Extrait de roman contemporain

Il y a déjà plusieurs mois, en réalité pas loin d’un an, j’ai commencé un énième roman, mais ici point de créatures diverses puisqu’il s’agit d’un roman contemporain où l’on côtoie des adolescents et jeunes adultes avec leurs craintes, leurs soucis, bref la vie pas toujours rose… on y rencontre parfois l’amour aussi….. et son prix à payer.


Je vous propose aujourd’hui un extrait de ce roman qui j’espère vous donnera envie un jour de le découvrir.


Il n’a pour le moment pas de titre.

Stan marcha une bonne heure avant de rentrer chez lui, mettant des coups de pieds rageurs à tout ce qu’il trouvait sur son chemin. Comme il ne voulait voir personne, il traîna en chemin. Il était plus de minuit lorsqu’il franchit le portail de la demeure familiale, la Clio de son frère n’étant pas dans l’allée, il en déduit  qu’Iwan n’était pas encore rentré, cela l’arrangeait bien, il n’avait aucune envie de se retrouver face à son frère. Ses parents s’étaient couchés, sa petite sœur probablement et Eva était avec son amie pour le week-end.

L’adolescent se faufila dans le cellier et prit une bouteille de Żołądkowa Gorzka, une vodka à la belle couleur ambrée qu’un cousin envoyait depuis la Pologne, puis il monta discrètement dans sa chambre. Il jeta dans un coin ses chaussures et sa veste qui d’ordinaire étaient si bien rangées. Il se rendait bien compte qu’il avait agi comme un imbécile, mais il ne savait pas comment exprimer ce qu’il ressentait. Stan était malheureux, il connaissait peu de moyens pour s’exprimer. Aussi, il prit des feuilles et un crayon puis jeta pêle-mêle les idées qui venaient avec l’arrière-pensée de mettre tout cela en musique. A demi allongé sur le sol moquetté, le musicien griffonnait sans relâche, buvant une gorgée de temps à autre à même la bouteille. La rage qui bouillonnait en lui l’empêcha peut-être de se rendre compte de ce qu’il éclusait. Le temps passait sans qu’il prenne conscience de son état, concentré sur la chanson qu’il écrivait, il n’avait pas vu que la bouteille était à moitié vide. 

Quand il se releva, la tête lui tourna, mais il en fit peu de cas, il attrapa sa bouteille et s’installa sur son clavier, posa son casque sur les oreilles. Il n’entendit pas Iwan rentrer, quand celui-ci passa devant la chambre, il entendit Stan chanter, enfin s’égosiller serait plus juste vu son état alcoolique. Stan était fin saoul. Iwan poussa la porte de sa chambre et trouva son frère complètement ivre à moitié affalé sur son clavier, tentant de chanter, la bouteille de vodka pour ainsi dire vide.

— Stan ! Punaise tais-toi tu vas réveiller tout le monde!

— M’en… fous… Iwan… je…

Son frère le rattrapa au vol et parvint à l’emmener jusqu’aux toilettes où il vomit à peine arrivé.

— Qu’est-ce qui se passe ici ? tonna la voix puissante de leur père.

— Ça se voit non ? Il est complètement bourré !

— C’est comme ça que tu t’occupes de ton frère ? reprocha Rosa venue rejoindre son mari.

— Mais qu’est ce que vous avez fichu ? Vous avez vu vos têtes, vous êtes passés sous un rouleau compresseur ?

Devant leurs visages tuméfiés, madame Jarosz s’inquiéta, mais Iwan la rassura, ils n’avaient pas eu d’accident.

— Je t’expliquerai… J’ai trouvé Stan comme ça dans sa chambre, il est rentré bien avant moi.

— Vous n’étiez pas ensemble ? 

— Euh non, on s’est quitté vers onze heures.

— Tu vas m’expliquer tout ça pendant que ton frère cuve !

