Chapitre 3

Justine était fébrile, c’était la rentrée scolaire et l’objet de ses désirs retournait en cours. Pendant tout l’été la jeune femme l’avait suivi de loin en loin. Elle l’avait pris en photo dès qu’elle le pouvait, elle était allée voir tous les concerts du groupe où il chantait. Son cœur battait pour le jeune artiste et pas un seul instant elle n’imaginait qu’il puisse battre pour un autre. Le savoir entouré d’encore plus de filles, quel que soit leur âge l’inquiétait. Elle voyait en ses adolescentes ou ses jeunes adultes autant de concurrentes.

Elle se prépara avec minutie ne laissant rien au hasard. Quelques jours auparavant elle avait noirci les pointes de sa chevelure lissée avec soin. Comme chaque jour, la jeune femme de la vingtaine  s’était fardée afin qu’aucun défaut ne vienne entacher sa plastique parfaite. Justine était une très belle jeune femme à la peau ambrée que le soleil avait parée de tons chauds. Elle rehaussa son teint d’un soupçon d’high-lighter doré, ourla ses yeux de fards dans les mêmes nuances rehaussant le bleu de ses grands yeux qu’elle souligna d’un trait de crayon noir. Elle posa de faux cils et termina par un lipstick pêche. Satisfaite du résultat elle choisit une tenue élégante et pratique qui mettait en avant les courbes de son corps fin. Quand l’image que lui rendait le miroir la satisfit, elle sortit de sa chambre pour aller prendre son café. Ses parents, des gens fort aisés, regardèrent leur fille avec tristesse. Il y a longtemps qu’ils ne faisaient plus de remarques. Ils avaient cessé de lui dire que Stan n’était pas pour elle, qu’il était trop jeune et qu’une si belle fille pourrait se trouver un jeune homme de son âge, mais elle n’avait jamais voulu les écouter. 

— J’espère que cette année sera meilleure, soupira son père ?

Justine ne lui répondit pas, elle haussa les épaules, attrapa son reflex et sortit. Elle regagna sa petite Twingo  blanc diamant, offerte pour ses vingt ans, et partit en direction du lycée Georges Sand où elle entrait en seconde année de préparatoires lettres pour la seconde fois. La circulation dense de ce jour de rentrée risquait de la retardée aussi elle choisit d’aller directement au lycée plutôt que de se rendre devant le domicile des Jarosz. Elle se gara à proximité et guetta l’arrivée de Stan.

***

Quand Stan entendit le ding annonçant l’arrivée d’un SMS, il consulta ses messages. Un mot, de Justine probablement, lui déclarait son amour. Il effaça le message comme tous les précédents sans répondre et mit son portable sur silencieux.

***

Lorsque Paul se leva très top pour aller prendre son avion à Orly pour se rendre au Japon, toute la maison était encore endormie. Il aurait préféré s’en aller  sur une meilleure situation. Il était ennuyé de partir ainsi et de laisser sa femme seule avec leurs deux adolescents à gérer.  Il se promit de les joindre une fois installé dans son petit logement à Tokyo.

***

Le petit déjeuner ne fut pas mieux que le dîner, Mathias ne descendit de sa chambre que pour sortir, monter sur sa moto et partir vers le lycée. Sa mère et sa sœur ne virent que sa silhouette passer en coup de vent. Les mots de Lan Anh l’invitant à venir les rejoindre ne reçurent aucun écho, la porte s’était déjà refermée.

Sophie restait là en silence et ne répondait que par oui ou non à sa mère. Celle-ci soupira agacée.

— Hé bien on peut dire que les discussions dans cette maison sont très enrichissantes…

Un haussement d’épaules lui répondit alors que sa fille quittait la table avant de rejoindre sa chambre pour se préparer pour ce second jour de lycée. Elle se demandait si Pauline n’allait pas l’ignorer après l’épisode de la veille. L’adolescente terminait de se préparer quand la sonnette retentit. La gifle de Mathias avait laissé des traces malgré la poche de glaçons et le fin voile de fond de teint emprunté à sa mère. Madame Nguyễn Văn Lô ouvrit et se retrouva face à une jeune fille aux cheveux fuchsia, Pauline se présenta.

— Ton amie t’attend Sophie ! Entre donc ! Sophie arrive.

Sophie descendit les escaliers à toute vitesse.

— Salut !

— Salut ! Inutile de courir on est un peu en avance pour aller prendre le bus.

Les deux jeunes filles quittèrent la maison. Sophie était soulagée, elle avait eu peur de la réaction de l’autre adolescente… qu’allait-elle penser ?

— Qu’est ce que tu t’es fait, qu’est-ce qui s’est passé demanda Pauline en désignant sa joue encore un peu enflée, mais où l’empreinte de la main de Mathias était encore visible.

— Je…

— Ce sont tes parents qui t’ont fait ça ?

— Non… C’est Mathias.

— J’espère que ce n’est pas à cause de moi.

— Non tu n’y es pour rien.

— Ça lui arrive souvent de te taper dessus ?

— Non jamais, on s’est bien chamaillé un peu quand on était gamins, mais il ne m’avait jamais frappé, dit-elle en effleurant sa joue douloureuse.

