas un instant où elle se demandait pourquoi les policiers ne retrouvaient pas son frère, où pouvait-il être, que faisait-il, avec qui traînait-il ? Il était clair que l’adolescente avait la tête ailleurs, loin de ses études.

À la pause, Sophie essaya pour une énième fois d’appeler Mathias. Silencieusement, elle suppliait qu’il réponde. La sonnerie retentit plusieurs fois et contre toute attente quelqu’un décrocha.

— Anh Dũng ! Réponds sil te plaît. Anh Dũng !

Un vague son à peine audible, pour ainsi dire incompréhensible lui répondit. Elle ne crut saisir que Sao Mai. Derrière en fond, elle entendit des bruits et pensa reconnaître les lieux.

— Anh Dũngt’es où ? supplia-telle et lui sembla que la personne prononçait une fois encore son prénom vietnamien et lui répondait dans cette langue d’une voix ténue. Un bruit de respiration et l’on raccrocha. Anh Dũng !

Sophie secoua son téléphone comme si son frère allait lui répondre davantage. Elle tenta de rappeler, mais personne ne décrocha. Il lui vint l’idée de contacter les secours, elle s’expliqua brièvement, mais donna le maximum de renseignements, donna le numéro de son frère en espérant que son idée pourrait servir. Appela le policer qui avait donné sa carte, elle lui transmit tous les détails en priant que cela serve à quelque chose.

En revenant en classe, elle croisa Stan, quand il tenta de l’attraper par le bras, elle se délivra de toutes ses forces et lui hurla de dégager, de la laisser tranquille. Les gens se retournèrent afin d’observer la scène. Des sourires amusés, des gloussements ou encore des murmures se propagèrent. Anaïs la cousine de Justine, qu’elle avait su mettre dans sa poche, était ses yeux et ses oreilles au sein du lycée, les prit en photo et envoya la scène à la jeune femme qui sut l’exploiter à son avantage. Presque tout le monde avait vu les photos et la vidéo postées par Justine. Quant à ceux qui ne les avaient pas encore découvertes, les autres élèves leur passèrent l’adresse, les photos s’échangèrent. Tout le monde y allait de son petit commentaire, les pour et les contre Stan. Une grande majorité des filles étaient forcément contre lui, sans même se poser la moindre question. Certes le jeune homme n’avait pas toujours été sympa avec les filles, mais après tout pour avoir une relation physique il faut au moins être deux et, lui n’avait jamais forcé personne. Certains en prirent conscience, mais à leur âge c’était rarement le cas. En peu de temps, l’affaire tourna au règlement de compte, à l’affrontement. Et en ce mercredi matin, trois jours après cette soirée, Stan, la victime, était vu comme le fautif, peu importait les moyens employés par Justine que rien ne pouvait justifier. Les insultes, les menaces allaient bon train aussi bien sur les réseaux sociaux où bon nombre de gens s’exprimaient, souvent derrière un pseudonyme, sans vraiment connaître la réalité. Tous avaient leurs avis sans se demander ce que Stan ou sa famille pouvait penser, ses amis tout comme les proches de Justine qui dans une moindre mesure subissaient la même chose sauf qu’elle en avait provoqué les réactions.

— Sophie !

La main de Pauline l’arrêta.

— Laisse-là, tu ne comprends pas qu’elle ne veut pas de toi et ce n’est pas le moment.

— Et Anh Dũng ? Vous avez des nouvelles ?

Pauline haussa les épaules, elle n’en savait rien. 

En cours, Sophie avait la tête ailleurs, elle écoutait à peine et Madame Bernardin le remarqua, le professeur de littérature la rabroua à plusieurs reprises pendant les deux heures. Mais Sophie n’avait qu’une chose en tête : son frère ; persuadée que c’était lui qu’elle avait entendu, un râle plus exactement. Quand midi sonna, elle débarrassa sa table, fit tomber ses affaires, ses mains tremblaient et elle peinait à contenir ses larmes. Au moment de sortir, le professeur de lettres lui ordonna de rester. Pauline attendit à la porte et lorsqu’elle entendit la femme disputer vertement Sophie pour son manque d’attention, la menaçant de la virer de son cours la prochaine fois si elle continuait ainsi, Pauline entra dans la pièce et se planta devant madame Bernardin.

— Vous n’avez aucune empathie, vous ne pouvez pas comprendre que Sophie se fait du souci pour son frère qui a fugué ?

— Il y a un temps pour tout mademoiselle et je ne vous ai pas demandé votre avis ! Vous passerez au bureau du CPE pour votre insolence !

— Mais bien sûr et vous pour votre manque d’humanité, on vous dira quoi ? J’espère que vous n’avez pas d’enfants, je les plains avec une telle mère !

Pauline agrippa le bras de Sophie demeurée silencieuse et dont les larmes coulaient sur les joues, la tira et l’emmena avec elle malgré les vitupérations du prof. La fille à la chevelure fuchsia prit son amie par les épaules et la sortie de l’établissement. Elle repoussa Stan et Iwan sans douceurs malgré leurs protestations. Elle l’aida à monter dans le bus et la ramena jusque chez elle. Pendant tout le trajet, Sophie pleura sur l’épaule de Pauline, le cœur étreint par l’angoisse. Depuis cette voix qu’elle avait entendue, elle se demandait sans cesse sil s’agissait de son frère et dans quel état pouvait-il se trouver.