— Je peux aller dormir avant et t’expliquer tout ça après ?

— Non ! Mais tout d’abord tu vas aider ta mère à nettoyer votre bordel pendant que je couche ton frère !

Pendant que Bohdan attrapait son cadet sous le bras et l’emportait dans sa chambre, Iwan se retrouva seul avec sa mère qui lui tendit une éponge, une serpillière et tout le nécessaire pour nettoyer pendant qu’elle attendait patiemment qu’il finisse. Son père revint tandis qu’Iwan sortait de la douche après qu’il eut nettoyé les cochonneries faites par son frère et que Rosa soit allée rejoindre son mari qui peinait à coucher leur plus jeune fils. Voyant les bleus sur son torse dénudé, les parents devinèrent ce qui s’était passé.

— Mais vous vous êtes battus ?!

— Habille-toi, on t’attend dans la cuisine !

Lorsqu’il descendit, Iwan trouva ses parents attablés devant une tasse de café brûlant.

—T’en veux une proposa ? son père.

— Oui merci !

— On t’écoute ! Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Vous savez que Stan est amoureux de Sophie ?

— On a cru le comprendre en effet, mais c’est fini entre eux à cause de Justine, non ?

— Ce n’est pas si simple, Stan est complètement accro à cette fille. Je ne le reconnais plus… Il n’est vraiment pas bien.  On était au concert des Mantrax avec tous les potes du groupe quand Sophie est entrée avec son petit ami et ses copains. Stan l’a super mal pris et il a quitté le bar.

— Il n’a pas fait de mal à cette gamine ?

— Non, non il ne lui a rien dit, il est juste sorti  précipitamment. Il les a matés tout le temps où il était là. Quand j’ai voulu le rejoindre pour lui parler on s’est disputé. Je m’y suis peut-être mal pris, je voulais le faire réagir et Stan m’a attaqué, on s’est battu… ce sont les potes qui nous ont séparés… Stan s’en est pris à Sophie et tu penses bien que Anh Dũng l’a super mal pris.

— Anh Dũng ?

— Mathias… c’est son prénom vietnamien, il préfère qu’on l’appelle comme ça.

— Tu savais Rosa ?

— Non, mais c’est vrai que ce jeune homme est plutôt taciturne.

— Oui, il a de gros soucis… 

— On en a un peu parlé avec ses parents, ce n’est pas évident.

— Bref Mathias a prévenu Stan de se calmer et il s’est montré assez grossier… je n’ai pas eu le temps de dire ouf que Stan était au sol, Mathias n’y a pas été en douceur…

— Vous vous n’êtes pas battu  tous les deux quand même.

— Non, nous on a fini la soirée ensemble et Stan est rentré tout seul. J’ai passé une partie de la soirée à tenter de rattraper les conneries de Stan. Mathias voulait quitter le groupe, j’ai essayé de le raisonner. S’il s’en va, on  ne retrouvera pas un aussi bon guitariste avant longtemps et on peut dire adieu au concert au 109. Mathias doit passer demain, enfin tout à l’heure pour me donner sa réponse.

Rosa soupira.

— Vous êtes bien compliqué mes enfants, mais ça m’étonne de la part de ton frère, ce n’est pas son genre.

— Tu sais comment sont les ados, à leur âge ça rend les garçons cons.

— Même si tu n’as pas pris de gants, ça m’étonne que s’est-il passé? Vous ne vous êtes jamais disputé pour une fille à ma connaissance.

— Non, jamais… Stan m’a accusé de vouloir lui prendre Sophie pour faire bref.

— Et il a raison ? Elle est bien jolie cette petite.

— Oui, elle me plaît, mais elle a seize enfin presque dix-sept et moi vingt… c’est une gamine. Et quand j’ai vu comment ça se passait entre Stan et elle, je n’ai rien tenté, je ne ferais pas ça à mon frère.

— Tu ne serais pas le premier, fit observer monsieur Jarosz.