— Quelle brute… j’espère que ça ne lui arrivera pas souvent… tu sais tu pourrais porter plainte contre lui. Quel con !

— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… Je ne le reconnais plus depuis déjà un bon bout de temps… pourtant c’était un mec génial… si tu l’entendais jouer… j’espère qu’il arrivera à ce qu’il veut.

— Tu fais comme tu veux… et tes parents ils ont dit quoi ?

— Ça a gueulé, j’ai cru que mon père allait lui décoller la tête… ils se sont bien accrochés… mais c’est de ma faute… j’ai pas été très sympa à propos de sa copine que j’ai traitée de pouf et de salope… et je te jure que ça en est une… et lui il est si malheureux.

— Peut-être bien, mais ça ne l’autorise pas à te frapper.

— Il ne l’avait jamais fait.

— Et la prochaine fois, tu lui trouveras quoi comme excuse ? Sa Kim, elle aussi il la frappe ?

— Kim ? Ça ne risque pas… elle le mène par le bout du nez… un vrai toutou.

— Tu devrais peut-être passer une radio…

— Ce n’est rien, je t’assure.

— Si tu le dis… mais tu ne pourras pas dire que je ne t’aurais pas prévenu.

— Écoute, je connais bien mon frère et si je te dis qu’il ne recommencera pas, c’est que c’est le cas.

— C’est lui qui le dit.

— Non même pas. Je ne l’ai pas vu depuis hier. Il nous évite. Si on changeait de sujet, regarde, voici le bus.

Mathias quant à lui était donc parti sans passer par la case famille… quand il arriva près du lycée, il était bien en avance. Il chercha une boulangerie et acheta quelques croissants qu’il engloutit devant un thé dans le premier bar venu. Son petit déjeuner avalé, il enfourcha de nouveau sa moto et se dirigea vers le lycée George Sand. Arrivé sur le parking réservé aux élèves, il coupa le moteur, mais resta là sur sa moto sans enlever son casque, pensif. La tentation de faire demi-tour et de partir, il ne savait où était grande. Il hésita à remettre sa moto en route et à repartir, mais pour aller où ? Finalement, il descendit de son engin et rangea son casque dans le top case à l’arrière. Son sac sur l’épaule il se dirigea vers les panneaux d’affichage à la recherche de sa classe et de la salle où il devait se diriger. L’adolescent longea les bâtiments de l’administration sous un chemin couvert, ne prêtant guère attention aux filles se retournant sur cet Asiatique de haute taille, à la silhouette élancée tout de noir vêtu à l’exception d’une chemise immaculée. Avant leur dispute Pauline lui avait expliqué la disposition du lycée aussi, il savait à peu près où se diriger. Quand il parvint devant la salle quelques élèves étaient déjà là, il ne chercha pas à prendre contact. Mathias posa son sac par terre et s’assit sur le sol, lorsqu’un individu vint se planter face à lui il ne daigna pas lever la tête, les écouteurs sur les oreilles, il ne se rendit pas compte qu’on s’adressait à lui. Iwan eut alors la mauvaise idée de frapper doucement le genou de cet inconnu. Une poigne d’acier stoppa net son geste et avant qu’il ne saisisse ce qui se passait, l’élève se retrouva plaqué contre le mur par Mathias qui mesurait une bonne quinzaine de centimètres de moins que lui. Il ne comprit pas un traître mot de ce que cet Asiatique lui disait, mais le regard assassin, lui il le saisit sans aucun doute.

— Hé toi ! Lâche mon frère !

Stan resté parmi le petit groupe s’était approché, agressif. Mathias relâcha le grand blond, il se souvint de la discussion de la veille et en déduisit qu’il s’agissait des frères dont lui avait parlé la copine de sa sœur. Il ne voulait qu’une chose qu’on lui fiche la paix, il n’avait pas envie de parler avec quiconque. Iwan remit son t-shirt et sa veste en place du plat de la main.

— T’es malade ! Faut te faire soigner !

— Laisse Stan !

Les deux frères lui lancèrent un regard peu amène et l’abandonnèrent à sa solitude. Leur professeur de philo arriva quelques minutes plus tard, un petit bonhomme de la cinquantaine à la bedaine proéminente et souriante. Tous s’installèrent, Mathias assis à côté de la fenêtre vers le fond de la salle regardait au dehors quand il daigna observer ce qui se passait autour de lui il découvrit à ses cotés le blond qu’il avait quelque peu malmené. Iwan l’observait du coin de l’œil, la mine peu enjouée de l’autre élève l’intriguait, il comprenait que l’on puisse avoir envie de ne pas être là, mais cet inconnu s’était plus que ça, il tirait la tronche. Il tendit une main amicale vers Mathias et se présenta :

— Iwan Jarosz.

— Anh Dũng Nguyễn Văn Lô répondit Mathias en serrant la main tendue.

— Quelle option ?

— Musique.

— Génial.

Mathias mit fin à toute tentative de discussion en se tournant de nouveau vers la fenêtre. Monsieur Duclos fit l’appel, un certain nombre de têtes ne lui étaient pas inconnu quand il arriva à Mathias celui-ci ne répondit pas.