— J’ai peur… Qu’est-ce qu’il a fait ?

— Tu as peut-être cru que c’était lui, c’est peut-être quelqu’un d’autre qui a décroché.

— Non, je suis certaine que c’était lui. Il n’y a que lui qui m’appelle Sao Mai.

Quand elle passa la porte, la jeune fille se précipita dans les bras de sa mère.

— Maman je l’ai entendu ! Je te jure, je l’ai entendu.

— Je sais, calme-toi !

— Maman je l’ai entendu !

Lan Anh la repoussa doucement et la fit asseoir dans un des fauteuils du salon.

— Calme-toi Sophie. La police m’a appelé vers les onze heures. Quelqu’un avait appelé les secours, les pompiers ont retrouvé ton frère dans un squat.

— Il est vivant ? demandatelle la peur au ventre de crainte d’entendre une réponse qu’elle redoutait depuis des heures.

— Oui ! Il l’est et très certainement grâce à la personne qui a contacté les secours. Ils prétendent que c’est sa sœur, c’est vrai ?

Sophie hocha la tête et expliqua entre deux sanglots ce qui s’était passé.

— Je dois aller le rejoindre à Paris, il est à l’hôpital. Je t’attendais, mon sac est prêt. Je t’ai laissé de l’argent, les courses sont faites et ton père ne rentrera que mercredi prochain, il a dû rallonger son voyage. Je ne sais pas quand je vais rentrer, sans doute avant la fin de la semaine. Je t’ai laissé les coordonnées de madame Jarosz, si tu as besoin de quelque chose, tu peux la joindre quand tu veux.

— Je viens avec toi !

— Non ! Tu as cours demain, tu ne vas pas manquer, je ne tiens pas à avoir encore cet Antonionni sur le dos.

— Maman !

— Il n’y a pas à discuter ma chérie. Je t’appelle dès que j’arrive !

— S’il te plaît !

— Non ! Cesse de discuter !

Lan Anh embrassa sa fille sur le front et attrapa son sac de voyage, que Sophie n’avait pas encore remarqué, avant de prendre son trousseau de clés posé sur la petite console d’acajou dans l’entrée et franchir la porte. Lorsque la Juke quitta l’allée, Sophie était toujours assise dans son fauteuil.

Il lui fallut quelques minutes pour réaliser ce qui venait de se passer et s’apercevoir que Pauline était toujours là.

— Je n’ai même pas eu droit à un merci ni même à un mot pour me dire comment il allait vraiment. Rien comme toujours, constata Sophie d’un ton plein d’amertume.

— Ta mère est chamboulée, elle n’aurait pas dû prendre sa voiture dans un tel état.

— C’est toujours comme ça. J’ai la sensation d’être un pot de fleurs dans cette famille, on me confit à quelqu’un sans me demander mon avis, c’est un peu comme si on avait demandé à madame Jarosz de venir arroser les plantes. Je ne sais même pas dans quel hôpital il est, pourquoi est-il là bas ? Rien. Souvent, j’ai l’impression de ne pas exister.

— Ne dis pas ça, ta mère t’adore.

— Parfois, je me le demande, pourquoi mes parents ont eu un deuxième enfant… et à côté de ça, ils étouffent complètement Mathias.

— Ne dis pas ça. Le smartphone de Pauline émit un bref bip signe qu’un SMS était arrivé. Elle regarda l’écran et s’excusa auprès de son amie. Sa mère l’attendait et elles devaient se rendre à Bourges pour l’après-midi.

— Ce n’est pas grave, t’inquiète pas je vais m’en sortir. Va retrouver ta mère.

— Merci, je suis déjà à la bourre.

Pauline était à peine sortie de chez Sophie que son téléphone sonna, le numéro de téléphone de Stan s’afficha. Elle fronça les sourcils et appuya sur le bouton vert.

— Qu’est ce que tu veux ?

— Qu’est-ce qui se passe avec Sophie ?

— Écoute, si tu lui foutais la paix ça ne serait pas mal, non ? Elle n’a ni envie de te voir ni de te parler. Alors lâche-là et tu m’oublies au passage !

Elle raccrocha sans attendre la réponse.

****

— Je t’avais prévenu, fit remarquer Iwan à son frère. Ça se voit que tu n’as pas l’habitude qu’une fille te dise non.

— Parce que tu ten prends souvent toi des râteaux ?

— Non, mais je sais aussi m’éclipser quand il faut ! Toi t’es tellement habitué aux filles et aux femmes qui te tombent dans les bras que lorsque tu en as une qui te dit non, tu ne comprends pas.

— Mais c’est toi qui ne comprends pas. Il y a eu un truc entre nous, Sophie ce n’est pas n’importe quelle fille. Tu sais très bien ce qui s’est passé samedi. S’il n’y avait pas eu l’autre folle, elle ne me repousserait pas. Sophie ne me laisse même pas la possibilité de m’expliquer, et en plus avec ce qui se passe sur les réseaux.

— Ça passera et dans quelques semaines tu trouveras un autre cul à fourrer.