— Elle me plaît, Stan lui est amoureux, c’est différent. Je ne vais pas lui faire ça, et en plus il y a le groupe. Je l’ai même prévenu que je ne voulais pas d’histoire vu qu’elle est la sœur de notre guitariste.

— C’est tout à ton honneur mon fils, affirma Rosa en déposant un baiser sur le front de son aîné.

— Bon puisque je suis levée, je vais préparer quelques trucs. Alors pour l’anniversaire de Sophie vous faites quoi ? 

— J’en sais rien !

— Et Mathias, tu nous as dit qu’il voulait se mettre au vert à la campagne pendant les vacances et que vous en  profiteriez pour répéter c’est toujours d’actualité ?

— Pareil, cette soirée a été une vraie cata.

— Allé, va te coucher, on dit que la nuit porte conseil, je vais aider ta mère.

— Tu ne bosses pas aujourd’hui ?

— Non on a des choses à voir tous les deux.

— Ok, désolé de vous avoir réveillé.

Épuisé, Iwan s’écroula sur son lit à peine déshabillé et fut réveillé par sa mère à treize heures pour venir déjeuner. Stan, lui, dormait à poings fermés, assommé par la quantité de vodka bue. Sa mère et son père s’étaient rendus à son chevet régulièrement afin de s’assurer que tout allait bien. Ils n’eurent pas besoin d’appeler les secours, Stan dormit du juste jusqu’en début d’après-midi. Quand il ouvrit les yeux, il se sentit lourd, la tête pesante et douloureuse, vaseux. Lorsqu’il sortit de son lit, il réalisa qu’on l’avait déshabillé et qu’il ne portait pour tout vêtement que son boxer. Il chancela, tituba jusqu’à la salle de bain afin de se passer un peu d’eau sur le visage.  Il voulut boire un verre d’eau, mais aussitôt avalé, il ressentit une violente envie de vomir et eut à peine le temps d’aller dans les toilettes pour rendre le peu qui lui restait dans l’estomac. Plus nauséeux qu’à son réveil, il descendit péniblement au rez-de-chaussée.  Bohdan l’accueillit avec un léger sourire.

— Bonjour mon fils ! La nuit a-t-elle été bonne ? Un petit verre ?

— Non merci.

— Bois ! 

Son père lui tendit un verre de vodka blanche bien plus forte que l’ambrée aux plantes qu’il avait bu.

— Je n’ai pas envie… parvint-il à dire.

— Bois ! J’attends !

Bohdan poussa le verre plein devant son fils et resta face à lui les bras croisés attendant qu’il boive. Stan malgré ses pensées encore confuses comprit que son père ne bougerait pas tant qu’il n’aurait pas avalé le verre de vodka. Rien que l’odeur réveilla ses nausées. Il avala difficilement sa salive et fit un énorme effort pour tremper ses lèvres dans le breuvage. La saveur brûlante s’insinua dans sa bouche, coula doucement dans sa gorge. Stan ferma les yeux et se força à avaler l’eau-de-vie. Il eut la sensation qu’un feu infernal ravageait ses tripes, un violent hoquet le secoua et il se précipita vers le jardin pour y vomir de nouveau sous le regard amusé de son père. Monsieur Jarosz versa un grand verre d’eau, avec un peu de citron et de miel et tandis le verre à son fils revenu s’asseoir. 

— Crois-tu que c’était nécessaire ?

— Papa… je…

— Qu’est-ce qui t’arrive ?

Les larmes qu’il tentait tant bien que mal de retenir surgirent malgré lui. Stan se sentait honteux, mais son père le rassura, il n’y avait rien de honteux à pleurer.

— Ça t’est arrivé à toi ? 

Il imaginait mal son père, un grand gaillard que la stature imposante impressionnait. Bohdan intimidait les gens, en général on ne vient pas chatouiller un tel individu et l’imaginer pleurer était peu probable.