— Mathias Nguyễn Văn Lô, qui est Mathias Nguyễn Văn Lô ?

— Hé je crois qu’on t’appelle…

L’adolescent se retourna et leva la main, mais rectifia son nom.

— Anh Dũng Nguyễn Văn Lô, Mathias c’est mon second prénom.

— Pourtant..

— C’est une erreur !

— Entendu monsieur Nguyễn Văn Lô. Je vous appellerai donc Anh Dũng.

— Cảm ơn bạn1.

— Pardon ?

— Merci.

Sophie et Pauline regagnèrent le lycée depuis l’arrêt de bus en contre bas. Il y avait un petit attroupement de fumeurs devant les grilles.

— Viens, je vais te présenter quelques potes ! 

Un petit groupe de premières en pleine discussion papotait à propos de leurs vacances, de ce qu’ils avaient envie pour cette année, de la dernière soirée, des profs…

— Salut les gens, voici Sophie une petite nouvelle. Ils sont en musique et d’autres en théâtre. On y va, on se retrouve au sas ?

— Ça marche !

Elle se retourna vers Sophie.

— Bon tu ne rencontreras pas  les frères Jarosz, ils n’ont pas dû encore arriver ou ils sont déjà monté…. Je te préviens, ils sont supers, mais ce sont de vrais queutards, si tu tiens à ton petit coeur tu évites de te retrouver  dans leur ligne de mire.

Elles montèrent jusqu’à leur salle de cours pour une heure d’anglais avec Monsieur Shields, un anglais de Manchester, qui vivait en France depuis plusieurs années. La marque sur la joue de Sophie ne lui échappa pas, aussi à la fin du cours il lui demanda de rester quelques minutes.

— Sophie Nguyễn Văn Lô, c’est bien cela ?

— Oui, il y a un problème ?

— C’est plutôt à vous de me le dire… que vous est-il arrivé ? Vous avez des soucis chez vous ?

— Non pas particulièrement.

— C’est indiscret de vous demander qui vous a frappé ainsi ? Vous avez une sacrée marque. Un petit ami peut-être ?

— Non, c’est mon frère… mais ce n’est rien je vous assure. Une dispute entre nous, je n’ai pas été très sympa…

— Ce n’est pas une raison… votre frère est au lycée ?

— Oui, mais… Elle sentait les ennuis pointer le bout de leur nez. C’était un accident, il a jamais fait ça.

À la pause de 10H, monsieur Shields alla trouver le professeur principal et le CPE, il leur expliqua ce qu’il avait découvert. Il fut décidé dans un premier temps de convoquer Sophie et si besoin son frère puis leurs parents.

Monsieur Antonionni, le CPE, leur apprit que les Nguyễn Văn Lô arrivaient de Paris et que Mathias était un gamin “à problèmes” selon ses dires.

— On a intérêt à garder un œil sur le loustic… l’an dernier il est passé deux fois en conseil de discipline.

— Ah oui ? Et pourquoi donc ? demanda madame Bernardin.

— Il est arrivé saoul en cours et il a eu des problèmes de drogues, mais à l’extérieur de l’établissement, des soucis de vandalisme… Ses parents ont dû allonger la monnaie pour payer les dégâts.

— Ah oui en effet, on a hérité d’un cas social, et la sœur ?

— Rien, bonne élève, première de sa classe des soucis de santé au collège qui l’ont poussé à redoubler sa troisième. Papa ingénieur, maman professeur d’anglais et langues orientales dans le privé dans une école cotée, ça fait tache.

— Pauvre petit garçon de famille riche. Très à plaindre.

— C’est ça, donc on a intérêt à le surveiller celui-là.

— Bon j’envoie un surveillant chercher mademoiselle Nguyễn.

Sophie était à peine entrée en cours de français qu’une surveillante lui demanda de monter voir le CPE. Elle se retrouva face à monsieur Antonionni, après de brefs échanges de politesse, il en vint au cœur du souci, il voulut tout savoir, pourquoi, comment son frère l’avait frappé.

— Vous comprenez avec les antécédents de votre frère, on se montre quelque peu inquiets. Vous êtes certaine de tout me dire ? Il pourrait se montrer violent avec d’autres élèves. Ses problèmes de drogues sont-ils réglés ? J’ai vu dans son dossier qu’il avait dû faire une cure.

— Écoutez monsieur, mon frère n’est pas comme ça, il a fait des bêtises, mais il n’est pas méchant.

Quand elle partit du bureau, Mathias attendait dans le couloir, surpris de voir sa sœur en sortir. Elle envoya un texto à sa mère.

« Maman on a un souci, Mathias et moi on a été convoqués chez le CPE à cause de ce qui s’est passé hier. il m’a posé plein de questions concernant la violence de Mathias. »

— Monsieur Nguyễn Văn Lô, asseyez-vous, on a à discuter !

Mathias perplexe s’installa sur la chaise qu’on lui désignait se demandant ce qu’il avait bien pu faire.

— Oui ?

— Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ce matin, on nous a signalé que votre sœur avait des stigmates d’un acte violent, il s’avère que vous en êtes l’auteur. Si l’on découvrait à nouveau ce genre de chose, on sera dans l’obligation de le signaler aux services sociaux. Monsieur Nguyễn, j’ai votre dossier de l’an dernier, il semblerait que vous ayez eu de gros problèmes de disciplines. Des problèmes de drogues… nous ne tolérerons aucun faux pas, je me suis bien fait comprendre ?

— Oui, monsieur.

— J’espère ne plus vous voir dans mon bureau…

Mathias sortit furieux, qu’est-ce que Sao Mai avait bien pu dire ?

Dès que Lan Anh Nguyễn Văn Lô reçut le message de sa fille, elle appela le lycée et demanda à joindre la vie scolaire. Le CPE prit la communication et demanda quelques renseignements à la mère des adolescents, dans quelle condition Sophie avait-elle été frappée et surtout si Mathias était un habitué de ce type de comportement, où en était-il avec ses problèmes d’addiction…

— Mon fils a beaucoup de défauts, j’en suis parfaitement consciente, mais il n’a jamais eu ce type de réactions. C’est un adolescent perturbé, le départ de Paris n’est pas aisé pour lui. Il avait tous ses amis d’enfance, sa copine avec qui il est depuis plusieurs années, le groupe de rock, Mathias passe une période difficile. Il n’y a jamais eu de conflits violents entre mes enfants, il adore sa sœur.

— Vous comprendrez que vu ses antécédents, nous le garderons à l’œil et si nous constations que votre fille a de nouveau des marques de coups nous devrons le signaler.

— Oui je comprends tout à fait.

Elle raccrocha furieuse, ce départ de Paris, Paul et elle-même avaient tant espéré que ce serait un nouveau départ et voilà qu’une dispute entre ses enfants remettait tout en cause.

Après le repas au self, quand Sophie alluma son portable un SMS de sa mère l’attendait.

« Je viens te chercher ce soir. »

— Il y a un souci ?

— J’en sais rien, mon frère a été convoqué chez le CPE et je ne serais pas surprise que mes parents soient convoqués.

— Tu t’es vu dans la glace ce matin ?

— Oui bien sûr.

— Tu as dû mal regarder… On ne peut pas louper l’empreinte de la main de ton frère. Déjà qu’hier il ne m’a pas fait une super impression après son pétage de plomb pour une plaisanterie, mais après ce qu’il t’a fait, excuse-moi, mais ton frère est un sacré connard. Je sais tu vas lui trouver toutes les excuses du monde, j’ai compris… on ne va pas se disputer à cause de lui. Pour moi c’est un sujet clos.

— Merci de ta franchise.

— Au fait en dehors des cours, tu as une activité, tu fais du sport ?

— Non, je n’ai pas eu le temps de chercher.

— J’ai vu qu’il y avait des cours de Zumba, ça te dirait d’y aller avec moi ?

— Pourquoi pas.

— On va au foyer ?

— OK, pourquoi pas.

Les deux filles s’installèrent à une table devant un Ice Tea bien frais, le foyer était désert, seul un autre groupe s’était installé sur le baby-foot.

— Tu as le droit de sortir le soir ?

— À Paris pas vraiment, sauf pour aller au cinéma, mais ici j’en sais rien. Tu sais on vient d’arriver, je n’ai pas eu l’occasion, on est allé au cinéma avec Mathias samedi soir, mais je ne sais pas… on peut aller où ?

— À part le cinéma, il y a quelques boîtes, des concerts de temps en temps, j’y vais sur Clermont avec ma sœur, sinon il y a souvent des groupes locaux qui jouent dans les bars.

Elles étaient en train de discuter quand le frère de Sophie entra avec Iwan et son frère Stan.

— Oh tiens voilà les Jarosz, tu vas voir les groupies ne vont pas tarder à rappliquer.  Ma cousine joue avec eux, c’est la bassiste, tu veux que je te présente ? 

— Euh tu sais les potes à mon frère, je préfère éviter.

Ils ne remarquèrent tout d’abord pas leur présence, puis le regard de Stan se posa sur Sophie qu’il trouva très à son goût, comme il l’observait les deux autres finirent par regarder dans la même direction.

— Jolie fille… fit observer Iwan… tous deux connaissaient Pauline, celle qu’ils observaient c’était l’adolescente avec qui elle discutait. Mathias jura et se leva.

— Je reviens, je vais voir ma sœur, j’ai un truc à régler.

Il se planta devant les deux filles, salua à peine Pauline et s’adressa à sa sœur en vietnamien, fort mécontent d’avoir été convoqué par le CPE.

— Qu’est-ce que tu as été chouiner ?

— Regarde ce que tu m’as fait, tout le monde me regarde de travers, qu’est ce que tu crois que je suis allée me plaindre ? Non c’est mon prof qui m’a cuisiné pour savoir ce qui s’était passé. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour te défendre.

— Mais bien sûr, on lui dira. T’es vraiment une sale peste ! J’en ai assez de t’avoir toujours dans mes pattes, ne m’approche plus et tu peux dire à ta copine que ce n’est pas la peine de me mater avec cet air-là.

