Extrait de Dark-Side 4

Le titre du 4ème tome sera L’Hallali

J’ai repris tout doucement l’écriture de cet ultime tome. Il sera bel et bien le dernier de la série Dark-Side cependant les ichoriens se retrouveront dans d’autres histoires.


Au petit matin lorsqu’Ashtart s’éveilla, le corps désormais froid de cet amant d’une nuit reposait dans une marre de sang figé. L’immortel y jeta à peine un œil. Il se dirigea vers sa salle de bain où le bac plein d’une eau chaude et parfumée l’attendait. Il se glissa dans l’onde mousseuse avec délice, ferma les yeux et se laissa aller au plaisir du bain, de mains douces venues le laver. Quand il en eut assez, le vampire chassa ses servantes, se rinça, se sécha et s’habilla d’un ensemble de tissu bleu et vaporeux qu’il affectionnait tant. Il se mira dans le grand miroir ovale, observa ce visage fin à la peau ivoirine. Il lissa sa chevelure d’argent et une fois satisfait il quitta la salle de bain. Quand il entra dans sa chambre, il n’y avait plus aucune trace de cette nuit agitée si ce n’était l’odeur douceâtre des produits de nettoyage et du désinfectant malgré les bougies parfumées.

Il fit appeler Sainte-Croix et lui demanda si Swann était encore là. Son séide lui apprit que son frère était allé se promener. Il le retrouva parmi ses guerriers à l’entraînement.

— Tu as repris les armes Swann ?

— Il semblerait…

— Quand tu auras pris ta douche rejoins-moi dans mon bureau.

Quelques minutes plus tard, Swann rejoignit son frère où il lui avait demandé. La vaste pièce était meublée avec goût d’un style moderne et raffiné, des boiseries rares aux voilages fins d’un bleu de Prusse jusqu’aux coussins d’or et d’azur. Le prince prit place face à l’hermaphrodite dans un fauteuil moderne et confortable, il plia ses grandes jambes et attendit qu’Ashtart ne parle.

— Je suppose que tu ne vas pas rester parmi nous ?

— En effet, en réalité je suis même venu te faire mes adieux.

— Tes adieux ? répéta Ashtart, fronçant les sourcils pendant que ses mains fines se crispaient sur ses accoudoirs.

— J’ai décidé de me retirer de ce monde. Je ne peux vivre dans un monde où mes deux frères vont s’entre tuer. Aujourd’hui sera la dernière fois où tu me verras. Je ne compte plus avoir le moindre contact avec les autres ichoriens ou les humains.

— Swann ! Je t’en prie ne fais pas ça ! Comment peux-tu me dire ça aussi calmement. C’est comme si tu m’annonçais que demain tu serais mort. Je n’imagine pas de vivre si mon petit frère n’est plus de ce monde.

—Je n’ai jamais dit que j’allais mourir. Tu me déçois Ashtart, je n’attendais pas cela de toi… je pensais que tu serais plus compréhensif, que tu ne ferais pas comme Edern.

— Ne me compare pas à lui ! Qu’à fait Edern ?

— Rien, je ne le lui en n’ai pas laissé l’occasion, quelqu’un d’autre le fera pour moi. Edern ignore tout de ma décision et je sais qu’il serait fichu de m’enfermer pour m’interdire de partir. Il ne comprendrait pas, j’espèrais que toi tu saisirais…

— C’est à cause de nous ? Du passé ? Il n’y a rien qui puisse te faire changer d’avis ?

—Rien et non ça n’a rien avoir avec tout cela, j’en ai juste besoin. Ce monde n’est pas pour moi c’est tout.

Sur ces mots, il se leva pour prendre congés.

— Attends !

Ashtart fit le tour du bureau et prit son frère dans ses bras. Il lui rappela son cadeau de la veille et lui offrit son poignard, une arme qui ne le quittait jamais, forgée il y avait des siècles. Puis il laissa partir son benjamin. Swann ne vit jamais les larmes sur les joues de son frère lorsqu’il franchit la porte. L’immortel l’observa sur les écrans de contrôle pendant encore longtemps et exigea qu’on le laisse seul. Il avait eu envie de hurler, de le supplier de ne pas partir et c’était la poitrine serrée, le cœur en miettes que l’immortel avait vu la haute silhouette s’amenuiser puis disparaître.

Après la souffrance vint la colère. Ashtart rendit Edern coupable, il était évident pour lui que le départ de Swann, ce retrait du monde ne pouvait être que l’œuvre de leur frère aîné. La rage explosa d’un coup. D’un revers de la main Ashtart balaya tout ce qui se trouvait sur son bureau en maudissant son frère.

— Tu vas crever ! Je te hais !

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