— Oui comme tout le monde.

— Comme tous les enfants…

— Adulte, oui j’ai pleuré de joie, de tristesse aussi de colère parfois.

— À cause d’une fille ?

— Aussi.

— Toi ? Pour une fille ?

— Oui à cause de ta mère, le jour où elle a voulu me quitter quand j’étais encore au lycée parce que je m’étais comporté comme un idiot. Une jolie fille m’avait fait du rentre-dedans et je n’ai pas su la repousser, ta mère l’a su, je me suis pris une paire de baffes et je l’ai suppliée de ne pas me quitter… peut-être est-ce les larmes d’un grand gaillard comme moi qui ont fait flancher son petit cœur. Ta mère c’était ma princesse, mon moteur…

— Et aujourd’hui?

— C’est toujours pareil, je recommencerais ce que j’ai fait. J’ai épousé ta mère à la sortie de ma terminale, elle attendait ta soeur et… ce n’était pas vraiment un accident, on en a bavé les premières années, s’occuper d’un bébé, le service militaire, les études, mais nos parents nous ont aidé du mieux qu’ils pouvaient. Je n’ai aucun regret. Mais toi c’est la petite Sophie pour qui tu verses toutes ces larmes ?

— Oui…

— Tu es donc si amoureux d’elle que tu te battes avec ton frère, mais pourquoi au juste ?

— Parce que je me suis comporté comme un con.

— C’est bien de le reconnaître, mais ça serait mieux de ne pas recommencer… Tu en as discuté avec Sophie ? Je n’ai pas voulu me mêler de vos affaires et ta mère non plus, on a fait notre possible par rapport à Justine, mais c’est un autre souci, mais je croyais que Sophie et toi c’était réglé d’une manière ou d’une autre.

— À cause de Justine, elle ne veut plus de moi.

— Tu ne peux pas lui en vouloir…  Mais sais-tu quels sont ses sentiments ? 

— Non… nous n’avons même pas pu en discuter, Sophie s’est complètement refermée comme une huître. Quand je la vois, j’ai l’impression que mon cœur va exploser… j’ai envie de mourir…

— Ne dis pas ça, personne ne mérite que l’on meure pour lui. Viens là ! 

Bohdan se leva et fit signe à son fils d’approcher, il le serra contre lui en une étreinte virile, réconfortante.

— J’ai si mal…

— Je sais. Ce sera long pour que tu l’oublies.

— Je n’ai pas envie de l’oublier. J’ai envie d’être avec elle et je sais que si Justine n’avait pas foutu la merde, Sophie serait avec moi.  Ça allait bien entre nous…

— Oui, enfin vous n’êtes pas restés bien longtemps ensemble, affirma Iwan qui venait d’entrer.

Le jeune homme était remonté comme un coucou contre son frère. 

— Tu sais très bien pourquoi, et toi tu n’as pas arrangé les choses !

— Maintenant c’est de ma faute !

Bohdan se mit entre ses fils et leur ordonna d’un ton qui ne souffrait pas de répliques qu’ils devaient rester tranquilles.

— Vous n’allez pas vous rebattre, sinon j’en prends un pour taper sur l’autre ! C’est quoi ces manières de rustres ? Qu’est-ce qui vous prend ?  Je doute que Sophie apprécie que vous mettiez sur la plume pour ses beaux yeux ! Vous allez discuter tranquillement autour de la table ! Qui veut un café ?

— Bon discutons ! Je t’avais prévenu que je ne voulais pas d’histoires qui risquaient de mettre le groupe en péril, maintenant t’es content… on a probablement perdu notre guitariste. Tes remarques sur Sophie et moi devant son frère, ce n’était pas malin. Oui, je sais tu es malheureux, elle ne veut pas de toi alors tu en fais profiter tout le monde ! Les dégâts autour tu t’en fous. Elle t’a dit non, qu’est ce que tu n’as pas compris ?