Au moment de partir, il se pencha vers Pauline et à quelques centimètres de son visage il fit un « bouh » agressif. Sophie ne disait rien, elle avait les larmes aux yeux. Sa copine la prit par les épaules en lui disant que ça n’en valait pas la peine.

Lorsque Mathias retrouva ses deux nouveaux copains Stan lui demanda.

— C’est ta sœur ? Comme s’appelle-t-elle ? Tu me présentes ?

— Ouais c’est ma frangine, Sao Mai, si tu veux lui parler t’es assez grand pour le faire, compte-pas sur moi c’est une chieuse, toujours en train de chouiner dans les jupes de mes parents… c’est à cause d’elle que j’ai été convoqué chez le CPE. Laisse tomber en plus tu te feras chier avec elle, c’est une gamine qui ne voudra jamais baiser.

Stan ne répondit pas, il continuait d’observer Sophie qu’il trouvait vraiment à son goût. Lorsque son regard gris bleu croisa celui de la jeune fille, il lui adressa son sourire charmeur.

— Qui est-ce ? demanda Sophie à sa copine. Il est sacrément canon.

Les longs cheveux noirs, le visage fin, mais bien masculin de Stan lui plaisait.

— Le brun ou le blond ?

— Le brun.

— Le brun, c’est Stan et Iwan le blond ; mais fais gaffe, ce sont de vrais queutards. La seule chose qui les intéresse ce sont ton cul et ta belle gueule. Crois-moi, j’en sais quelque chose, j’en ai fait les frais… comme beaucoup de filles du bahut, surtout Stan, c’est un bon coup, mais il papillonne de droite et de gauche… l’an dernier je crois qu’il a eu une fille différente par semaine ou par quinzaine. C’est un beau parleur, un charmeur qui dès qu’il a obtenu ce qu’il voulait, il te largue comme une vieille chaussette… et quand la fille plaît à son frère il lui refourgue… lui il la garde un peu plus longtemps jusqu’à ce que son frère lourde une fille qui lui plaît… À côté de ça ils sont sympas, bons musicos et Stan a une putain de voix, il n’y a pas que son physique qui charme les filles. 

— Tu as la dent dure avec eux, tu fais partie des victimes de Stan ? dont elle sentait le regard posé sur elle.

— Ouais comme beaucoup de filles… surtout les secondes qui ne le connaissent pas… On est sorti ensemble l’an dernier et au bout de trois semaines il m’a jeté…

— Tu veux dire que tu as.. avec lui ?

Pauline pouffa.

— Oui, pour ça que je te dis que c’est un bon coup, pas le genre à baisser le pantalon et à tirer son coup vite fait dans les toilettes du troisième. Pour ça on ne peut pas le lui reprocher, mais c’est tout. Arrête de le regarder ainsi, là t’es sur, t’es bonne comme la romaine. Mais comme pote, il est super et Iwan aussi, faut juste rester de bons copains. Souvent les week-ends on se retrouve en boîte, en plus comme je t’ai dit leur bassiste, Amélie, c’est ma cousine, on est comme deux soeurs toutes les deux, elle est un peu plus âgée, mais on est super proches.

— Aucun risque, je ne sors pas avec les copains de mon frère. Pire je les évite. Mais ça ne m’empêche pas de regarder, il est beau. Il a un sourire…

— Oui hé bien oublie le sourire de Stan sinon ton petit cœur innocent va finir en miette. Tu n’as jamais baisé, non ?

— Euh…

— Pas la peine de me répondre, t’es pas le genre. Stan ne fera qu’une bouchée de toi et ton petit cul… en plus tu as le charme asiatique… Toutes les filles bavent devant le beau et charismatique Stan, chanteur et compositeur du groupe « Children of Styx » que lui et Iwan ont monté. Bientôt tu vas voir les autres membres et leurs groupies.

En effet, peu de temps après deux autres garçons arrivèrent accompagnés d’un groupe de filles. Pauline lui expliqua qui jouait de quoi. Le regard que Stan et Sophie échangeaient ne lui échappa pas, pas plus qu’au batteur, un certain Thomas.

— Tu a trouvé une nouvelle conquête ? Tu ne perds pas de temps dis donc le jour de la rentrée et déjà une petite nouvelle t’a tapé dans l’œil, regarde-moi ça elle te dévore du regard.

— Quoi ?

— La fille que tu mates depuis tout à l’heure, il te faudra combien de temps pour te la taper celle-ci ?

— Hé, mais c’est bon, je ne pense pas qu’avec ma queue et c’est la sœur du nouveau pote de mon frère… à ce propos mercredi on va l’auditionner comme guitariste.

— Tu as trouvé quelqu’un pour remplacer Jade ?

— Oui, on n’était plus vraiment sur la même longueur d’onde, on n’a pas les mêmes attentes… à la fin, reconnais que ça devenait ingérable. Le groupe aurait fini par exploser… il valait mieux se débarrasser du fruit pourri et finalement elle est partie d’elle même.