— Bin merci comment tu me vois ! Cette fille m’a attiré dès que je l’ai vu et le coup de foudre ça ne te dit rien ?

— Stantu es mon petit frère, et ça fait déjà quelques années que je te vois faire. Que la fille ait 16 ans ou la femme 40, c’est pareil. Depuis presque quatre ans, je te vois changer de petite amie très souvent, je ne compte plus le nombre de fois où tu as en plus eu des coups d’un soir. Heureusement que tu te protèges sinon tu serais une poche à MST. Des gonzesses sur qui t’as flashé, je ne les compte plus et tu ne crois pas que Sophie a autre chose à penser que ta petite personne ? Le problème c’est que même l’épisode Justine ne t’a pas servi de leçon.

— Sophie c’est différent, j’ai envie de rester avec elle. Jamais, une fille ne m’a fait cet effet. Elle a quelque chose de plus, ce n’est pas que sexuel. Tu as l’air de croire que je ne m’intéresse qu’aux potiches de service. Je voudrais juste qu’elle m’écoute.

— Et toi tu es bouché, elle ne veut pas de toi, point barre. Sophie a été claire, nette et précise quand je l’ai ramené. Elle ne veut pas entendre parler des potes de son frère et après tout ce qu’elle m’a raconté je la comprends. D’ailleurs il faut qu’on en parle de Anh Dũng.

— Ça ne peut pas attendre ?tu vois j’ai un peu besoin de calme. Après ce qui s’est passé ce week-end, j’ai besoin de faire un break.

— On a un concert le mois prochain je te rappelle.

— Je sais, ce n’est qu’une question de jours. Après ce qu’a fait Justine, je n’ai pas envie de draguer, si cest ce que tu veux savoir. Prendre conscience qu’on m’a drogué pour m’avoir, j’ai du mal à encaisser.

— Laisse Sophie, elle aussi elle a besoin d’être tranquille, on ignore tous où est son frère. Dans quelques mois avec un peu de chance, tout sera rentré dans l’ordre et tu verras bien à ce moment-là. Tu devrais venir répéter avec nous, ça te sortira tout ça de la tête.

— Mmm !

Lorsque les deux frères sortirent, ils ne firent pas attention à la petite Twingo garée à quelques mètres ni à la jeune femme qui les observait. Elle les suivit jusque chez Thomas, mais resta à bonne distance.

Stan avait besoin de se changer les idées, aussi il se donna à fond comme sil avait été en concert, s’adressant à un public fictif.

— Hé mec, tu nous fais ça au prochain concert et ça va déchirer grave ! Je ne sais pas ce qui t’a motivé ainsi, mais c’était génial.

— On sen fume un petit ? Tu l’as bien mérité !

****

Justine pas si loin que ça pianotait sur son téléphone, elle regardait les messages sur les réseaux sociaux et savourait la teneur que prenaient les évènements, bientôt Stan deviendrait un pestiféré et cette greluche de même si elle avait le malheur d’approcher encore une fois l’objet de tous ses fantasmes.

****

Sophie, une fois seule, grignota sans entrain ce qu’elle trouva dans le réfrigérateur. Incapable de se mettre à son travail, elle se changea, alla piquer une tête dans la piscine et se prélassa au soleil. Mais elle était si inquiète qu’elle ne parvenait pas à rester en place, elle rejoignit donc sa chambre, prit le premier roman qu’elle trouva et se plongea dans un livre dont elle ne connaissait pas l’auteur, la couverture l’avait intrigué et elle l’avait acheté sur un coup de tête. L’histoire fantastique ne put la sortir de son état d’esprit. Elle regardait sans cesse l’heure, s’assurait que sa mère ne lui avait pas envoyé un SMS. Les minutes semblaient s’égrener avec la lenteur d’un escargot sous lexomil. Elle redescendit, retourna à la piscine, fit quelques longueurs et remonta se doucher. Dès qu’elle quitta la salle de bain, elle vérifia pour la énième fois son Xiaomi, un SMS l’attendait :

« Je suis bien arrivée à l’hôpital. Je t’appellerai plus tard. »

Quand elle tenta d’appeler sa mère, elle tomba sur le répondeur. Elle essaya de joindre son frère, mais elle essuya un second échec. Dégoûtée d’être ainsi tenue à l’écart une fois de plus, elle jeta le smartphone sur son lit et décida de suivre les conseils de Pauline et d’Élodie. Pendant des années, elle avait suivi les avis de ses parents, fait ce qu’ils exigeaient. Lan Anh choisissait ses vêtements, sa lingerie, ses chaussures… jusqu’à ses bijoux… Sophie se rendait compte qu’elle étouffait d’un côté et que de l’autre elle semblait transparente. Seule devant son ordinateur, elle écuma les sites que ses deux amies lui avaient indiqués. Elle en trouva d’autres et acheta tout ce qui lui faisait plaisir. Des 250 € mensuels que ses parents lui donnaient depuis des années, ses étrennes, Sophie dépensait peu et avait une somme rondelette sur son compte. Aussi, elle ne se priva pas. Des vêtements plus originaux que ceux qui remplissaient son dressing. Quelques bijoux et même du maquillage. Les photos de filles aux cheveux décolorés et teints de couleurs pastels la tentaient bien. Sophie fit une folie en commandant une perruque aux couleurs opales. Il était trop tard pour aller chez le coiffeur, mais elle se promit de se rendre dans un salon pour changer de couleur et en finir avec ses longs cheveux noirs lissés. Il lui tardait de recevoir tout cela et d’en terminer avec l’image de la petite fille sage. Tous les vêtements que Pauline avait mis de côté avant cet épouvantable samedi soir lui semblaient appartenir à une autre. Elle les attrapa et les mit dans un grand sac poubelle en se jurant de les donner à une association. Elle enfila le seul jeans noir slim qu’elle possédait et choisit un t-shirt à dos nu qu’elle n’avait jamais mis. Elle terminait son tri lorsque la sonnette retentit. Sophie descendit les marches en manquant de se casser la figure.