— Elle ne m’a pas dit non, elle m’a dit de régler mes problèmes !  

— Tu n’as pas vu, elle est avec quelqu’un d’autre ?

— Je n’avais pas remarqué…  ce n’est pas parce que tu n’es jamais tombé amoureux que les autres doivent faire de même. Qu’est-ce qui te dérange dans le fait qu’on soit ensemble ?

— Ce qui me dérange ? Mais tu te fous de moi ?  Ce qui me dérange ? C’est la sœur de Anh Dũng, voilà ce qui me dérange, tu sais le pote qui devait jouer avec nous, je te rappelle qu’on a un concert à assurer pour le 31 octobre.

— Comment ça qui devait ?

— Après ta merveilleuse prestation d’hier, Anh Dũng a décidé de nous lâcher, j’espère avoir rattrapé le coup, j’ai passé le reste de ma soirée à tenter de le convaincre de rester. Tu as vraiment foutu un beau merdier !

— Bin, tu sais pas, c’est moi qui vais partir !

— Mais t’es con ou tu le fais exprès ? Le groupe sans toi n’existera plus. 

— Mais si voyons Anh Dũng est un très bon compositeur, un bon musicien et il a une belle voix, vous n’avez plus besoin de moi, je gène apparemment ! 

— Oh on se calme, ce que je vois ce sont deux jeunes abrutis ! Stan va faire des excuses au frère de Sophie et vous allez vous serrer la main. 

— Mais…

— Il n’y a pas de mais !

— Anh Dũng ne devrait pas tarder, pour ton info il m’a demandé si on pouvait l’aider pour l’anniversaire de Sophie et comme une andouille je lui ai assuré que tu ne poserais aucun problème…. et je l’ai invité à passer les vacances à la maison de campagne pour répéter. Maintenant je fais quoi ?

Stan tendit la main à son frère et lui présenta des excuses. 

— Tu peux nous laisser quelques minutes Stan, j’ai à parler à ton frère !

Une fois seuls, Bohdan s’adressa sans ménagement à l’aîné de ses fils. Il lui reprocha son manque d’empathie pour son cadet. En se mêlant de sa relation avec la sœur de Mathias, il n’avait pas arrangé les choses. Que Anh Dũng veuille protéger sa petite sœur était compréhensible surtout après ce qui s’était passé, mais lui n’avait rien à dire. Si aujourd’hui le groupe était en danger, c’était sa seule faute. Il aurait dû comprendre les réactions de son frère qui passait une mauvaise passe du fait de ses sentiments, mais aussi à cause de Justine et de tout ce qui s’était passé. 

— Maintenant, tu vas laisser Stan et Mathias se débrouiller seuls, ils sont assez grands pour régler leurs problèmes et toi tu n’interviens pas.

— Mais si le groupe…

— Tu ne bouges pas le petit doigt, ce sont deux garçons intelligents, tous deux avec leurs soucis, tu les laisses gérer ça.

— Je suis le manager du groupe, c’est mon boulot !

— Non ! Ton boulot c’est de t’occuper du groupe pas de la vie privée de ses membres, ils n’ont pas besoin de toi sur ce coup-là ! Si je te vois mettre la pagaille, une nouvelle fois c’est moi qui vais intervenir !

— Jasne ?!

— Oui papa…

Iwan n’était pas ravi de s’être fait remonter les bretelles. 

****

À quinze heures, Mathias se présenta à la porte, accueilli par Rosa et Bohdan celui-ci lui annonça que Stan l’attendait. Le jeune homme fronça les sourcils et le rejoignit dans le bureau de monsieur Jarosz.

— Salut ! Je suis désolé pour hier… je me suis comporté comme un con. Je gère mal tout ça.