Mathias était peu bavard, il répondait aux questions qu’on lui posait, mais il avait la tête ailleurs. Iwan se montrait sympa, son frère aussi et il se disait qu’il verrait bien tout ça le lendemain après midi.

Stan se leva et se dirigea vers les filles, quand il arriva à leur hauteur il salua Pauline et lui demanda :

— Tu me présentes à ton amie ?

Pauline fit les présentations et Stan les invita à les rejoindre.

— J’insiste, ne restez pas toutes seules à votre table venez nous rejoindre, aller !

Il tendit une main amicale à Sophie et lui adressa ce sourire qui faisait craquer bien des filles.

— C’est gentil, mais on a envie d’un peu de calme.

— OK, alors c’est moi qui reste. Sur ce, il prit une chaise et s’installa face aux adolescentes. Alors tu as redoublé ta seconde, ça va ta classe est sympa?

— Oui merci.

Le jeune homme sortit  quelques bonbons de sa poche et en tendit  aux filles.

— Vous en voulez ?

Pauline en prit un, mais Sophie refusa assurant qu’elle n’était pas très sucre.

— Alors comme ça tu es la soeur de Anh Dũng, tu joues de la musique toi aussi ?

— Oui de temps en temps, avant je jouais avec mon frère, mais ça fait longtemps qu’on ne fait plus ça.

— Dommage et tu jouais quoi ?

— Clavier et chant.

— Oh comme moi, il faudra me faire écouter ça.

— Non, je ne fais plus ça et je n’aime pas chanter devant des gens.

— Mais je ne suis pas des gens…

La jeune fille qui lui faisait face lui plaisait beaucoup et en plus elle avait piqué sa curiosité. Lui aussi avait remarqué l’empreinte sur sa joue, mais il n’osa pas lui demander ce qui lui était arrivé. Quand il se leva pour rejoindre son frère et Mathias, il prit la main de Sophie et y posa ses lèvres, tous deux troublé par ce contact se fixèrent quelques instants, puis Stan rompit le charme en lui adressant un clin d’oeil.

— À bientôt !

Une fois éloignée, Sophie demanda à Pauline :

— T’es sûre qu’il n’a que 17 ans ?  Il fait vachement plus vieux,  je lui donnerais bien la vingtaine.

— Certaine, Stan va avoir 18 ans en mars. C’est aussi ce qui fait que des femmes se font avoir par sa belle gueule et son aisance verbale.  Il est beau, intelligent, avec de l’humour, sur de lui et talentueux, il a tout pour lui et t’inquiètes qu’il le sait bien.

Il regagna sa place peu de temps avant que la sonnerie ne retentisse.

— Ça va t’es content ? ronchonna Mathias.

—Ouais, ta soeur est charmante… elle joue aussi ?

— Ouais… et elle chante aussi, dommage qu’elle ne veuille plus. Des années de chant lyrique pour rien… pfff quelle nase.

— Faut qu’on l’entende.

— Bin c’est pas gagné, ma frangine est conne avec ça !

— Au fait, il lui est arrivé quoi à ta soeur ? demanda Stan en désignant sa propre joue.

— On s’est engueulé.

— Mais t’es un violent ! affirma Stan en fronçant les sourcils, jamais il n’aurait levé la main sur une de ses soeurs.

— Elle a été trop loin et ce n’était pas le moment. Je sais j’aurais pas dû.

Amélie les rejoignit et dès qu’elle vit sa cousine, elle se dirigea vers les filles.

— Salut, bin qu’est-ce que vous faites là toutes seules ?  Fallait pas rester dans votre coin. 

Pauline présenta Sophie à la jeune bassiste. 

— T’es donc la soeur du nouveau, on est dans la même classe.  

La sonnerie retentit.

— Bon la prochaine vous nous rejoignez, vous n’allez pas rester là dans votre coin.

Amélie repartie vers le reste du groupe, tout le monde prenait ses affaires et repartait vers les salles de cours.

Le soir quand Mathias vit sa mère attendre à la grille, il devina sans l’ombre d’un doute que les discussions allaient encore être houleuses dès leur retour à la maison. Comme il s’y attendait, ce fut le cas. Lui était furieux contre sa sœur et elle contre ses deux enfants.

— Écoutez-moi bien tous les deux, on est parti de Paris en espérant qu’on laisserait derrière nous ces deux dernières années, le premier jour de cours, vous trouvez le moyen d’être convoqué par le CPE qui nous menace d’une enquête sociale. Croyez-vous que l’on a besoin de ça ? Toi, tu n’as pas intérêt à ce que j’entende encore ce monsieur, tu as déjà un dossier scolaire minable, je ne veux plus entendre parler de drogues, de tes soirées de beuveries et toutes les bêtises que tu as faites à Paris, et toi tu n’as pas besoin d’aller raconter je ne sais quoi à tes profs !

— Mais enfin, je n’ai rien fait !