Quand elle ouvrit la porte, madame Jarosz attendait.

— Bonsoir, je viens te chercher, tu ne vas pas rester toute seule dans cette grande maison. Le temps que ta mère ou que ton père rentre tu vas rester à la maison. Prépare un sac et je t’emmène.

— Mais je peux très bien m’occuper de moi même et puis ma mère a fait des courses.

— Ce n’est pas un souci, on va congeler ce qui peut l’être et on va emporter ce qui doit être consommé rapidement. Avec tout ce qui vous est arrivé, tu ne vas pas rester toute seule, un peu de compagnie ne te fera pas de mal. Ta mère ignore quand elle rentrera et te savoir seule ici n’est pas possible. J’imagine que tout cela a dû te chambouler. Un peu d’attention ne pourra pas te faire de mal. Aller prépare un sac. Je m’occupe du réfrigérateur. Pense à emporter tes affaires de cours. Et prends un maillot de bain !

Il était évident que madame Jarosz n’écouterait pas ses protestations et Sophie malgré tout appréciait ce geste, elle avait peu envie d’être seule ce soir là… sauf qu’elle ne souhaitait pas se retrouver sous le même toit que Stan. Mais faire comprendre cela à madame Jarosz risquait d’être fort compliqué et quand elle tenta de se justifier, la mère des deux garçons refusa d’entendre quoi que ce soit. Aussi, elle remonta dans sa chambre et prépara un sac pour les trois prochains jours, ajouta sa trousse de toilette, mais laissa le fer à lisser. Dans un sac à dos, la jeune fille prit son ordinateur portable, ses chargeurs et avant de redescendre elle envoya un SMS à Pauline pour l’avertir qu’elle partait chez les Jarosz pendant quelques jours. Elle aurait sans doute préféré rester dormir chez sa copine. Rosa savait que Sophie avait mis de la distance entre elle et les deux frères après ce qui s’était passé. La mère de famille estimait que c’était à eux de régler cela et elle ne souhaitait pas intervenir et elle le lui affirma sans détour. Sophie appréhendait de se retrouver face à Stan qu’elle avait évité le matin même d’autant plus que ses sentiments envers lui n’eussent pas changé d’un iota.

Elles traversèrent toute la ville et Sophie découvrit un quartier pavillonnaire à l’ouest de la ville dont les rues portaient toutes un nom de fleurs. Le vendredi soir, vu l’heure tardive, elle n’en avait pas aperçu grand-chose. Rosa arrêta sa Capture rouge devant une villa de grande taille au style méditerranéen, la façade ocre et les menuiseries mauves détonnaient un peu au milieu de ces demeures blanches aux toits gris. Le terrain abritait un grand jardin et comme elle ne tarda pas à le découvrir une piscine couverte que les occupants de la maison pouvaient utiliser en toute saison.

— Vous avez une bien belle villa.

— Merci. Mon mari est entrepreneur, ça aide bien et mon hobby est la décoration. J’ai toujours voulu que ma maison soit un nid douillet pour ma petite famille. Quand elles entrèrent par la porte-fenêtre donnant sur la terrasse, une odeur alléchante arrivait de la cuisine. Elles trouvèrent monsieur Jarosz et Éva en train de cuisiner. Rosa avait averti son mari de la présence de Sophie pendant qu’elle allait la chercher. Celui-ci l’impressionna avec sa très haute stature et sa carrure en conséquence. Elle nota que ses fils, surtout Iwan, lui ressemblaient beaucoup. L’aîné des garçons possédait les mêmes cheveux blonds cendrés que son père portait courts, les deux frères avaient les mêmes yeux d’un gris bleu translucide et Stan le même sourire charmeur. Le cadet avait cependant un petit quelque chose du charme italien de sa mère, la même chevelure sombre et son teint à peine ambré. Rosa était une femme de quarante-cinq ans environ à la beauté latine et Éva en était tout son portrait. Tout de suite la famille Jarosz la mit à l’aise, Alexy, la petite dernière, une adolescente de treize ans l’entraîna à l’étage vers les chambres et lui montra celle qu’elle allait occuper jusqu’à ce qu’un de ses parents rentre. Une belle pièce moderne dans un camaïeu de… rose et de gris. Bien qu’elle n’aima pas trop cette couleur girly, elle reconnut que cela était fait avec goût. Chaque meuble ou objet était disposé afin de créer une atmosphère douillette.

— Tu aimes les jeux vidéo ?