— T’inquiète, la nuit porte conseil. Je suis mal placé pour te juger… j’ai un peu discuté avec Sophie… elle voulait savoir ce qui s’était passé hier soir. Elle ne voulait pas te faire de peine. Tu sais ce n’est pas facile pour elle non plus. Ma sœur ne fait que se protéger et je t’ai expliqué pourquoi… C’est ma petite soeur et j’ai fait tellement de conneries que maintenant j’essaie de réparer et tu m’as mis en colère. 

— Je ne voulais pas l’insulter, mais mon frère me gonfle, il se mêle de ce qui ne le regarde pas et il n’y comprend rien. Tu veux vraiment partir du groupe ?

— Franchement j’y ai pensé… mais ça serait une erreur. J’aime ce que vous faites, on s’entend plutôt bien. 

— Ravi de te l’entendre dire !  J’ai su que tu voulais faire un truc pour l’annif de ta soeur, ça pose un souci si je lui offre un cadeau ? Ça me ferait tellement plaisir. Je me sens un peu con…

— Y  pas de mal. Elle sera ravie… tu sais Sophie, elle t’aime bien, mais elle essaie juste d’oublier…

— Mais pourquoi ?

— Elle a peur c’est tout, tu sais Kim…

— Yep je sais.

— Laisse-là respirer, je suis certain que ça s’améliorera entre vous, ce n’est qu’une question de temps. Son copain est gentil, mais je ne suis pas certain que leur relation aille bien loin… ce n’est pas toi… je ne t’en dirai pas plus, mais je suis le confident de ma sœur… alors ne perd pas espoir mec. C’est bon ? 

— Merci Anh Dũng, t’es un super pote !

— Toi et ton frère vous êtes supers… il t’a dit que je passerai peut-être une semaine ou toutes les vacances dans votre maison à la campagne…

— Ouais je sais, tu as besoin de verdure… je comprends, on en profitera pour répéter un peu si ça ne te pose pas de soucis ?

— Bonne idée, si je suis en état. Je veux surtout être sans mes parents et je veux en profiter pendant qu’Elo sera là.

— L’amie de ta sœur ?

— Ouais… comme ça elle ne sera pas seule.

— J’ai une nouvelle chanson à bosser que je voudrais mettre au point pour le concert, la mélodie je l’ai écrite cette nuit, mais j’étais complètement bourré, j’ose pas savoir ce que j’ai fait.

— Hé bien on va écouter tout ça.

— Ça marche ! Faut que je te prévienne, c’est à propos de ta sœur…

— J’avais compris… 

Ils sortirent retrouver Iwan dans sa chambre.

— Salut ! La nuit n’a pas été trop courte  ? demanda l’aîné.

— Bof, j’ai pas fermé l’oeil de la nuit, mais j’ai l’habitude, ça m’arrive souvent quand c’est comme ça je compose, j’écris… 

— Pour hier soir…

— Laisse tomber, on a réglé nos différents Stan et moi. T’inquiète pas pour le groupe, je ne vais pas m’enfuir.

— Pour ta soeur…

— Laisse, Sophie est assez grande pour faire ses choix. On ne s’en mêle pas, tant que ton frangin ne harcèle pas ma frangine, ne l’agresse pas, je n’ai aucune raison de me mettre entre eux. On en avait déjà discuté, je ne veux qu’une chose que ma petite sœur soit heureuse avec lui ou un autre ça ne me regarde pas. Pendant longtemps j’ai foutu les pieds dans le plat en exigeant qu’elle sorte avec un asiate aujourd’hui je m’en fiche. Kim l’était et ça ne m’a pas porté chance. Vous oubliez un peu ma sœur et tout ira bien, si Stan la fait kifer ou pas c’est leurs problèmes pas le nôtre. 

Mathias savait ce que Sophie pensait, mais ce n’était pas à lui à régler ça.  Elle tentait juste de mettre de la distance, elle avait ses raisons qu’il ne comprenait que trop bien et ces raisons s’appelaient Justine et seulement ça.

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