La dispute monta d’un cran, au final les deux adolescents regagnèrent leurs chambres en claquant la porte et Lan Anh tout aussi mécontente prépara le repas. Son mari était parti en déplacement jusqu’à la fin de la semaine suivante, et elle n’avait pas l’intention de lui parler de ce qui s’était produit. Au dîner bien que l’atmosphère fut tendue, Mathias apprit à sa mère et à sa sœur qu’il allait auditionner le lendemain après-midi pour rejoindre un groupe de rock.

— Mais c’est super, tu vois toi qui avait peur de ne trouver personne… tu aurais pu aussi monter un groupe avec ta sœur.

— Certainement pas !

— Tu vois bien, elle ne veut pas, elle a une super voix et au clavier elle se débrouille vraiment bien, mais non…

— Tu sais bien tes potes et moi ça fait deux, même papa et maman m’avait défendu de te suivre, comment on aurait fait pour jouer ensemble… alors tu m’excuseras, mais en général tes copains je préfère les éviter.

— Et voilà ça va recommencer ! C’est vrai que la petite fille chérie de son papa ne peut pas fréquenter mes copains, ils ne sont jamais assez bien pour toi… Tu crois quoi, que ta copine est comme toi une petite fille toute sage ? Même ta copine Élodie est plus dégourdie que toi… il faudrait évoluer un peu, tu n’es plus à la maternelle !

— Mathias, laisse ta sœur tranquille.

— Bin c’est vrai quoi, regarde elle devrait se faire bonne-sœur, je suis certain qu’elle n’est même jamais sortie avec un mec.

— C’est pas vrai ! J’avais un copain au collège, je sortais avec Dao et puis avec Hugo, un seconde.

— Ohlala ma sœur s’est dévergondé.. Qu’est-ce que vous avez fait ? Vous vous êtes tenu la main et fait un smack ?

— Mathias, tu vas la laisser tranquille, qu’est-ce que ça peut te faire ce que fait ta sœur.

— Elle est toujours là à juger.

— Ce n’est pas vrai ! Et tu sais très bien pourquoi je ne venais plus à vos répétitions… ta Kim est une vraie garce. Mais tu n’as jamais voulu voir sa méchanceté. Dès que tu avais le dos tourné, j’étais son souffre-douleur.

— Ce n’est pas vrai !

— Le seul à me défendre c’était son frère.

— Bien sûr il voulait sortir avec toi…

— Dao était super gentil.

— Tellement gentil que tu l’as laissé tomber parce qu’il avait fumé un joint, après ne te demande pas pourquoi sa sœur t’en voulait. Il serait peut-être temps de grandir un peu !

— Ne t’inquiète pas je ne compte pas approcher tes nouveaux potes !

— Dommage ! Ça te décoincerait !

Lorsque Sophie se retrouva seule dans sa chambre, elle appela son amie Élodie.

— Salut ma chérie ! Alors, quoi de neuf ? Dis donc la baffe de ton frangin a laissé une sacrée marque.

— Salut ! Ouais je sais, la prochaine fois j’éviterai de parler de sa chère Kim.

— Ohla ça c’est le sujet qui fâche ! Il n’a pas fait semblant.

— M’en parle pas je me suis même retrouvé dans le bureau du CPE par ce qu’un prof a fait du zèle.

— Mathias ne t’avait jamais fait ça avant, elle lui monte vraiment à la tête. Il ferait bien de tirer un trait sur elle… tu verrais la nuée de mouches qui lui tourne autour.

— Dis-moi Élo, tu trouves que je ressemble à une petite fille trop sage ?

Élodie éclata de rire et lui répondit, le sourire aux lèvres.

— Yep un peu oui, mais je t’aime comme ça !

— Tu crois que je devrais changer de style ?

— Un peu… tu fais trop sage, je suis certaine que tu pourrais mettre un peu plus d’originalité dans ta tenue… tu as tout ce qu’il faut. T’es super belle, toute fine tu pourrais te faire un look d’enfer… si j’étais là… Tu ne sais pas, je vais te faire un book de liens vers des boutiques sympas. Tu vas voir je suis certaine que tu vas adorer !

— Tu es ma meilleure amie et tu n’as rien dit ?

— Ce n’est pas grave, alors dis-moi tu as fait de nouvelles rencontres ?

— Oui Pauline m’a présenté ses copains et copines. Sont cools. et j’ai aussi vu les nouveaux copains de Mathias qui va peut être joué dans un groupe, il y en a un, tu verrais il est trop beau. Il n’a pas arrêté de me regarder, il est même venu se présenter, je crois que je lui plais aussi.

— Bin fonce ma chérie.

— Pauline m’a dit que c’était un vrai papillon pas fait pour moi. Qu’il ne voulait que des filles qui couchent.

— Bin tu ne vas pas rester vierge jusqu’à perpette. Ça pourrait être l’occasion de la perdre avec un beau mec, non ?

— Élo !

— Bin quoi Élo ? Il n’y a pas de mal à se faire du bien.

— Tu…

— Bin oui qu’est-ce que tu imagines… C’était à la fête de la musique… avec Dao.

— Le gentil Dao, le frère de Kim ? Celui avec qui je suis sortie ?

— Bin Oui… On est sorti ensemble quelque temps, mais je le trouvais trop gentil… un peu trop petit toutou… tout le contraire de sa sœur… Alors ce beau mec tu me le montreras ?