— Un peu, mais je ne joue pas souvent, nous on ne joue pas trop chez moi… mes parents, surtout ma mère n’aime pas trop et c’est elle qui choisissait ce que l’on avait le droit de jouer.

— Oh, sont pas très cool tes parents, nous on joue parfois en famille quand mes parents ont le temps.

— Pas toujours cool en effet.

— Ils font quoi comme travail tes parents ?

— Mon père est ingénieur dans la robotique et ma mère est prof d’anglais et de langues orientales.

— Super, ton père fait des robots ? demanda fort intéressé la benjamine des Jarosz.

— On peut dire ça, il est au Japon en ce moment pour la mise au point de nouveaux robots.

— Génial, j’adorerai aller au Japon, tu y es déjà allé toi ?

— Oui une fois quand j’étais petite.

Sophie installa ses affaires et suivit l’adolescente. Elle était loin de s’attendre à être accueillie de la sorte, la famille Jarosz se montrait gentille, chaleureuse. Elle venait de redescendre quand son téléphone sonna. Sa mère appelait enfin. La conversation fut courte. Le temps de l’informer qu’elle était toujours à l’hôpital et qu’elle restait à Paris quelques jours jusqu’à la sortie de son frère. Puis Lan Anh raccrocha. Sophie ne savait rien, où était hospitalisé Mathias, pourquoi ? Pas le moindre mot de la part de madame Nguyễn Văn Lô afin de l’informer des détails, pas le moindre mot pour lui demander si elle allait bien. Sophie avait juste eu le temps de lui dire où elle se trouvait.

Elle regardait son smartphone l’air dubitatif et ne ressentit que de la déception une fois de plus.

— Ça ne va pas ? s’inquiéta Éva devant la mine triste de la jeune fille.

— Si ça va.

— Je ne crois pas. Qu’est ce qu’il y a ?

— Toujours la même chose… il y en a toujours pour mon frère Mathias, parfois j’ai l’impression de ne pas exister, d’être juste la parfaite petite fille, mais pour ma mère je ne suis que ça, une petite fille qui ne fait jamais de vagues, qui fait ce qu’on attend d’elle.

— Je suis désolée, viens. Éva la fit asseoir sur le canapé. Explique-moi.

— Tu dois croire que je suis une vilaine gamine jalouse de son frère aîné.

— Je ne crois rien.

Sophie lui expliqua en quelques mots la situation. Son impression d’être toujours la cinquième roue du carrosse, les soucis de Mathias avec la drogue, ses copains, les problèmes de délinquance… Kim. Son père souvent absent avec qui elle s’entendait bien, mais qui exerçait une telle pression sur les épaules de Mathias, à tout le temps lui reprocher de ne pas être le fils qu’il aurait aimé qu’il soit. À ne voir en Sophie que la parfaite petite fille qu’il faut protéger et qui n’acceptait pas au final qu’elle ait pu grandir.

— Tu sais les parents ne sont pas des gens parfaits, affirma monsieur Jarosz qui avait entendu la conversation sans intervenir.

— Excusez-moi, Éva, sais-tu où sont tes frères ? questionna Rosa.

— Parti répéter comme tous les mercredis, pourquoi ?

— Il est presque vingt heures et ils ne sont pas rentrés.

****

— Stan ? C’est bon on peut rentrer maintenant ? T’es sûr que tu vas y arriver ?

— Ouais, ouais.

Stan tira une ultime fois sur le joint et le laissa à ses copains. Le jeune homme avait abusé, il sen était enfilé plusieurs et avait bien servi le dernier, aussi il tenait à peine debout et son frère dut l’aider à entrer dans la Clio.

— Putain Stan t’abuse, regarde-moi ça dans l’état où tu t’es mis. Maman m’a déjà envoyé trois SMS. Tu tiens à peine sur tes pattes.

Iwan envoya un SMS à sa mère pour l’informer qu’ils arrivaient. Après, un court voyage, il se gara devant la villa familiale tandis qu’il n’était pas encore vingt heures trente. Il secoua son frère endormi.

— Laisse-moi dormir…

— Bouge ton cul !

Iwan le fit sortir et l’aida à marcher jusqu’à la maison. Quand ils franchirent la porte et se retrouvèrent dans le salon, les deux garçons demeurèrent interdits en découvrant Sophie assise sur le sofa en pleine discussion avec Éva et leur père.

Rosa qui amenait un plateau de jus de fruits et d’apéritifs accompagnés de petits canapés les informa :

— Sophie va rester quelques jours avec nous jusqu’à ce que ses parents rentrent.

— Mon frère a été retrouvé.

— Super ! Il va bien ? demanda Iwan.

— J’en sais rien !

Stan faisait un effort surhumain pour rester debout. Il contourna tant bien que mal son frère et s’affala dans le seul fauteuil vide. Les idées embrouillées par l’abus de cannabis et les quelques bières qu’il avait bues. Sophie avait trop vu son frère dans un tel état, il l’ignorait, mais il lui renvoyait une image qu’elle ne voulait plus voir, une image signe de souffrance.

— Stan ! Viens dans mon bureau ! ordonna Bohdan Jarosz. Stan ! Bouge-toi !

Iwan aida son frère à se lever et voulut le suivre.

— J’ai dit Stan !

Sophie suivit du regard le jeune homme marchant d’un pas lourd et hésitant.

— Ce n’est pas son habitude… fit remarquer Iwan. Je suis désolé…

— Tu n’as pas à t’excuser.

— Qu’est ce que vous avez fichu ? demanda Rosa excédée.

— Moi rien ? Maman tu sais très bien que lorsque je conduis je suis toujours raisonnable. On était chez Thomas, on jouait. Stan ne va pas bienje ne sais pas ce qui lui a pris, mais il a fumé comme un porc. Ce qui s’est passé ce week-end ça lui remue la cervelle. Et puis cette garce de Justine avec ce qu’elle a fait sur les réseaux sociaux ça n’arrange pas les choses. Aujourd’hui ils sen prennent à Stan, bientôt ce sera à moi… et ça va retomber sur le groupe, sur la famille.

— Tu exagères peut-être un peu.

— Ah oui ? Je ne crois pas non. Regarde !

À ces mots, Iwan tendit son smartphone à sa mère et elle put voir les photos, les commentaires sur la page Facebook de Stan. Tous ces messages de haine. Cet acharnement contre quelqu’un que la plupart ne connaissaient même pas.

Rosa vit la foule de messages, les clichés et même la petite vidéo tournée par Justine. Les messages lus lui brisèrent son cœur de mère. La peine et la colère montèrent et elle jura :

— Puttana !

— Maman !

Un flot d’insultes en italien sortit de la bouche de madame Jarosz sous les yeux ébahis de ses enfants et de Sophie.

— On en discutera après manger. Excuse-nous Sophie pour tout ça. J’aurais préféré te recevoir dans de meilleures conditions.

— Ne vous en faites pas, c’est gentil à vous.

Pendant qu’Éva et Alexy mettaient la table et que leur mère rejoignait son mari et Stan dans le bureau, Iwan s’approcha de Sophie.

— Je sais que tu n’as pas trop envie de nous voir Stan et moi après ce week-end, j’imagine ce que tu as pensé en voyant mon frangin dans cet état. Mais sil te plaît, parle-lui. Je crois, je suis même certain que tu lui plais vraiment.

— Je lui ai déjà dit ce que j’avais à lui dire.

— Hé bien, une bonne discussion entre quatre yeux serait préférable.

— OK, je verrai ça.

— Un petit conseil, n’écoute pas ce que disent les uns et les autres… je crois que Stan craque vraiment pour toi.

Un bon quart d’heure plus tard, Stan et ses parents sortirent du bureau et tout ce petit monde passa à table. Il ne cessait de jeter des coups d’œil à Sophie qui s’était placé le plus loin possible de l’adolescent. Une fois le repas terminé Stan s’approcha de la jeune fille et l’entraîna vers l’extérieur loin des regards de sa famille et hors de portée de leurs oreilles. Iwan fit comprendre à tout le monde de les laisser seuls.

La main de l’adolescente dans la sienne, il la conduisit vers le fond du jardin près de la cabine où il avait si souvent joué avec son frère. Il posa sa main sur le cou de la jeune fille et caressa sa mâchoire du pouce.

— Je suis désolé pour ce qui s’est passé, je n’aurais jamais voulu ça. Je n’imaginais pas que Justine sen prendrait à toi. Sophie, je

Il s’approcha un peu plus d’elle et la plaqua contre le mur de bois avant d’effleurer ses lèvres. Sophie que Stan troublait le laissa faire et quand il l’embrassa elle répondit à son baiser comme elle l’avait fait le samedi soir puis elle finit par le repousser en murmurant un non timide.

— Pourquoi ?

Le jeune homme ne comprenait pas, elle répondait à ses lèvres, à ses caresses puis le repoussait sans explications. Alors, il prit son visage entre ses mains et plongea ce regard d’un même gris bleu presque translucide des Jarosz.

— Dis-moi ce que je t’ai fait. Ne me dis pas que tu ne veux pas de moi. Je sens encore le contact de ta langue contre la mienne, je me souviens de tes caresses… samedi si au lieu de rentrer dans cette maudite boîte, je t’avais entraîné vers les bords du Cher, nous savons tous les deux comment cela aurait fini. Je sais, je sens qu’il y a quelque chose entre nous. Sophie répond-moi !

— Je ne veux pas Stan !

— Mais pourquoi ?

Quand il se plaqua contre elle, il perçut le rythme de sa respiration accélérer, il ne vit pas les yeux de Sophie se fermer et l’effort qu’elle dut faire pour le repousser.

— Je ne veux pas c’est tout !

— Non, ce n’est pas tout ! Pourquoi me repousses-tu, pourquoi malgré ce que tu ressens, tu dis non. Je sais que tu en as envie autant que moi. J’ai envie d’être avec toi, de tout partager, je n’ai pas qu’envie de faire l’amour, j’aimerais tellement qu’on soit ensemble et

Ce qu’il lui chuchota les lèvres contre son oreille la fit rougir. Oh que oui elle s’imaginait très bien dans ses bras, sa peau contre la sienne. S’imaginer faire l’amour avec Stan ne lui déplaisait pas, bien au contraire, elle en mourait d’envie.