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

— Vous étiez sorti ensemble, j’avais un peur que ça te fâche.

— N’importe quoi ! Pour Kim, je ne te le fais pas dire… Elle va lui pourrir la vie. Au fait, le mec dont je te parlais tout à l’heure, je l’ai pris en photo discrètement quand on était au foyer pendant qu’il discutait avec Mathias et son frère.

Sophie afficha le portrait pris sur son smartphone et l’envoya en MMS à son amie.

— Ah oui ! Il est trop beau, comme je le kifferais ! Vas-y !

— Non, c’est un copain de Mathias… et les potes de mon frère sont des sources d’emmerdes.

— Mmm pas faux.

— Et le beau Mathias il va comment ?

— J’en sais trop rien, il me fait la gueule. Là il doit être soit en train de jouer ou en grande conversation avec son grand amour !

— Toujours et encore Kim, ton frère ne sait pas ce qu’il a perdu… en préférant Kim à moi.

— Je ne te le fais pas dire.

Le mercredi fut une journée de cours comme les autres. Sophie et Pauline se retrouvèrent l’après-midi pour aller au cinéma voir le dernier film de SF sorti. Toutes deux satisfaites de leur rencontre, une profonde amitié naissait. Pendant ce temps-là Mathias retrouvait le groupe chez Thomas, le batteur, pour l’audition. Le musicien habitait une maison un peu à l’écart à la périphérie de Montluçon, sur les hauteurs de Saint-Victor. Le groupe se retrouvait souvent chez lui, car la musique ne risquait pas de déranger qui que ce soit. Quand il arrêta sa moto devant ce qui avait dû être une ancienne ferme, ils étaient déjà tous là. Stan assurait la partie chant et composait, tandis que son frère jouait à la guitare rythmique et assurait le management, ils cherchaient un guitariste capable de faire des solos et éventuellement de seconder le cadet de la fratrie au chant. Les frères Jarosz n’avaient pas caché à Mathias leur désir de devenir pros, ils voulaient donc un musicien de bon niveau, voulant s’investir.

— Si tu pouvais nous jouer quelques morceaux connus dans divers styles ça serait sympa que l’on se rende compte de ton niveau, suggéra Iwan. Si tu as des œuvres plus personnelles, ça serait cool aussi.

— Vous avez un genre de prédilection ?

— Tant que tu ne nous joues pas « Jeux interdits » on est partant, après on ferra un essai ensemble.

Mathias était sur de lui, il avait commencé la musique lorsqu’il était tout jeune, à bientôt dix-huit ans, il jouait depuis pas loin de douze ans et composait depuis six. Lui aussi rêvait d’une carrière musicale, il n’avait pas le droit de se planter. Il enchaîna donc des morceaux connus dont les guitaristes étaient de renommée mondiale… il leur joua donc un morceau d’Hendrix pour commencer, puis passa à Led Zeppelin avec Whole Lotta Love, il enchaîna sur un morceau de Beethoven et joua divers grands classiques du rock et même quelques morceaux de black metal. Les autres musiciens l’écoutaient en silence, le regard qu’échangèrent Iwan et Stan était sans équivoque, ils étaient satisfaits, puis Mathias continua avec une balade de sa composition puis un morceau plus nerveux qu’il avait souvent joué accompagné par sa sœur.

— T’assures grave dis-donc… on fait un test entre nous, mais je ne pense pas que ce soit vraiment nécessaire, je pense qu’on est tous d’accord, fit remarquer Stan en se tournant vers ses acolytes. Un hochement de tête ou un geste de la main confirma.

Après quelques chansons jouées, ils s’arrêtèrent et confirmèrent à Mathias qu’il était le bienvenu parmi eux.

Iwan et son frère étaient les leaders du groupe et Stan en qualité de compositeur en affirmait le style.

— J’ai bien aimé ce que tu nous a joué, surtout la balade. Ça te dirait qu’on essaie de la jouer ensemble… Je crois qu’on est sur la même longueur d’onde, tu pourrais nous jouer autre chose ?

— Bien sûr, ce sont mes dernières créations ce n’est pas tout à fait au point. Et toi tu as une sacrée voix, c’est bien ce que vous jouez. Tu as pris des courts ?

— Ouais chant lyrique et chant extrême, piano, guitare…

— Normalement on a un concert de prévu pour Halloween, si tu pouvais bosser un peu notre répertoire ça serait cool; ajouta Iwan.

Thomas revint avec un pack de bières et en proposa une à Mathias.

— Tu serais dispo samedi pour une répétition. Je te prépare les partitions et je te filerai ça vendredi. Tu reviens à la même heure, même endroit !

Mathias but sa bière et remonta sur sa moto pour rentrer chez lui.

Les musiciens étaient d’accord, ils avaient trouvé là le guitariste qui leur fallait. Après quelques petites mises au point pour le samedi, tout le monde rentra chez soi.

***

Justine observait de loin le groupe d’amis, elle restait éloigné craignant la réaction de Stan mais surtout celle de son frère aîné. Justine redoutait Iwan.

1Merci

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