— Tu as peur ? Tu ne l’as jamais fait ? Tu n’as rien à craindre, je saurais me montrer doux, je n’ai rien d’une brute. Je ne e demande pas de faire l’amour, là tout de suite, juste d’être avec moi !

Elle posa la main sur son torse et le repoussa doucement. Stan n’était pas du genre à forcer une fille.

— C’est juste non ! Puisque tu veux tout savoir, je n’ai pas du tout apprécié ce qui s’est passé avec Justine, j’ai déjà vécu ce genre de chose et je n’ai pas envie d’être de nouveau la tête de Turc d’une folle. Je connais ta réputation et en effet je n’ai pas envie d’être ta énième conquête, la énième fille que tu culbuteras… comme je t’ai dit, je préfère éviter les amis de mon frère et ce que j’ai vu ce soir me fait dire que j’ai raison.

— Je ne culbute pas comme tu dis… je fais l’amour et avec toi j’ai envie de plus que ça.

— Plus que ça ?

— Oui plus que ça… bien sûr que j’ai une envie folle de toi, mais j’ai envie que ça dure entre nous, j’ai envie de passer du temps avec toi… Il s’est passé quelque chose entre nous. Il y a quelque chose chez toi de différent, je n’ai pas qu’envie de toi, je sais que tu es très jeune et moi aussi… mais j’adorerai qu’on passe du temps tous les deux… j’ai kiffé grave quand on a chanté ensemble. J’ai envie de tout connaître de toi… ton cœur, ton corps et ce qu’il y a dans ta tête, toutes tes envies, tes désirs. Au lieu de me fuir, j’aurais préféré que tu me parles, je peux aussi être ton ami, si tu as envie de pleurer je peux te prêter mon épaule… J’ai envie de tout savoir de toi, de tout connaître.

— Non Stan

— Je ne comprends pas tes raisons. Je ne suis pas un des potes parisiens de ton Anh Dũng.

— Je n’ai pas envie de savoir !

— Qu’est-ce que tu me reproches à la fin ?

— Mon frère choisit très mal ses amis et je n’ai pas envie d’en refaire les frais. Ta famille est super sympa, mais tu n’es pas ta famille. Je ne veux plus avoir affaire à Justine, je n’ai pas envie d’avoir mon petit ami saoul ou défoncé avec tout ce que ça engendre. Je n’ai pas envie de devenir une cible à cause de Justine et de ses messages sur les réseaux sociaux.

Ce dernier argument l’acheva. Il comprit que ce n’était pas la peine de lui ouvrir son cœur davantage…. Soit elle n’avait pas compris ou n’avait pas voulu comprendre. Stan la relâcha.

— Va tenet alors qu’elle s’éloignait, mais restait à portée de voix, il ajouta comme un reproche douloureux, tu n’essaies même pas d’apprendre à me connaître, tu m’as jugé et condamné sans appel.

Stan se laissa tomber sur le sol, tenté de se faire un dernier joint, mais il avait promis à ses parents de ne plus recommencer ou du moins de se montrer raisonnable. Les Jarosz toléraient que leurs enfants consomment du cannabis tant que cela demeurait occasionnel et sans excès, son père s’était bien chargé de lui rappeler fermement avant le repas dans son bureau. Il n’envoya pas paître Iwan lorsque celui-ci le rejoignit. L’aîné des garçons trouva son cadet affalé sur le sol, la tête entre ses bras reposés sur ses genoux repliés.

C’était la première fois qu’Iwan voyait son frère retenir des larmes. Jamais il ne l’avait vu pleurer pour une fille, mais il était évident que Sophie avait emprisonné son cœur et possédait le pouvoir de le briser. Stan n’avait pas besoin de cela après les derniers évènements et voir son frère au trente-sixième dessous lui noua l’estomac. Il s’assit près de son cadet, passa un bras fraternel autour de ses épaules et le serra contre lui sans rien dire. Il était désolé pour Stan, mais il comprenait hélas les réactions de Sophie.

— Elle a peur, juste peur… laisse-la, elle reviendra vers toi, elle n’est pas prête. Sophie n’a pas encore dix-sept ans… il ne faut pas lui en vouloir.

— Elle n’essaie même pas d’apprendre à me connaître, elle ne voit que le superficiel, ce qui se dit sur ces maudits réseaux… elle a une telle piètre image de moi.

— Montre lui qui tu es.

— Même ça elle ne veut pas savoir. Iwan… tu as déjà été amoureux… ?

— Non pas depuis le CP. Si ça avait été le cas, tu le saurais. Samedi, j’ai longuement discuté avec Sophie, ne la précipite pas, si elle ressent vraiment quelque chose pour toi, elle viendra d’elle même. Ne la harcèle pas.

— Ce n’est pas mon genre, une fille veut ou pas. Je sais les amener où j’ai envie, mais le gros stalker c’est pas mon truc. Je ne suis pas Justine.

— Je sais bienprends ton temps, séduits la comme tu sais si bien faire. Montre-lui ce que tu es : le mec génial, l’artiste, tu sais qu’elle y est sensible, celui sur qui on peut compter, ton humour. D’après notre discussion vous avez bon nombre de points communs… Et arriver défoncer ici devant elle c’était vraiment la mauvaise idée. Mais tu ne pouvais pas savoir qu’elle serait là.

Ils restèrent un moment à observer le ciel.

— Iwan ?

— Quoi ?

— Je l’aime, je suis fou d’elle et j’ai été incapable de le lui dire.

— Dis-lui en musique…

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Créer un personnage http://www.nathy.fr/creer-un-personnage/ http://www.nathy.fr/creer-un-personnage/#respond Tue, 27 Aug 2019 09:58:22 +0000 http://www.nathy.fr/?p=1321 De temps en temps, je vous proposerai des articles concernant l’écriture en elle même, ma façon de voir les choses. Peut-être que certains diront que c’est nul, que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire… blabla… que vous décidiez d’écrire juste pour vous ou pour être édité on s’en […]

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De temps en temps, je vous proposerai des articles concernant l’écriture en elle même, ma façon de voir les choses. Peut-être que certains diront que c’est nul, que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire… blabla… que vous décidiez d’écrire juste pour vous ou pour être édité on s’en fiche.

Une histoire ce sont des personnages, sans eux pas de roman ou de nouvelle. Le physique peut avoir son importance à la condition que son aspect soit un point essentiel sinon franchement on s’en fiche un peu. Ce qui importe c’est l’individu, ça manière de penser. Il faut vous mettre dans sa peau que ce soit la petite adolescente un brin marginale, le geek ou le psychopathe de service.
Évitez les clichés.
Un individu qu’est ce que c’est ? C’est un ensemble d’éléments qui va de son passé à son présent. Ce sont des passions, des traits de caractère avec ses qualités et ses défauts. Mais aussi des envies, des buts…
Votre personnage doit pouvoir exister… et être crédible. C’est-à-dire que si c’est un gros macho il va difficilement être féministe…

Pour vous donner un exemple, je vais vous décortiquer un de mes personnages favoris : Swann le prince cadet chez les vampires de mes romans. Hormis son physique qui détermine à quelle « race » humanoïde il appartient, il a une personnalité à part entière, un passé, des goûts et des couleurs, des points faibles des points forts…

Portrait de Swann

Portrait de Swann

Coté passé Swann (a plusieurs millénaires et ce n’est pas un vampire humain) vient d’une famille où sa mère l’a rejeté à cause de ce qu’il est à savoir un Néos (un vampire né chez son peuple), elle a même tenté de le tuer et a égorgé sa sœur jumelle alors qu’il n’avait que 5 ans (bonjour le traumatisme). Il a été la cible d’un pédophile et manipulé par son psychopathe de frère. À côté de ça, Swann est un artiste, mais qui a été éduqué par une caste de moines assassins.
Avec tout ça, on peut s’imaginer qu’au cours des siècles, il n’a pas été un enfant de chœur.
À notre époque, Swann est un personnage tiraillé entre sa nature et par le dégoût face à celle-ci. Il a plongé dans de multiples addictions tout en ayant gardé ce côté artiste et sa facette de tueur. Un personnage extrême et déséquilibré. Mais il n’est pas que ça, c’est un amoureux des arts en général, peinture, sculpture, musique. D’ailleurs il joue du saxo, aime le jazz et même le punk. Une des activités qui le font vivre est le tatouage. Il aime la cuisine fine, les belles fringues et roule dans une voiture modeste.
Il déteste les gens qui font du mal aux enfants et c’est un vrai bourreau des cœurs. Il a une relation forte avec son frère aîné pas le psychopathe) et il a quelques amis fidèles.

En vous parlant de Swann, ce que je voulais dire c’est qu’il faut que vous brossiez un profil qui puisse exister, un individu n’est pas tout noir ou tout blanc… mais une multitude de nuances et il s’inscrit dans un contexte socio historique. Même si vous écrivez du fantastique, de la fantasy ou de l’Urban fantasy, SF… Si votre individu vient de la cité avec peu d’éducation (bonjour le cliché) il ne va pas parler comme un prof de philo. De même si votre personnage vient de l’aristocratie, de la grande bourgeoisie, il y a fort peu de chance que son phrasé soit celui de la « racaille ».
Une femme du XVIIIe ne se comportera pas comme celle du XXIe même si c’est une femme indépendante, elle reste une femme de son époque.
Donc pour conclure, au pire faites-vous des fiches détaillées de votre individu et là je ne parle pas de la couleur de ses yeux ou de ses cheveux…

Si le physique a son importance, notez-le et tenez-vous-y, mais ne le rabâchez pas… s’il change de couleur de cheveux, n’oubliez pas de mentionner qu’il les a teints…
Si vous, vous faites 1m50 et que votre héros ou héroïne fait la même taille, les gens de 1m70 ne sont pas des géants, ils sont juste de taille moyenne…
Notez les affinités de votre personnage, ce qu’il aime et ce qu’il déteste. Il a une famille ? Quelles ont été leurs relations, des amis, idem… Quels sont ses qualités, ses défauts… n’oubliez pas que votre lecteur ne voit pas forcément les choses comme vous. Un défaut peut-être pour lui une qualité et vice et versa. Quelles études a-t-il faites ? Quel est son job ? A-t-il une religion ? Des idées politiques ? Est-il timide ou extraverti ? A-t-il des tics ?
Pour faire bref posez-vous des questions.

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